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  • Exclusif
  • Saint-Jean-sur-Richelieu : un candidat victime de racisme

    Khaled Kalille

    Photo : Thomas Gerbet

    Radio-Canada

    Le candidat à la mairie de Saint-Jean-sur-Richelieu Khaled Kalille lance un appel au calme. Depuis le début de la campagne électorale, il reçoit régulièrement des messages intolérants ou racistes. Certaines de ses pancartes ont été découpées. Il pense être une victime collatérale du débat sur le projet de charte des valeurs québécoises.

    Un reportage de Thomas Gerbet (Nouvelle fenêtre)

    Khaled Kalille a le sentiment de déranger. Chaque jour depuis le débat de la campagne, il reçoit des messages anti-immigrants ou antimusulmans, que ce soit dans sa boîte de courriels ou sur sa page Facebook de candidat. « Il y en a qui me disent carrément de retourner dans mon pays. Mais je suis né au Québec (à Granby, en 1969), je me considère Québécois ».

    L'homme d'affaires d'origine libanaise (ses grands-parents ont émigré en 1955) ne se définit pas non plus comme musulman. Il n'est pas pratiquant, mange du porc, sa femme est catholique et ses deux enfants baptisés. 

    C'est sûr que présentement, tout le monde parle de la charte. Je crois que je suis victime de ça. Avec le nom que j'ai, il va y avoir un effet sur ma campagne

    Khaled Kalille, qui ne se considère ni pour ni contre le projet de charte des valeurs québécoises

    Le 12 octobre, un électeur a écrit un courriel à Khaled Kalille pour lui dire que ses affiches électorales « ressemblent aux portraits des dictateurs comme Staline, mais arabiques (sic) ». Ce message l'a fait rire, mais d'autres le dérangent beaucoup plus. « Les messages vraiment racistes ou haineux, qui n'ont pas de question, on les supprime ».

    Certains messages sont toujours visibles. « Pourquoi la plupart des gens qui supportent Khaled ont des noms pas très québécois », demande un internaute avant d'ajouter « Je ne suis pas raciste, mais je constate ». Ailleurs, une femme fait référence aux agneaux égorgés dans des fermes de la Montérégie (pour la fête de l'Aïd Al-Adha) afin de justifier qu'elle ne votera pas pour Khaled Kalille.

    Après quelques échanges en ligne avec Khaled Kalille, une autre femme finit par s'excuser, comme en témoigne cette capture d'écran.

    « Jamais je ne voterai pour des gens qui ne sont pas catholiques, protestants, baptistes ou athées », écrit un internaute sur la page Facebook du candidat. Nous avons retrouvé l'auteur de ce message à Saint-Jean-sur-Richelieu. Il dit assumer ses propos « Je ne voterai jamais pour un musulman, jamais jamais. [...] Si on appelle ça du racisme, je vais appeler ça du racisme. Je n'ai aucun problème avec ça. Mon problème c'est juste de s'assurer que ces gens-là ne rentrent pas au pouvoir ».

    En 2006, sur 86 000 résidents, Saint-Jean-sur-Richelieu comptait 1,5 % de minorités visibles, dont 0,2 % arabes.

    Un des neuf candidats à mairie de Saint-Jean-sur-Richelieu, le conseiller sortant Alain Paradis, a lui-même constaté les messages intolérants ou haineux écrits à l'encontre de son adversaire. « Ce genre de jugements négatifs là est néfaste pour la campagne ». Il dit que la population de Saint-Jean-sur-Richelieu « n'est pas habituée de voir des gens avec un nom à consonance arabe se présenter », mais que, selon lui, l'immense majorité des résidents n'est pas raciste.

    Réaction positive

    Khaled Kalille a trouvé une façon originale de réagir au découpage d'une de ses pancartes géantes. Il suggère aux citoyens de se faire photographier en se plaçant le visage dans le trou découpé dans l'affiche. Il leur propose ensuite d'envoyer l'image sur sa page de candidat. Pour chaque photo publiée, il versera 5 $ à la Société Saint-Vincent de Paul. 

    Élections Grand Montréal

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