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Débat sur le besoin de nouveaux États généraux de la francophonie

Dans son édition du 11 au 17 mars 1988 sur les états généraux de la francophonie manitobaine, l'hebdomadaire "La Liberté" titrait un de ses articles "Le congrès de la faim".

Photo : Gracieuseté de Jacqueline Blay

Ralph-Bonet Sanon

Une motion qui sera présentée à l'assemblée générale annuelle de la Société franco-manitobaine (SFM) jeudi propose de convoquer de nouveaux États généraux, 25 ans après les premiers. L'utilité de ceux-ci n'avait toutefois pas fait l'unanimité.

Le grand branle-bas de combat de l'époque avait vu se succéder des audiences publiques partout au Manitoba durant l'automne 1987, puis un congrès à Winnipeg en mars 1988.

Les audiences permettaient aux Franco-manitobains de faire état de la qualité de leur vie en français dans leur communauté et de suggérer des solutions. Près de 700 personnes se sont présentées devant un panel qui, en tout, a recueilli 1100 interventions et 164 mémoires.

Avec ces interventions, le panel a rédigé un rapport de synthèse pour servir de base aux discussions du congrès de trois jours. Le congrès lui, visait à déterminer ce qui était prioritaire pour améliorer la vie en français au Manitoba. Parmi les priorités identifiées : une association de juristes, une association des municipalités bilingues, une société des communications, une division scolaire francophone et la gestion des archives et du patrimoine.

Il aussi été le moment de décider qui ferait le suivi des priorités.

Utilité et légitimité critiquée

Malgré l'affluence, le processus faisait sourciller. On entendait surtout des doléances et peu de solutions aux audiences, se souvient aujourd'hui la rectrice de l'Université de Saint-Boniface, Raymonde Gagné, qui faisait partie du panel des audiences en 1987.

Le journal La Liberté, au terme du congrès, titre « Le congrès de la faim » et « Des erreurs de parcours ». La présidente de la SFM de l'époque demandera d'ailleurs dans une lettre ouverte « pourquoi est-il si important au journal que la SFM n'ait pas de crédibilité? »

Mme Gagné souligne toutefois qu'aujourd'hui, la communauté franco-manitobaine bénéficie de nombreux accomplissements dont une commission scolaire francophone.

Des gains indéniables

Celui qui avait pris la présidence de la SFM peu après le congrès opine : Denis Clément se remémore une période de restructuration difficile pour l'organisme, mais aussi de l'avènement, par la suite, de structures comme le Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba (CDEM), dont il est aujourd'hui agent de développement rural.

Né après les États généraux de 1988, le président du Conseil jeunesse provincial, Justin Johnson, admet qu'on ne lui a pas transmis l'histoire des impacts du rassemblement. Toutefois, il fait valoir qu'il en est un produit, ayant fréquenté les écoles de la Division scolaire franco-manitobaine.

L'analyste politique Michel Lagacé, auteur du rapport de synthèse sur les états généraux de 1988, croit que la communauté a besoin d'un autre événement comme celui d'il y a 25 ans.

Il propose, pour améliorer le processus, d'établir un mécanisme de suivi.

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