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Le Canada signe un accord de libre-échange avec l’Union européenne

Le reportage de Marc Godbout, suivi de l'analyse de Gérald Fillion
Radio-Canada

De passage à Bruxelles, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a annoncé vendredi matin, en compagnie du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, la conclusion d'un accord de libre-échange avec l'Union européenne (UE) à la suite de négociations engagées en 2009.

Selon le Canada et l'Union européenne, l'entente pourrait se traduire par une progression de 20 % de leurs échanges commerciaux, générant quelque 35 milliards de dollars d'activités économiques supplémentaires par année. Au pays, l'accord de libre-échange pourrait se traduire par la création d'environ 80 000 emplois, selon le gouvernement.

C'est de loin le partenariat commercial le plus ambitieux signé par le Canada.

Stephen Harper, premier ministre canadien

En vertu de l'entente, il sera plus facile pour les entreprises canadiennes d'investir et de vendre dans les 28 pays de l'Union européenne, avec un marché de plus de 500 millions de consommateurs, et en contrepartie, les entreprises européennes pourront plus facilement faire des affaires au pays.

Le Canada a publié vendredi un document d'une quarantaine de pages qui résume les grandes lignes de cet accord. Certains détails techniques restent à peaufiner, a indiqué M. Barroso, en plus de la traduction du document dans des dizaines de langues européennes.

En Europe, l’accord sera très bien reçu parce que nous avons très bien négocié.

José Manuel Barroso, président de la Commission européenne

L'Accord économique et commercial global (AECG) en bref:

  • Objectif : réduire les barrières au commerce, notamment en éliminant les droits de douane et en harmonisant la réglementation et les normes.
  • L'accord couvre pratiquement tous les secteurs d'activité, autant les biens, les services que l'investissement.
  • Le système de gestion de l'offre (les quotas de production) dans le domaine agricole est protégé.
  • La reconnaissance des titres professionnels sera simplifiée et les employés qualifiés devraient plus facilement pouvoir travailler temporairement d'un côté ou de l'autre de l'Atlantique.

L'entente permettra de réduire les droits de douane dans tous les domaines, de rationaliser la réglementation et de réduire les lourdeurs administratives qui freinent les échanges. Elle devra être approuvée par le Parlement européen, les 28 pays membres de l'UE, et au Canada, par les gouvernements fédéral et provinciaux, ce qui pourrait prendre environ deux ans.

Par ailleurs, le premier ministre Harper a assuré que des compensations seront versées à ceux qui seront pénalisés par l'accord de libre-échange.

De longs pourparlers

Les discussions pour aboutir à cet accord avaient été lancées en 2009, avec l'intention d'arriver à une entente avant la fin de 2011. Or, les travaux ont pris plus de deux ans de retard, en raison de désaccords.

Un des éléments sensibles de l'accord de libre-échange aurait été le visa imposé aux citoyens tchèques en visite au Canada. Il devrait être éliminé rapidement, a confirmé jeudi le ministre du Développement social, Jason Kenney.

L'accord pourrait par ailleurs servir de modèle à un futur accord entre l'UE et les États-Unis, qui ont engagé en juillet des négociations en vue de nouer un pacte portant sur la moitié de l'économie mondiale et un tiers du commerce mondial. Cet accord de libre-échange avec le Canada est le premier signé par l'UE avec un pays du G8.

Avec les informations de La Presse canadienne, et Reuters

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