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Des médecins contre l'aide médicale à mourir

Mourir dans la dignité
Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Coalition des médecins pour la justice sociale s'élève contre le projet de loi 52 du gouvernement du Québec qui souhaite baliser « l'aide médicale à mourir ». Ces médecins dénoncent le projet de loi en l'assimilant à un acte d'euthanasie, donc relevant du Code criminel, un domaine de compétence fédérale.

La coalition promet de contester juridiquement la Loi 52.

La Coalition prévient que « les médecins euthanasistes risquent d'être poursuivis au criminel » et que le gouvernement du Québec risque de se retrouver en Cour suprême du Canada pour défendre son éventuelle loi. Médecin de famille et coprésident de la coalition, Paul Saba affirme avoir l'appui des 9 millions de médecins membres de l'Association médicale mondiale qui dénonce l'euthanasie.

Le Dr. Saba reproche au gouvernement de favoriser l'euthanasie pour des raisons économiques plutôt que d'investir dans les soins palliatifs. Il estime que le projet de loi 52 pourrait « encourager les jeunes personnes avec des maladies physiques telles que le cancer, ou psychiques telles que la dépression, à abandonner leurs traitements qui pourraient sauver leur vie ».

« Ça donne l'apparence qu'il veut économiser de l'argent parce que ça coûte environ 10 $ pour piquer quelqu'un à mort et ça coûte des milliers de dollars de donner des soins palliatifs comme il faut et ça coûte des millions et des millions pour donner aux gens ce dont ils ont besoin: des médecins de famille, des soins qui sont nécessaires [...] Je trouve ça inacceptable et écoeurant », s'est exclamé M. Sabia.

La Coalition s'appuie également sur le témoignage d'un médecin belge, qui parle de l'expérience dans son pays. George Casteur dénonce les « conséquences désastreuses de la pente glissante législative » empruntée par son pays qui, selon lui, ouvre la porte à l'euthanasie sur demande « aux personnes souffrant de problèmes de santé réversibles comme la dépression ou fatigue de la vie »

M. Casteur souligne que les dérives sont inévitables puisque les critères d'une telle pratique vont toujours en s'élargissant plutôt que dans le sens inverse.

Les médecins pour la justice sociale entendent également s'inviter à la Cour suprême du Canada si la cause de Gloria Taylor, une Britanno-Colombienne qui a lutté pour le droit au suicide assisté, atteint le plus haut tribunal du pays.

La question du suicide assisté connaît un regain d'intérêt au pays, alors que le Québec étudie un projet de loi visant à encadrer l'aide médicale à mourir et que les tribunaux de Colombie-Britannique se renvoient la balle sur la question. De plus, la mort d'un éminent médecin ontarien a remis la question en avant récemment. Donald Low, 68 ans, atteint d'une tumeur au cerveau, avait lancé un appel émouvant pour l'euthanasie, dans une vidéo tournée avant sa mort.

Au Québec, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) et le Collège des médecins du Québec se sont prononcés en faveur du projet de loi 52. Le Collège des médecins avait même estimé que le projet de loi n'allait pas assez loin en privant les gens incapables d'exprimer leur consentement de l'aide médicale à mourir.

Avec les informations de La Presse canadienne

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