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Le Nobel de la paix à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques

Les enquêteurs en armes chimiques de l'ONU devraient rentrer de Syrie samedi.

Photo : AFP / DSK

Radio-Canada

Le prix Nobel de la paix 2013 a été attribué à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC). Il s'agit de l'organisme qui supervise actuellement la destruction des arsenaux chimiques syriens.

L'organisation est récompensée pour « son travail considérable en vue d'éliminer les armes chimiques », a déclaré le président du comité Nobel norvégien, Thorbjoern Jagland. Et ce travail dangereux n'est pas de tout repos puisque les inspecteurs de l'OIAC travaillent quotidiennement avec des produits dangereux comme le gaz sarin dont le simple contact avec la peau entraîne la mort par arrêt cardio-respiratoire.

Fondée en 1997, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques est basée à La Haye, aux Pays-Bas. Sa mission est d'éliminer tous les arsenaux chimiques de la surface de la planète. Elle est peu connue du public puisque son travail s'effectue habituellement loin des projecteurs. Elle a cependant détruit plus de 57 000 tonnes d'armements chimiques en Irak, en Libye, en Russie et aux États-Unis depuis sa fondation.

Notre persistance, sans fanfare : c'est un travail de destruction lent qui, espérons-nous, sera plus apprécié avec le temps.

Le porte-parole de l'OIAC, Michael Luhan, lors d'une entrevue avant la remise du prix

L'OIAC, qui compte 189 États membres, emploie environ 500 personnes et dispose d'un budget annuel inférieur à 100 millions de dollars. Selon Dan Kaszeta, un expert en armes chimiques et ancien militaire américain, l'organisation est sous-financée. « Peut-être que gagner le prix Nobel va les aider à récolter plus de fonds », dit-il.

Le prix est assorti d'une bourse de 900 000 euros (1,27 million de dollars). Il sera remis officiellement à Oslo le 10 décembre, jour de l'anniversaire de l'industriel suédois Alfred Nobel, l'inventeur de la dynamite devenu par la suite pacifiste.

L'annonce a été faite vers 5 h, heure de Montréal, à Oslo en Norvège. Une heure avant la remise du prix, la chaîne publique norvégienne NRK avait prédit le gagnant, comme elle l'avait fait, l'an dernier, lorsque l'Union européenne avait remporté le Nobel de la paix.

Travail en Syrie

L'OIAC s'affaire présentement à mettre en œuvre l'accord conclu, le mois dernier, entre les États-Unis et la Russie, qui prévoit la destruction de l'arsenal chimique du président Bachar Al-Assad d'ici le 30 juin 2014.

Elle affirmait récemment que le régime de Damas coopérait et que ses armes chimiques pourraient être entièrement détruites, comme prévu dans l'accord de Genève.

Selon des spécialistes, Damas posséderait environ 1000 tonnes de gaz sarin, de gaz moutarde et de gaz innervant VX. Certains de ces gaz pourraient être stockés sous forme de composants chimiques à l'état brut. Toutefois, d'autres pourraient équiper des missiles, des ogives et des fusées.

Malala Yousafzai, 16 ans, prononçant un discours devant l'Assemblée générale des Nations unies, en juillet 2013Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Malala Yousafzai de 16 años de edad, durante su discurso ante la Asamblea General de Naciones Unidas el mes de julio pasado.

Photo : SRC/ AFP/STAN HONDA

La favorite éconduite

Ceux qui spéculaient sur la remise du prix Nobel de la paix avaient jusqu'ici le regard tourné vers Malala Yousafzai, l'adolescente pakistanaise qui a fait campagne ces dernières années pour défendre l'éducation des jeunes filles dans son pays, au péril de sa vie. Elle était considérée comme la favorite par plusieurs observateurs.

Le principal obstacle à la distinction de Malala était son jeune âge. Aujourd'hui âgée de 16 ans, Malala avait été blessée à la tête l'an dernier par un coup de feu tiré par des talibans mécontents de la campagne qu'elle menait.

En juillet, l'adolescente a prononcé un discours devant les Nations unies promettant de ne jamais se soumettre aux « terroristes » qui pensent pouvoir la réduire au silence.

Le prix Nobel de la Paix a souvent, par le passé, récompensé des organisations. En voici quelques-unes:

  • 2012 : L'Union européenne;
  • 2007 : Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) en même temps qu'Al Gore, ancien vice-président des États-Unis et auteur du documentaire Une vérité qui dérange;
  • 2005 : L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et son directeur Mohamed ElBaradei (Égypte);
  • 2001 : L'ONU et son secrétaire général Kofi Annan, « pour leur travail en faveur d'un monde mieux organisé et plus pacifique »;
  • 1999 : Médecins sans Frontières (MSF);
  • 1981 : Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés;
  • 1977 : Amnesty International;
  • 1917 : Le Comité international de la Croix-Rouge.
Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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