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La plus grande des petites troupes canadiennes de danse se produit à Séoul

La troupe Cas Public

La troupe Cas Public

Photo : Cas Public

Radio-Canada

SÉOUL - C'était une première cette semaine pour la compagnie de danse montréalaise Cas Public : les danseurs d'Hélène Blackburn se sont produits en Corée. Ils ont donné deux représentations de Variations S, une relecture du Sacre du printemps, d'Igor Stravinsky.

Par Claude Deschênes

Invité d'Arts et divertissement, Claude Deschênes tient maintenant un blogue. Il y découvre une forme de liberté qui n'empêche ni la rigueur, la curiosité ou l'intégrité de sa couverture culturelle.

Depuis le temps que je parle du succès de nos artistes à l'étranger, enfin je peux le constater sur place.

Mardi, Cas Public a dansé au SIDance 2013 de Séoul, à l'invitation du directeur artistique de l'événement, Jong-ho Lee, qui aimait beaucoup le thème du spectacle d'Hélène Blackburn.

En fait, pour ce 16e SIDance, M. Lee avait l'ambition de créer une série d'événements autour du Sacre du printemps. Il voulait absolument marquer le fait qu'on célèbre cette année le centenaire de cette création. Après tout, dit-il, cette œuvre, née à Paris en mai 1913, dans la controverse et le scandale, a été déterminante dans l'histoire de l'art.

Des contraintes budgétaires – à l'évidence, tous les festivals en ont – l'ont obligé à modérer ses ambitions. Il n'est resté que le spectacle de Cas Public, que le programmateur a choisi de présenter en ouverture de son festival. Variations S, qui déconstruit avec beaucoup de liberté la partition originale de Stravinsky, a été pensé à l'origine pour un jeune public, mais il peut aussi très bien happer un public adulte.

Une vitrine de rêve

Pour Hélène Blackburn, ouvrir le SIDance a été un grand honneur, doublé d'une opportunité fantastique. Le festival séoulien étant présenté en même temps que le marché du spectacle PAM (Performing Arts Market), des diffuseurs de partout, particulièrement d'Asie, ont pu assister au spectacle.

Un autre avantage d'être programmé en ouverture : les gouvernements sont plus enclins à délier les cordons de la bourse lorsqu'il y a le prestige d'une inauguration.

Le Canada ne pouvait passer à côté de l'occasion d'appuyer la compagnie de danse québécoise. L'année 2013 marque le 50e anniversaire des relations diplomatiques avec la Corée du Sud.

Sans se plaindre de son sort, Hélène Blackburn fait remarquer que les gouvernements sous-estiment le rôle de la culture dans le resserrement des liens entre pays.

La culture est un levier majeur pour ouvrir des marchés. Les Asiatiques sont sensibles à cette dimension. Eu égard à la qualité de nos artistes, on laisse passer beaucoup de belles occasions.

Hélène Blackburn

La plus grande des petites compagnies canadiennes

Cas Public est un cas. Cette compagnie est méconnue du grand public. Et pourtant.
À la fin de l'année, elle aura donné une centaine de représentations. Sur sa feuille de route, il lui reste encore à visiter la France, l'Allemagne et le Luxembourg – sans compter la tournée qui la mènera à Montréal, à Sherbrooke, à Moncton et à Brampton.

L'année 2014 commencera avec cinq spectacles au Kennedy Center for the Arts de Washington. Les filles du président Obama ont été officiellement invitées.

Avec une compagnie aussi occupée, Hélène Blackburn peut se permettre d'avoir des danseurs salariés. Ils sont six à travailler 40 semaines par année. La troupe compte aussi deux danseurs invités. La fondatrice de Cas Public s'enorgueillit de pouvoir dire que le chiffre d'affaires de sa compagnie est d'un million de dollars.

On comprend que la plus grande des petites compagnies de danse canadiennes était tout à fait à sa place en ouverture du prestigieux festival coréen.

Une danseuse en moins
La troupe a dû se passer des services de Daphnée Laurendeau à Séoul. La danseuse a été frappée par accident par son partenaire à la toute fin de la représentation du 5 octobre à Osan. Résultat : nez cassé, sept points de suture. La blonde de 24 ans a eu droit à un tour en ambulance et aux soins d'un chirurgien esthétique. Toute l'équipe n'avait que de bons mots pour les services de santé coréens. Daphné Laurendeau devrait pouvoir recommencer à danser dans quelques jours.

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