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Exclusif

Le détail des plaintes au Secrétariat aux affaires francophones est révélé

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Le palais législatif du Manitoba

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Radio-Canada a obtenu des documents inédits sur les plaintes qui arrivent entre les mains du Secrétariat aux affaires francophones, l'interlocuteur privilégié des francophones dans l'appareil gouvernemental manitobain en cas de plaintes, depuis 1981.

L'organisme a la responsabilité de conseiller le gouvernement sur la qualité des services en langue française. Lorsque ceux-ci ne sont pas à la hauteur des attentes de la population, il y a la possibilité de faire une plainte.

« La plupart des plaintes se règlent dans un délai de deux à trois semaines après le dépôt de la plainte. Ensuite, on fait le suivi auprès du plaignant pour lui dire ce qui s'est passé », explique la nouvelle directrice générale du Secrétariat, Mélanie Cwikla.

Dans son rapport annuel, l'organisme mentionne uniquement le nombre de plaintes traitées dans l'année. Radio-Canada a demandé et obtenu plus de détails sur la nature de celles-ci.

97 plaintes valables

De 2007 à 2012, le Secrétariat a reçu 97 plaintes valables, soit une moyenne de 19 par année. De ce nombre, 24 % concernaient la justice et 17 % la Société d'assurance publique du Manitoba. Dans plus de 6 cas sur 10, il s'agit de plaintes à propos du service à la clientèle. Les origines des autres plaintes sont plus variées.

Durant les cinq dernières années, les plaintes ont concerné les services de santé, mais aussi le restaurant Chez Cora lorsqu'il n'employait pas de personnel francophone, alors qu'il est situé au Centre culturel franco-manitobain, un établissement géré par la province.

D'autres plaintes ont concerné une succursale de la Société des alcools du Manitoba à Saint-Boniface ou encore le manque de service bilingue offert par la municipalité rurale de Saint-Laurent.

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Mélanie Cwikla est devenue la nouvelle directrice général du Secrétariat aux affaires francophones du Manitoba en août 2013.

Photo : LinkedIn

En revanche, après la période étudiée de 2007 à 2012, le nombre de plaintes par année a chuté drastiquement.

« En 2012-2013, nous avons reçu six plaintes », indique Mélanie Cwikla, directrice générale du Secrétariat aux affaires francophones.

C'est aussi l'année pendant laquelle l'organisme aura enregistré le moins de plaintes en plus d'une décennie.

La Société franco-manitobaine (SFM) déplore que des plaintes concernent des manquements au français dans des éléments de documentation.

« Il est étonnant que des bureaux de ministres ou des bureaux hébergeant des services importants ne sachent pas qu'une personne qui écrit un courrier en français doive automatiquement recevoir une réponse en français », regrette le président de la SFM, Daniel Boucher.

Une plainte sur quatre liée à la justice

Le bureau de l'Association des juristes d'expression française du Manitoba se dit en revanche peu surpris de constater que seulement une plainte sur quatre concerne des questions de justice.

« Les rapports entre les citoyens et la justice soulèvent souvent des questions qui touchent profondément les gens », remarque la présidente de l'association, Aimée Craft. Elle indique néanmoins que la situation ne semble pas s'améliorer et que ces plaintes n'offrent pas un portrait réaliste de la situation.

« La prochaine étape serait peut-être d'entreprendre une étude sur la qualité des services disponibles et aussi de l'offre active dans le domaine de la justice. »

— Une citation de  Aimée Craft, administratrice, Association des juristes d'expression française du Manitoba

Le ministre de la Justice Andrew Swan admet quant à lui que l'appareil judiciaire manitobain manque encore de personnel bilingue.

« Nous avons 60 postes désignés bilingues et pour l'instant, 43 sont comblés. Cela veut dire deux choses : nous devons continuer le recrutement de personnels bilingues et nous devons aussi améliorer la formation. »

— Une citation de  Andrew Swan, ministre de la Justice du Manitoba

Le Secrétariat aux affaires francophones assure que dans la majorité des cas, les plaintes déposées amènent des changements concrets.

Cela n'empêche pas la SFM de souhaiter que l'organisme ait plus de pouvoir et d'indépendance. « Nous aimerions des enquêtes un peu plus approfondies », propose Daniel Boucher. « Mais, tout compte fait, ce qu'on a présentement est assez bien ».

D'après un reportage de Louis-Philippe Leblanc

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