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Des pansements de peau humaine

Représentation d'un ulcère cutané
Représentation d'un ulcère cutané Photo: iStockphoto
Radio-Canada

Les ulcères cutanés réfractaires aux traitements courants peuvent être traités à l'aide de pansements biologiques faits de substituts de peau cultivés in vitro, ont montré des chercheurs de la Faculté de médecine de l'Université Laval et du CHU de Québec.

Selon le Dr François A. Auger et ses collègues, cette nouvelle technique permet de soigner les ulcères veineux de personnes aux prises depuis des mois avec de telles plaies au niveau des jambes.

Contexte

  • Environ 1 % de la population présente des ulcères aux membres inférieurs.
  • Ces plaies, souvent accompagnées d'infection et d'inflammation, cicatrisent difficilement.
  • Ces ulcères sont associés au vieillissement, au diabète et aux problèmes de circulation sanguine comme les varices et l'enflure.
  • Les personnes obèses et celles qui travaillent debout sont particulièrement vulnérables.
  • Ces ulcères peuvent durer des années.

Habituellement, les médecins traitent les plaies causées par les ulcères en les nettoyant méthodiquement et en appliquant des pansements de compression. Depuis une vingtaine d'années, des médicaments ont fait leur apparition, mais ils sont chers et leur efficacité est limitée.

Une autogreffe cutanée peut également représenter une solution, mais elle implique le prélèvement de peau sur d'autres surfaces du corps.

Cette dernière solution a quand même donné aux chercheurs l'idée d'utiliser leurs connaissances en culture de peau in vitro pour créer des pansements cutanés ne contenant aucun biomatériau.

Un procédé complexe

L'équipe médicale doit d'abord prélever 1 centimètre carré de la peau du patient, séparer les cellules puis les cultiver in vitro afin de fabriquer un substitut cutané comprenant un derme et un épiderme.

Après huit semaines de culture, les feuillets cutanés sont déposés sur les ulcères comme un pansement. Ils sont ensuite remplacés au besoin.

Ce pansement biologique est plus qu'une barrière physique. Ses cellules sécrètent des molécules qui accélèrent la guérison. Il favorise la mise en marche des mécanismes naturels de guérison. C'est le modèle le plus physiologique qu'on puisse imaginer. 

Dr François A. Auger

Les premiers tests menés sur cinq personnes sont concluants. Il a fallu seulement sept semaines en moyenne pour venir à bout des 14 ulcères qui accablaient ces patients depuis plus de six mois, voire parfois des années. L'intervention demeure un dernier recours, lorsque toutes les autres options ont échoué.

Les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Advances in Skin and Wound Care veulent maintenant tester leur technique dans le traitement des grands brûlés.

Science