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GIEC : l'alerte des scientifiques n'émeut pas le gouvernement Harper

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Un iceberg au large du Groenland, en 2007

Un iceberg au large du Groenland, en 2007

Photo : AP Photo / John Mcconnico

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'alerte lancée vendredi par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) n'ébranle pas le gouvernement conservateur. Les scientifiques avancent que les changements climatiques auront d'importantes répercussions sur la météo, le niveau des océans et l'Arctique d'ici la fin du siècle.

La ministre canadienne de l'Environnement, Leona Aglukkaq, a réagi au rapport du GIEC en affirmant que son gouvernement a mieux réussi que les précédents à réduire les sources d'émission de gaz à effet de serre (GES).

Elle soutient que des efforts ont été faits en vue de réduire deux sources majeures d'émissions : le transport et les centrales d'électricité au charbon. Ottawa se targue notamment d'avoir été le premier pays au monde à écarter la production d'électricité à partir du charbon.

Le gouvernement s'attaque également aux intentions des néo-démocrates de créer un système de plafonnement et d'échange de droits d'émission de gaz à effet de serre. Un projet, dit Mme Aglukkaq, qui nuirait à l'économie du pays­. 

Les conservateurs font également valoir que « le Canada est responsable de moins de 2 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre ».

L'opposition inquiète

Du côté de l'opposition, le Nouveau Parti démocratique (NPD) parle d'un rapport du GIEC qui « donne froid dans le dos » et déplore que les conservateurs « dorment au gaz ».

« On a un gouvernement qui veut exploiter les ressources naturelles le plus rapidement possible et qui est prêt, pour ça, à mettre fin à toutes les évaluations environnementales et à augmenter notre production de manière importante sans voir les conséquences à moyen et à long terme », a réagi le député néo-démocrate de Rosemont-La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice. « Il ne pense pas à nos enfants et à nos petits-enfants. »

Même discours du côté du Parti libéral du Canada (PLC), qui estime que les conservateurs de Stephen Harper ont fait reculer le pays en matière de réduction des émissions de GES. Le PLC déplore qu'en plus de nuire à l'environnement, le gouvernement mine la réputation du Canada à l'international.

Le Parti vert du Canada salue la publication du Rapport d'évaluation du GIEC, mais il met en perspective ses conclusions, déjà dépassées, selon la formation politique. Citant la revue Scientific American, le Parti vert affirme qu'en raison du processus long et fastidieux auquel sont astreints les chercheurs, les données scientifiques les plus récentes sur les taux alarmants de fonte du pergélisol ne sont pas incluses dans le rapport.

Du côté des groupes de protection de l'environnement, Steven Guilbeault, d'Équiterre, martèle que l'ensemble de la communauté scientifique est représentée au sein du GIEC, et que l'analyse de ces experts devrait être davantage prise en compte par le premier ministre canadien, Stephen Harper.

On n'a jamais vu de processus scientifique aussi long, aussi rigoureux et, malgré ça, M. Harper est là et fait la promotion des sables bitumineux.

Steven Guilbeault, cofondateur et directeur principal d'Équiterre

Dix scientifiques du Canada font partie du Groupe de travail et 23 autres contribuent au rapport, à titre de collaborateurs ou d'examinateurs experts.

« Ceux qui se défilent au lieu d'agir jouent avec le feu », dit Washington 

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, affirme que ce rapport constitue une sonnette d'alarme : « Ceux qui font fi de la science, ou qui se défilent au lieu d'agir, jouent avec le feu », a déclaré M. Kerry. Le secrétaire d'État fait ainsi référence aux sceptiques qui remettent en question la nécessité d'agir rapidement.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, estime que par ce rapport, les scientifiques appellent les gouvernements à entériner l'accord limitant l'effet des gaz à effet de serre, accord dont la conclusion est espérée en 2015, aux Nations unies.

Ban Ki-moon souhaite que l'appel soit entendu notamment par les gouvernements, notamment ceux qui ont préféré tenter de revigorer la croissance économique plutôt que de combattre les changements climatiques.

Paris réclame la conclusion d'un pacte mondial sur le climat en 2015

De son côté, la France salue « l'adoption unanime, à Stockholm, du premier volume du cinquième rapport du GIEC, qui confirme la réalité dramatique du changement climatique ».

Dans un communiqué commun, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, Philippe Martin, ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, et Pascal Canfin, ministre délégué chargé du Développement, écrivent que « la première décennie du XXIe siècle (2001-2010) a été la plus chaude depuis 1850 ». Les ministres français rappellent d'autres  « phénomènes incontestables » :  l'augmentation de la température moyenne, l'élévation du niveau des océans et l'accélération de la fonte des glaciers.

La semaine prochaine, à Paris, se tiendra un forum sur le changement climatique. L'événement est censé donner le coup d'envoi, en France, de la mobilisation en vue de la conférence mondiale « Paris Climat 2015 ».

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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