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Commission Ménard : la SQ reconnaît avoir été débordée

Émeute à Victoriaville le 4 mai 2012.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada
Mis à jour le 

Cent six arrestations, 252 bombes lacrymogènes, 33 balles de plastique : la Commission spéciale d'examen des événements du printemps 2012 est revenue, jeudi, sur la manifestation la plus violente du conflit étudiant, soit celle organisée le 4 mai 2012 à Victoriaville, en marge du congrès du Parti libéral du Québec.

La manifestation avait tourné à l'émeute et trois étudiants avaient été blessés gravement par des balles de plastique tirées par les policiers.

Le directeur de la Sûreté du Québec (SQ), Mario Laprise, a reconnu que les policiers avaient été pris de court par la violence de la manifestation de Victoriaville. Selon lui, le tiers des 2000 ou 3000 manifestants était formé de casseurs. M. Laprise n'était pas en poste lors des événements, mais il a obtenu des comptes rendus détaillés.

Le degré d'animosité, de fureur et de brutalité a largement dépassé ce qui avait été appréhendé.

Mario Laprise

En une dizaine de minutes, a-t-il raconté, « des anarchistes et des activistes » ont fait basculer la clôture du périmètre de sécurité et lancé des projectiles pyrotechniques. Le niveau de menace a donc été jugé « élevé », forçant les policiers à intervenir, a dit M. Laprise. Il a rappelé que la SQ devait alors veiller à la sécurité de nombreuses personnalités publiques, dont le premier ministre de l'époque, Jean Charest.

Des innocents touchés

Mario Laprise, directeur de la Sûreté du QuébecAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Mario Laprise, directeur de la Sûreté du Québec

Le directeur de la SQ a également admis que des manifestants pacifiques avaient été pris, malgré eux, au milieu de cette intervention musclée et qu'ils en avaient subi les contrecoups : gaz lacrymogènes, balles de caoutchouc, etc. Mais il défend le travail de ses policiers.

« Le défi des organisations policières, c'est comment déceler ces groupes et essayer d'intervenir avant qu'eux n'interviennent comme ils l'ont fait le 4 mai à Victoriaville. C'est à ce niveau-là qu'on a fait du renforcement et rapidement on s'est ajusté », a-t-il dit.

La plus grande menace au droit de manifester n'est pas la police. Ce sont ces agitateurs, ces groupes radicaux qui détournent l'attention des projecteurs sur les actes de violence qu'ils commandent et qui n'ont rien à voir avec les objectifs poursuivis par la majorité pacifique.

Mario Laprise, directeur de la Sûreté du Québec

M. Laprise a été questionné sur l'utilisation des balles de caoutchouc. Selon ce qu'ont appris les commissaires cette semaine, ces balles ne devraient pas être employées lorsque la visibilité est mauvaise, ce qui était le cas à Victoriaville étant donné la quantité de gaz lacrymogènes utilisés. M. Laprise n'a pas été en mesure de donner des explications à ce sujet, mais a indiqué que d'autres employés de la SQ, qui participeront à la commission, pourraient répondre.

La militarisation du travail policier, selon un expert

En avant-midi, un expert en criminologie s'est attardé à la « militarisation du travail policier ». Benoit Dupont a mis en lumière l'utilisation de plus en plus répandue de certaines armes autrefois réservées à l'armée, comme les balles de caoutchouc.

Selon le directeur du Centre international de criminologie comparée de l'Université de Montréal, les arrestations de masse contribuent à engendrer la violence. Cette technique a été utilisée abondamment par les policiers de Montréal lors de la crise étudiante.

[Ces arrestations seront] perçues par la foule, qui est bien sûr opposée aux actes de violence, mais qui ne comprend pas pourquoi on arrête autant de ses membres, comme étant une agression contre elle. Plutôt que de l'apaiser, ces arrestations vont au contraire contribuer à intensifier la violence.

Benoit Dupont

M. Dupont estime que cette technique, importée de la France et de l'Angleterre, n'est pas adaptée à la réalité québécoise.

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