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Ces francophones connus qui anglicisent leurs prénoms

De gauche à droite : Robert Tétreault, Mathieu Allard et Daniel Vandal

De gauche à droite : Robert « Rob » Tétreault, Mathieu « Matt » Allard et Daniel « Dan » Vandal

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Ils se font appeler Rob, Matt ou Dan et font partie de ces Franco-Manitobains ayant choisi d'angliciser leurs prénoms, pour le rendre prononçable par tous, disent-ils. Auprès de la population, toutefois, la démarche ne fait pas l'unanimité.

Il y avait déjà le défunt politicien fédéral Ronald Duhamel et le défunt ministre provincial Laurent Desjardins, que les anglophones surnommaient Ron et Larry. Puis, aujourd'hui, il y a ces affiches publicitaires du conseiller municipal de Saint-Boniface, Daniel Vandal. Pour lui, le fait de s'appeler Dan n'était pas un choix délibéré.

« Je ne sais [pas] comment c'est arrivé. Ce n’est pas une décision consciente que j'ai prise, c'est juste la manière dont je communique avec le monde avec qui je travaille », explique-t-il.

Chez les gens d'affaires

Si en politique, l'anglicisation des prénoms n'est pas rare, elle gagne la communauté d'affaires franco-manitobaine. Mathieu Allard est ainsi devenu Matt Allard après avoir créé son entreprise. Le prénom, dit-il, lui permet de s'identifier plus facilement.

« Quand on est en train de vendre un produit, un service, on veut évidemment que le monde se rappelle notre nom. »

— Une citation de  Mathieu Allard

Pour les mêmes raisons, Robert Tétreault a choisi lui aussi de s'appeler Rob lorsqu'il s'est lancé en affaires. « Rob Tétreault, j'aimais le son, j'aimais comme ça sonnait et c'est pour ça que j'ai choisi de simplifier mon prénom », relate l'homme d'affaires.

Couteau à double tranchant

Pour le professeur de marketing Deny Bélisle, de l'Université de Sherbrooke, plus un nom est court, plus il sera facile à mémoriser. Toutefois, il y a aussi un risque, prévient-il.

« C'est sûr qu'on peut raccourcir son nom, le rendre très commun, très courant. Là c'est sûr, il est plus facile, des fois, soit à mémoriser, soit à prononcer. Par contre, par certains moments, on perd cet aspect d'originalité qui peut nous différencier, nous distinguer d'autres personnes ou dans le cas d'une marque, d'autres produits concurrents. »

— Une citation de  Deny Bélisle, professeur de marketing, Université de Sherbrooke

Avis partagés

Les intéressés refusent d'assimiler leurs démarches à un désir de renier leurs origines.

« Je suis 100 % francophone, que je sois connu comme Matt ou comme Mathieu. Je crois que ce n'est pas un conflit entre les deux », dit M. Allard.

« Moi, je suis un Franco-Manitobain fier, très fier. Je suis impliqué à plusieurs C.A. J'ai le coeur dans la communauté », martèle M. Tétreault.

Auprès de la population, les avis sont partagés. « Du point de vue de la fierté, ils perdent, selon moi. Ils perdent quelque chose de leur ancienneté [sic] et de leurs racines », croit Roger Damphousse.

« Nous sommes francophones. Nous ne voulons pas perdre notre langue et nous avons besoin de nous en servir », estime pour sa part Jocelyne Fontaine-Bayer.

« Si c'est plus facile pour les personnes de dire un nom d'une façon ou l'autre, pourquoi ne pas faire ça? Plus facile pour tout le monde », raisonne plutôt la jeune Kira Bessette.

D'après un reportage d'Abdoulaye Cissoko

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