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L'enfer des Népalais

Une manifestation lors du congrès de l'UEFA à Londres au printemps de 2013

Une manifestation lors du congrès de l'UEFA à Londres au printemps de 2013

Photo : AFP / CARL COURT

Radio-Canada

Le comité d'organisation de la Coupe du monde de soccer de 2022 au Qatar est éclaboussé par des révélations troublantes sur les conditions de travail d'ouvriers népalais.

Déjà, le 24 mai 2013, une manifestation avait été organisée à Londres pendant le Congrès de l'UEFA pour alerter les autorités du soccer et l'opinion publique.

Selon le quotidien britannique The Guardian, qui a mené une enquête, des dizaines de travailleurs népalais sont morts durant l'été 2013. Ça pose de sérieuses questions sur les conditions de travail sur les chantiers.

Selon des documents obtenus de l'ambassade du Népal au Qatar, 44 travailleurs népalais sont morts entre le 4 juin et le 8 août. Surtout de jeunes hommes ayant succombé à des crises cardiaques.

L'enquête du Guardian précise que le contingent népalais, qui représente le plus grand groupe de la main-d'oeuvre au Qatar, est victime d'exploitation et d'abus. Ce que l'Organisation mondiale du travail estime être de l'esclavage moderne.

Les enquêteurs ont obtenu :

  1. Des preuves du travail forcé sur un chantier de la Coupe du monde de 2022.
  2. Des témoignages de Népalais disant : 

- qu'ils n'ont pas été payés depuis des mois;

- que leur salaire est retenu pour éviter qu'ils ne s'enfuient;

- que des employeurs confisquent les passeports et les cartes d'identité, les réduisant au statut de travailleurs illégaux;

- que certains d'entre eux se sont vu refuser l'accès à de l'eau malgré la chaleur.

Le quotidien britannique écrit qu'un des pays les plus riches de la planète exploite des travailleurs d'un des pays les plus pauvres pour se préparer au Mondial.

Parmi les témoignages publiés dans The Guardian, celui de Ram Kumar Mahara, âgé de 27 ans :

« Nous devions travailler l'estomac vide pendant 24 heures : 12 heures de travail puis rien à manger de la nuit. Quand j'en ai parlé à mon supérieur, il m'a frappé et jeté en dehors du campement, sans me payer, m'obligeant à mendier auprès de mes collègues travailleurs. »

Lors du congrès de l'UEFA de Londres, la Confédération syndicale internationale (CSI) et le Trade Union Congress (TUC) britannique avaient appelé la fédération européenne à prendre position contre le traitement déplorable que subissent les travailleurs au Qatar. Les deux organisations cherchaient également à obtenir des appuis pour faire tenir un nouveau vote des membres de la FIFA pour l'attribution de la Coupe du monde de 2022.

Les syndicats étaient particulièrement préoccupés par le traitement inhumain réservé aux ouvriers migrants au Qatar et le refus du gouvernement d'améliorer les droits de l'emploi.

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