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Daniel Baril, Ali Kaidi et Martine Desjardins

Radio-Canada

Un nouveau regroupement pro-laïcité se prononce en faveur du projet de charte des valeurs québécoises proposé par le gouvernement québécois.

Le Rassemblement pour la laïcité réunit une quinzaine d'organismes et plus de 60 personnalités, dont l'ex-juge à la Cour suprême Claire L'Heureux-Dubé, l'ancienne ministre Louise Beaudoin, l'ex-présidente de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec Gyslaine Desrosiers, la comédienne et humoriste Nabila Ben Youssef et le cinéaste Bernard Émond.

Au cours d'une conférence de presse, mardi, à Montréal, l'initiateur du projet, le militant pro-laïcité Daniel Baril, a rendu publiques les raisons de leur appui au projet du gouvernement en compagnie, notamment, du sociologue Guy Rocher et de l'ex-présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) Martine Desjardins.

Daniel Baril a expliqué que la déclaration du Rassemblement vise avant tout à donner de la visibilité aux partisans de la charte, « dans un contexte médiatique où la parole semble être donnée aux opposants de la laïcité ». Il a tenu à souligner la présence au sein du rassemblement de groupes et de personnalités issus de différents horizons, tels que l'Association québécoise des Nord-Africains pour la laïcité, l'Institut québécois du judaïsme laïque et LGBT pour la laïcité.

La charte des valeurs, un débat de société

Le Rassemblement appuie les trois principaux éléments du projet de charte des valeurs, soit l'inscription de la laïcité dans la Charte des droits et libertés de la personne, la mise en place de balises pour les accommodements et l'interdiction du port de signes religieux par les employés de l'État. Par contre, les militants critiquent le concept du droit de retrait et proposent d'opter plutôt pour une période de transition.

Ils estiment également que, « par souci de cohérence », le crucifix devrait être déplacé de l'Assemblée nationale.

Entrevue avec l'enseignante Leila Bensalem, du Rassemblement pour la laïcité

Rapportant avoir entendu ces derniers temps « des commentaires dégoulinants d'humanisme et de bienveillance à l'endroit du port du voile islamique », l'enseignante d'origine algérienne Leila Bensalem a insisté sur l'importance de réaffirmer l'égalité homme-femme et sur le danger de banaliser les signes religieux.

Il y a beaucoup de personnes qui ignorent absolument ce que ça représente pour nous, les femmes, qui venons de pays où [celles] qui refusent de le porter se font égorger ou asperger à l'acide. [...] Le voile islamique n'est pas un morceau de tissu innocent [...] Le voile, pour nous, est taché de sang.

Leila Bensalem

Pour sa part, l'ex-présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, se déclarant féministe et démocrate, a lancé un plaidoyer pour la charte, signalant qu'elle représentait un « juste milieu ».

De grâce, arrêtez de vous opposer systématiquement. Assez de se faire traiter de victimes parce qu'on est de pauvres femmes, assez de se faire traiter de victimes parce qu'on est d'une autre confession religieuse.

Martine Desjardins, ex-présidente de la FEUQ

Selon elle, il est important d'agir tout de suite et de « prendre le taureau par les cornes » avant que la situation n'empire.

Le cofondateur de l'Association québécoise des Nord-Africains pour la laïcité, Ali Kaidi, a déclaré en avoir assez « d'être identifiés par notre appartenance religieuse, on veut être identifiés par notre citoyenneté. »

Dimanche dernier, à Montréal, des centaines de personnes ont marché de la place Émilie-Gamelin jusqu'à la place du Canada en appui au projet de charte.

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