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Nucléaire iranien : Obama privilégie la diplomatie

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Le président américain Barack Obama lors de son allocution devant l'Assemblée générale de l'ONU

Le président américain Barack Obama lors de son allocution devant l'Assemblée générale de l'ONU

Photo : AFP / JOHN MOORE

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Devant l'ouverture manifestée par le nouveau régime à Téhéran, le président américain, Barack Obama, privilégie la voie de la diplomatie dans le dossier du nucléaire iranien. Il a toutefois réclamé des « actions » de la part de Téhéran, lors de son allocution devant la 68e Assemblée générale annuelle de l'ONU à New York. Hassan Rohani a pour sa part réaffirmé que le programme nucléaire iranien était pacifique.

Au cours de son allocution, le président américain a également réclamé une résolution forte du Conseil de sécurité dans le dossier syrien.

M. Obama s'est dit « encouragé » par l'élection du nouveau président Hassan Rohani qui a reçu un « mandat pour suivre un chemin plus modéré », faisant allusion à son prédécesseur ultraconservateur, Mahmoud Ahmadinejad.

Le président américain a joint la parole aux actes en mandatant son secrétaire d'État, John Kerry, pour faire avancer le dossier. « Étant donné que le président Rohani s'est engagé à parvenir à un accord, j'ai demandé à John Kerry de mener ce processus avec le gouvernement iranien, en coordination étroite avec l'Union européenne, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, la Russie et la Chine », a expliqué M. Obama.

« Les blocages pourraient s'avérer trop difficiles à surmonter, mais je suis convaincu qu'il faut essayer la voie diplomatique », a-t-il ajouté.

Malgré son ouverture pour la voie diplomatique, le président Obama a rappelé que les États-Unis demeuraient déterminés à « empêcher l'Iran de développer l'arme nucléaire ». « Nous ne cherchons pas à obtenir un changement de régime et nous respectons le droit des Iraniens à accéder à une énergie nucléaire pacifique », a-t-il ajouté.

L'Iran n'est pas une menace, martèle Rohani

Prenant la parole devant l’Assemblée générale de l’ONU en après-midi, le président iranien Hassan Rohani a tenté une nouvelle fois de rassurer les pays occidentaux en déclarant que son pays « ne constitue aucun danger pour le monde ». Il a rappelé que le programme nucléaire iranien était pacifique.

Le président iranien Hassan RohaniAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président iranien Hassan Rohani

Photo : Brendan McDermid (AP)

L'Iran n'a pas besoin de l'arme nucléaire pour assurer sa sécurité, a déclaré M. Rohani.

Il s'est dit prêt à entamer immédiatement des discussions fondées sur un calendrier précis pour régler le dossier du nucléaire iranien.

Son pays est disposé à coopérer de manière « bilatérale et multilatérale avec d'autres acteurs responsables », a-t-il insisté.

Évoquant les crises et les points de tension à travers le monde, M. Rohani a dénoncé « un dialogue unilatéral » du Nord en marginalisant le Sud.

Le président iranien a dénoncé les tentatives de régler les conflits de l’extérieur. Il n’y a pas de solution militaire à la crise syrienne, a-t-il ajouté.

M. Rohani a également salué l’acceptation par Damas de se joindre à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques.

Le président iranien n'a pas manqué de décocher quelques flèches à l'endroit des États-Unis en évoquant l'utilisation des drones contre des « innocents ». Il y voit un geste condamnable.

Pas de rencontre Obama Rohani

Par ailleurs, un haut responsable américain, s'exprimant sous couvert de l'anonymat, a écarté mardi la possibilité d’une rencontre entre le président Barak Obama avec son homologue iranien, Hassan Rohani, en marge des travaux de l'Assemblée générale de l'ONU.

La rencontre s'est révélée trop compliquée à organiser, a-t-il expliqué, ajoutant que les Iraniens n'étaient pas prêts à une telle rencontre au niveau des présidents.

Cette rencontre a été proposée par la présidence américaine aux Iraniens, mais ceux-ci l'ont déclinée, a précisé la même source.

La perspective d'une telle rencontre inquiétait fortement les autorités israéliennes pour qui l'actuelle « offensive de charme » du nouveau président iranien n'est qu'une ruse.

Plus tôt mardi, Téhéran avait fait savoir que la rencontre n'était pas « à l'ordre du jour ».

Le nouveau président iranien Hassan RohaniAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le nouveau président iranien Hassan Rohani

Photo : AFP / BEHROUZ MEHRI

Les deux pays ont rompu leurs relations diplomatiques en 1980 dans la foulée de la crise des otages à l'ambassade américaine en Iran en 1979.

Le nouveau gouvernement de Téhéran, qui a pris ses fonctions le mois dernier, multiplie les signaux d'apaisement vis-à-vis de l'Occident. Dimanche, le nouveau président iranien a réaffirmé que son pays ne cherchait pas à fabriquer la bombe nucléaire. Le président iranien devait rencontrer le président français, François Hollande, au cours de la journée, une première depuis 2005.

Le début d'une « nouvelle ère »?

Plus tôt, le ministère iranien des Affaires étrangères iranien a affirmé que la rencontre prévue avec les chefs de la diplomatie des pays du groupe 5+1 (formé des pays membres du Conseil de sécurité - États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni - en plus de l'Allemagne) marque le début d'une « nouvelle ère ». Néanmoins, la porte-parole iranienne a également exclu une rencontre bilatérale entre le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zari, et le secrétaire d'État américain, John Kerry.

« Nous avons une occasion historique pour régler la question nucléaire », mais les pays du groupe « 5+1 doivent ajuster leur attitude pour mieux correspondre à la nouvelle approche iranienne », a écrit M. Zarif sur son compte Twitter.

« Cette réunion représente un engagement sérieux des parties étrangères à parvenir à une solution basée sur un calendrier précis », ajoute-t-il.

Malgré les signes d'apaisement, la Maison-Blanche estime que ces discours ne sont pas suffisants et demande des actes concrets à la République islamique sur son programme nucléaire.

L'administration américaine et leurs alliés soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil. C'est pourquoi ils ont imposé des sanctions économiques à l'Iran.

Israël s'inquiète

Les Américains doivent également composer avec les inquiétudes de leur allié israélien qui voit dans les signes d'apaisement iranien une ruse. Le ministre israélien des Affaires stratégiques, Yuval Steinitz, espère qu'une poignée de main entre Obama et Rohani n'ait pas lieu. Il estime qu'au-delà des mots, l'important demeure les actions et les résolutions.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, doit prendre la parole devant l'Assemblée générale de l'ONU le 1er octobre. Lors de son discours de l'an dernier, M. Nétanyahou avait tracé « une ligne rouge » sur l'enrichissement d'uranium iranien au-delà de laquelle il ferait intervenir l'armée israélienne.

Devant la perspective d'une nouvelle ronde de négociations sur le nucléaire iranien, Israël met en garde la communauté internationale contre un éventuel « accord de Munich », en référence aux accords de 1938 signés entre l'Allemagne nazie, l'Italie de Mussolini, la France et le Royaume-Uni.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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