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Omar Khadr : première apparition publique

Performance éclair : « Ailleurs ».

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'ancien prisonnier de Guantanamo Omar Khadr, de Toronto, a fait sa première apparition publique depuis sa capture par des soldats américains en Afghanistan, il y a 11 ans.

Il s'est présenté devant un tribunal à Edmonton, lundi, pour demander que sa détention actuelle, dans une prison pour adultes à sécurité maximale, soit jugée illégale et qu'il soit transféré dans une prison provinciale.

Le jeune homme de 27 ans est entré dans la salle d'audience vêtu d'une chemise blanche partiellement déboutonnée vers le haut. Il a paru détendu dans le box des accusés où il a pris place, regardant avec sourire la foule venue le voir.

Dans sa remarque préliminaire, le juge John Rooke a reconnu d'emblée que le Canada avait son mot à dire dans la décision qui sera prise en réponse à la requête des avocats d'Omar Khadr. « J'ai lu la documentation sur cette affaire. Les faits sont clairs pour moi. J'en ai une bonne idée » a ajouté le juge Rooke. Celui-ci a clairement indiqué que sa décision sera basée sur la loi et pas sur une quelconque discrétion.

Ottawa s'oppose à la demande d'Omar Khadr. En conférence de presse avec le président du Conseil italien, Enrico Letta, lundi matin, le premier ministre canadien Stephen Harper a réaffirmé que son gouvernement ferait tout ce qui est possible pour s'opposer vigoureusement à tout allégement de la peine imposée au détenu considéré comme un criminel dangereux.

Arrêté à 15 ans, fait valoir la défense

L'avocat de l'ex-détenu de Guantanamo a rappelé que les crimes attribués à son client devraient être jugés en vertu de la Loi sur les jeunes contrevenants. « Omar Khadr avait 15 ans quand il a été arrêté. Il ne devrait pas être dans une prison à sécurité maximum. Le jeune homme a été condamné à huit ans de prison pour l'ensemble des accusations portées contre lui et pas pour chacune d'elle », a rappelé Me Edney.

L'avocat croit par ailleurs que si les crimes en question avaient été commis au Canada, Omar Khadr recevrait une peine pour jeunes et pas une peine pour adultes. La décision d'autoriser son client à purger sa peine hors d'une prison à sécurité maximale dépend des lois qui auraient dû s'appliquer à son cas, ajoute Me Edney, qui soutient que les arguments du gouvernement fédéral sont pour le moins absurdes à cet effet.

C'est absurde et artificiel de dire que Khadr doit passer huit ans de prison pour avoir plaidé coupable de meurtre et huit ans de prison pour chacun des autres chefs d'accusation.

Une citation de :Dennis Edney, avocat d'Omar Khadr

Appliquer la peine imposée aux É.-U.

Pour sa part, la Couronne estime que l'approche et les arguments de la défense ne sont ni bons ni pertinents, car le rôle du Canada dans l'affaire Khadr est de mettre en application la peine donnée par le tribunal militaire américain.

Pour l'avocat du gouvernement fédéral, le Canada n'a fait que suivre ce que prévoient ses lois, notamment en matière de transfert international de contrevenants. Les peines en vertu de la loi sur le transfert international de prisonniers doivent être appliquées ou adaptées, a fait valoir la Couronne.

Celle-ci a souligné que la peine pour meurtre avait été imposée en tant que peine pour un jeune et les quatre autres, en tant que peines pour un adulte.

« Je comprends conceptuellement comment la décision d'envoyer Khadr dans une prison fédérale a été prise, sur la base de notes diplomatiques et des déclarations politiques. Je veux savoir comment la loi a été appliquée dans ce cas. Comment va-t-on dans une prison fédérale pour une peine de 8 ans ? », a alors demandé le juge Rooke.

Un homme expulsé d'une audience très suivie

Avant l'entrée du magistrat, un écran géant a été installé dans la salle d'audience. Un autre a été installé dans une seconde salle d'audience pour les personnes qui ne pouvaient entrer dans la salle principale. Des étudiants sont venus en grand nombre pour suivre la comparution. Le juge a permis aux médias d'envoyer des tweets pendant l'audience tant qu'il n'y aura pas d'interdit de publication.

Lors des procédures, des shérifs ont dû expulser de la salle un homme qui a crié à Omar Khadr « Septembre 2001. Vous êtes mon frère. Je vous aime », après avoir demandé au procureur d'arrêter de tourner les pages du Code criminel pendant son exposé.

Même si la défense et la Couronne ont terminé la présentation de leurs arguments, le juge Rooke n'a pas indiqué quand il rendra sa décision.

Coupable de crimes de guerre

La dernière comparution d'Omar Khadr a eu lieu en octobre 2010, lorsqu'il a plaidé coupable à cinq crimes de guerre devant une commission militaire américaine à Guantanamo Bay, à Cuba. Il avait été condamné à huit ans de prison.

Transféré au Canada en septembre 2012, Omar Khadr a d'abord été incarcéré, la plupart du temps en isolement, dans l'établissement de Millhaven, dans l'est de l'Ontario. Il a ensuite été admis dans la prison à sécurité maximale d'Edmonton, au mois de mai.

Justice Alberta a refusé de dire si les autorités avaient pris des mesures de sécurité spéciales pour la comparution de lundi.

Omar Khadr est admissible à une libération conditionnelle depuis le 1er juillet, mais il n'a pas encore fait de demande en ce sens.

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