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Les autorités kényanes affirment que tous les otages ont été libérés

De la fumée s'échappe du centre commercial Westgate, à Nairobi, où l'armée donne l'assaut contre un commando islamiste.

Photo : AFP / CARL DE SOUZA

Radio-Canada

Les forces de l'ordre kényanes, qui ont pris le contrôle et inspecté le centre commercial Westgate de Nairobi, pensent que tous les otages détenus par des militants islamistes ont été libérés.

L'attaque lancée samedi a fait 62 morts. Au moins trois assaillants ont été abattus et plus de 10 suspects ont été arrêtés. Onze soldats ont aussi été blessés.

Le ministre kényan de l'Intérieur, Joseph Ole Lenku, affirme que l'évacuation des otages s'est très bien déroulée.

Plus tôt, les islamistes d'Al-Shabab, qui ont revendiqué l'attentat, menaçaient d'abattre les otages. « Nous autorisons les moudjahidines à l'intérieur du bâtiment à agir contre les prisonniers », a dit un porte-parole des Shabab, Sheikh Ali Mohamud Rage, dans une déclaration sur Internet. Les militants islamistes disent avoir lancé l'attaque en représailles à l'intervention militaire du Kenya en Somalie.

« Un commando multinational »

Le chef de l'armée kényane, Julius Karangi, a pour sa part affirmé que les assaillants « viennent de différents pays », en parlant de « terrorisme mondial ».

Plusieurs fusillades et des explosions ont été entendues lundi. La télévision a également montré des images de soldats kényans courant autour du centre commercial. À l'aube, une intense fusillade a duré une quinzaine de minutes. Elle a été suivie par trois fortes explosions, avant que la situation ne se calme de nouveau.

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Un lâche attentat, selon Harper

En point de presse lundi, le premier ministre Harper a déclaré que le Canada concentrera ses efforts sur le groupe responsable de l'attentat de Nairobi, une attaque qu'il a qualifiée de lâche.

Le premier ministre n'a rien dit sur la possibilité qu'il y ait des citoyens canadiens parmi les assaillants. Il a toutefois assuré qu'il ne croyait pas à un phénomène de radicalisation majeur au Canada.

Stephen Harper a indiqué que le Canada et ses alliés examinaient la situation de près. Il a aussi offert ses condoléances aux familles, amis et collègues des victimes.

Le Canada appuie discrètement la lutte contre le groupe terroriste somalien Al-Shabab, en lien avec Al-Qaïda. Selon un document de la Défense obtenu par La Presse Canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, le Canada a offert quelque 6 millions de dollars en 2011 en appui logistique à la mission militaire en Somalie, entre autres.

Des Canadiens parmi les victimes

Deux Canadiens ont été tués, deux autres ont été blessés. Selon le ministère canadien des Affaires étrangères, il n'y aurait pas d'autres Canadiens dans le centre commercial.

Deux Françaises, trois Britanniques, un Sud-Africain, une Sud-Coréenne, une Néerlandaise, un Péruvien et deux Indiens sont morts dans l'attaque. Des Américains et bon nombre d'Occidentaux ont été blessés.

Attaque à l'arme automatique

Selon des témoignages, les islamistes ont ouvert le feu à l'arme automatique et à la grenade sur la foule en entrant dans le centre commercial, samedi. Les clients et employés, terrorisés et piégés dans le centre, ont continué de sortir par petits groupes jusque dans la soirée.

Ils ne voulaient pas d'argent. Ils ont dit : "Vous avez tué notre peuple en Somalie, c'est à votre tour de payer."

Témoignage de Titus Alede, un employé du centre commercial, à l'Agence France-Presse

« La dernière fois que mon frère a appelé, c'était pour dire qu'il était dans le centre commercial », a pour sa part raconté Kelly Amit, une Kényane. « Son téléphone est coupé depuis. [...] J'espère encore qu'il va bien et qu'il se cache quelque part. »

Ouvert en 2007, le centre commercial Westgate abrite des restaurants, des cafés, un grand supermarché et un cinéma. Il attire des milliers de clients, kényans et expatriés, tous les jours.

LE FIL DES ÉVÉNEMENTS : 

Samedi 21 septembre

- Une dizaine d'hommes armés font irruption en mi-journée dans le centre commercial Westgate à Nairobi et ouvrent le feu à l'arme automatique et à la grenade sur la foule et le personnel. Les forces de l'ordre interviennent et procèdent à des évacuations. On dénombre plusieurs morts et blessés;

- En soirée, les islamistes somaliens d'Al-Shabab, liés à Al-Qaïda, revendiquent l'attaque;

- Le président kényan Uhuru Kenyatta annonce à la télévision au moins 39 morts et 150 blessés.

Dimanche 22 septembre

- En matinée, les forces de sécurité tentent toujours de déloger les assaillants;

- Ottawa annonce la mort de deux Canadiens, dont une diplomate;

- Les otages sont détenus dans « plusieurs endroits » du centre. Aucune communication n'a pu être établie avec les islamistes, selon les forces d'intervention;

- Les combats reprennent en soirée. Des agents israéliens interviennent aux côtés des forces kényanes. Le bilan s'alourdit à plus de 60 morts. Depuis la veille, plus de 1000 personnes ont été secourues.

Lundi 23 septembre

- Nouvel assaut à l'aube des forces de sécurité kényanes;

- Le porte-parole des Shabab menace d'ordonner d'abattre les derniers otages;

- Un homme présenté par la BBC comme un commandant d'Al-Shabab affirme qu' « il n'y aura pas de négociations »;

- Fortes explosions dans le centre commercial et tirs nourris;

- Le ministre de l'Intérieur affirme que deux assaillants ont été tués. Selon l'armée, les assaillants viennent de plusieurs pays.

- Les autorités affirment que tous les otages ont été libérés.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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