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Attaque au Kenya : au moins 68 morts, la majorité des otages libérés

Radio-Canada

Plus de 36 heures après l'attaque d'un centre commercial de Nairobi par un commando islamiste, des activistes islamistes y sont toujours retranchés.

L'armée kényane a indiqué avoir libéré la plupart des otages, sans donner de chiffre précis, mais un certain nombre de personnes seraient encore retenues. Les forces de sécurité auraient également repris le contrôle d'une grande partie de l'édifice.

L'attaque menée samedi a fait au moins 68 morts, dont deux Canadiens, et plus de 175 blessés.

Elle a été revendiquée par le mouvement islamiste somalien Al-Shabab, un groupe affilié à Al-Qaïda, qui affirme avoir agi en représailles à la présence de soldats kényans en Somalie. 

Le Westgate Mall, fréquenté par de nombreux expatriés, était bondé lorsque les assaillants ont fait irruption samedi midi. Selon un témoin, ils ont crié aux musulmans de quitter les lieux avant d'ouvrir le feu.

Les autorités kényanes pensent que le commando est constitué de 10 à 15 assaillants, dont certains sont des femmes, selon des témoins.

Le président Uhuru Kenyatta a indiqué que son neveu et la fiancée de celui-ci figuraient parmi les morts. « Ceci n'est pas une guerre kényane, c'est une guerre internationale », a-t-il dit.

Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier à Nairobi depuis une attaque-suicide d'Al-Qaïda en août 1998 contre l'ambassade des États-Unis, qui avait fait plus de 200 morts.

Le deuxième Canadien mort identifié

Plusieurs ressortissants internationaux figurent parmi les victimes, dont deux Canadiens, deux Françaises, trois Britanniques, une Sud-Coréenne, un Sud-Africain, une Néerlandaise, un Péruvien, deux Indiens, ainsi qu'un célèbre poète et homme d'État ghanéen, Kofi Awoonoret.

La diplomate canadienne Annemarie Desloges, 29 ans, figurent parmi les victimes.

La diplomate canadienne Annemarie Desloges, 29 ans, figurent parmi les victimes.

Photo : Facebook

Un des deux Canadiens à avoir perdu la vie dans l'attentat est la diplomate Annemarie Desloges, 29 ans. 

Selon le ministère des Affaires étrangères, Annemarie Desloges travaillait pour le gouvernement depuis 2006. Elle a notamment été employée au ministère de l'Immigration. Elle était maintenant agente de liaison pour l'Agence des services frontaliers du Canada à Nairobi.

L'autre Canadien qui a perdu la vie est Naguib Damji, un homme d'affaires de Vancouver. Il a succombé à une crise cardiaque. Il prenait un café quand il a entendu une explosion. Naguib Damji est né au Kenya, mais il vivait au Canada depuis les années 70.

Parmi les blessés de l'attaque, figurent également trois ressortissants canadiens. L'un d'eux est Robert Munk, le mari de la diplomate canadienne qui a été tuée.

Le premier ministre Stephen Harper a condamné un « geste lâche et haineux ». Il a réaffirmé l'engagement du Canada à prendre « des mesures vigoureuses » pour protéger ses citoyens partout dans le monde.

Le Canada condamne avec la plus grande fermeté ce geste lâche et haineux, qui visait apparemment d'innocents civils qui faisaient simplement leurs emplettes.

Stephen Harper, premier ministre du Canada, dans un communiqué

Stephen Harper a offert « toute l'aide possible » au Kenya pour traduire « les auteurs de cette attaque haineuse » devant la justice.

Paul Dewar, porte-parole du NPD en matière d'affaires étrangères, a également dénoncé « ces actes ignobles ». L'opposition officielle à Ottawa a aussi rendu hommage au « courage exemplaire » des diplomates canadiens à l'étranger.

Condamnations internationales

Plusieurs pays ont dénoncé l'attaque du centre commercial de Nairobi. À Paris, l'Élysée a notamment déploré « cet acte ignoble » qui a coûté la vie à deux Françaises.

Aux Nations unies, les membres du Conseil de sécurité ont aussi condamné le « plus fermement possible » l'attaque armée et ont rappelé que le terrorisme est la « plus sérieuse menace à la paix et la sécurité » dans le monde. Le Conseil de sécurité se dit déterminé à combattre le terrorisme, sous toutes ses formes.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a affirmé que « les auteurs doivent être traduits en justice dès que possible », rappelant que Nairobi accueille le principal siège de l'ONU en Afrique.

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a proposé au Kenya l'aide des États-Unis pour tenter de régler cette crise. Selon lui, l'attaque du Westgate Mall met en lumière la gravité de la menace posée par les islamistes somaliens.

Qu'est-ce que le mouvement Al-Shabab?

Il s'agit d'un groupe radical islamiste lié à Al-Qaïda. Le nom Al-Shabab signifie « jeunesse ». L'organisation opère en Somalie, mais a souvent menacé le Kenya, qui intervient dans le conflit somalien depuis 2011 et qui possède un contingent dans le sud du pays. Les milices d'Al-Shabab prônent une application radicale de l'islam et la charia.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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