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Toujours vivant après un encéphalogramme plat?

Un encéphalogramme plat

Photo : IStockphoto

Radio-Canada

La médecine pensait jusqu'à aujourd'hui qu'au-delà de la fameuse « flat line », ou l'encéphalogramme plat, il n'y avait plus rien, plus d'activité cérébrale. C'était la mort cérébrale.

Or, des chercheurs de l'Université de Montréal et du Centre médical Reine-Marie en Roumanie ont fait une découverte qui laisse entrevoir une toute nouvelle frontière entre la vie et la mort dans le cerveau animal et humain.

Les Drs Daniel Kroeger et Florin Amzica et leurs collègues ont mis en évidence une activité cérébrale au-delà de l'électroencéphalogramme plat inconnue à ce jour.

Explications

Un médecin roumain a observé des phénomènes inexplicables sur l'électroencéphalogramme d'un patient dans un coma très profond à la suite de l'administration d'un médicament antiépileptique très puissant, rendue nécessaire par son état clinique.

Représentation d'un neurone. À l'extrémité, il est possible d'apercevoir les synapses.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Représentation d'un neurone. Dans l'alzheimer, les plaques séniles compriment les neurones.

Photo : iStockphoto

Il a ensuite partagé ses observations avec ses collègues de l'UdM.

Nous nous sommes rendu compte que dans son cerveau il y avait de l'activité cérébrale, méconnue jusqu'alors.

Florin Amzica, Faculté de médecine dentaire de l'UdeM

L'équipe du Pr Amzica, qui a dirigé l'étude, a alors pris la décision de recréer l'état de ce patient chez le chat, un modèle animal établi pour la recherche en neurologie.

Des félins ont donc été plongés dans un coma extrêmement profond, mais complètement réversible, au-delà de la ligne isoélectrique plate correspondante au silence de la partie maîtresse du cerveau, le cortex.

Résultat : les chercheurs ont observé de l'activité cérébrale chez 100 % des chats en état de coma profond, sous la forme d'oscillations engendrées dans l'hippocampe, la partie du cerveau responsable de la mémoire et des processus d'apprentissage.

Ces oscillations, inconnues jusqu'à aujourd'hui, se répercutaient jusque dans le cortex.

Les chercheurs pensent que l'onde encéphalographique observée, baptisée complexes Nu, était la même que celle observée dans le cerveau du patient humain.

Un important potentiel thérapeutique

Cette forme de coma très profond aurait un potentiel thérapeutique important, pensent les auteurs de ces travaux publiés dans la revue PLOS ONE.

Actuellement, à la suite d'un traumatisme important, certains patients sont dans un état si grave que les médecins les plongent volontairement dans un coma artificiel afin de protéger le corps et le cerveau pour qu'ils puissent récupérer.

Le Dr Amzica pense que le coma très profond expérimenté sur les chats pourrait s'avérer plus protecteur encore.

En effet, un organe ou un muscle qui demeure longtemps inactif finit par s'atrophier avec le temps. Il est plausible de penser qu'il en est de même pour le cerveau gardé longtemps dans un état qui correspond à l'électroencéphalogramme plat. Un cerveau inactif, au sortir d'un coma prolongé, serait peut-être en moins bon état qu'un cerveau ayant eu un minimum d'activité.

Dr Amzica

D'autres travaux doivent être menés afin de vérifier l'effet d'un tel coma profond pendant lequel l'hippocampe est actif, affirment les chercheurs. Selon le Dr Daniel Kroeger, cette nouvelle connaissance apporte la preuve que le cerveau est capable, si l'intégrité des structures nerveuses est préservée, de survivre à un stade extrêmement profond de coma.

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Science