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Des mains du sud pour les bleuets du nord 

Agustin, Isaias, Norberto, Jaime, Hugo et Martin, des travailleurs du Mexique

Agustin, Isaias, Norberto, Jaime, Hugo et Martin, des travailleurs du Mexique

Photo : Diana Gonzalez

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le nombre de travailleurs étrangers temporaires croît dans la région de Sept-Îles. Même si le recours à la main-d'œuvre immigrante existe depuis plus de 20 ans au Québec, il s'agit d'un phénomène nouveau voire marginal sur la Côte-Nord.

Dans les champs de Gallix, le nombre de travailleurs mexicains a doublé cette année. Après les fraises et les framboises, ils sont actuellement moins d'une dizaine à cueillir un petit fruit qui leur était jusqu'à tout récemment inconnu : le bleuet.

Jaime Rios Romero, un père de 24 ans, en est à sa deuxième expérience en sol canadien dans le cadre du Programme des travailleurs agricoles saisonniers. « Ça me fait vraiment de la peine de quitter ma famille, parce qu'ici on vient seul. La famille, c'est la famille », raconte-t-il dans sa langue maternelle, l'espagnol.

Un salaire alléchant

C'est d'abord le salaire qui attire les travailleurs étrangers au Québec. Ils gagnent en moyenne cinq fois plus qu'au Mexique pour une journée de dix heures au salaire minimum.

Des travailleurs mexicains dans les champsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des travailleurs mexicains dans les champs

« La paie n'est pas la même. On gagne plus en travaillant ici que là-bas. On s'épuise plus au Mexique qu'ici, mais c'est aussi intense », fait remarquer Jaime Rios Romero, qui cultive le maïs au Mexique.

Pour le propriétaire de Fruits Nordco-Bleuetière, Jean-Claude Picard, cette main-d'œuvre est précieuse pour son entreprise. « On a des cueilleurs efficaces et intéressants. Ça nous dit que l'avenir va être bon pour le bleuet de la Côte-Nord », souligne-t-il.

Dans les restos

La chaîne de restauration rapide McDonalds embauche des Philippins depuis 2010 à Sept-Îles. Un autre restaurant a décidé d'emboîter le pas. Faute de personnel, la gérante a dû réduire les heures d'ouverture de son commerce quelques semaines. L'embauche de travailleurs philippins lui a permis de reprendre toutes ses activités.

Avant de recruter à l'étranger, les employeurs doivent prouver que le poste qu'il souhaite offrir aux travailleurs étrangers ne peut être comblé au pays.

Ils s'engagent également à leur fournir un logement et à leur verser un salaire égal à celui des travailleurs canadiens qui exercent le même type de métier.

Ce n'est pas remplacé quelqu'un, c'était un vide qui n'était pas possible de remplir. 

Une citation de :Jean-Claude Picard, propriétaire de Fruits Nordco-Bleuetière

Le recrutement à l'étranger pourrait être une solution aux besoins de main-d'œuvre spécialisée dans la transformation du minerai.

« Il y a beaucoup d'efforts de recrutement qui sont faits. On est surtout contre ce qu'on appelle le fameux fly-in fly out. Est-ce qu'on privilégie l'immigration plutôt que de voir ces emplois-là très temporaires ici avec peu de retombées pour notre communauté? », se questionne le président de Développement économique Sept-Îles, Luc Dion.

Bonjour, buenos dias

La maîtrise de la langue française pour ces nouveaux travailleurs sur la Côte-Nord ne semble pas être un frein à leur embauche.

« Le patron ne parle pas espagnol. On se comprend très peu. Le français est la langue qu'on parle ici. On va l'apprendre peu à peu », affirme Martin Mendez Lopez, un travailleur agricole mexicain.

D'après Jean-Claude Picard, les efforts doivent être faits de part et d'autre. « On se dit hola et buenos dias, facilement. Mercado quand on va au magasin. Puis quoi encore? », lance-t-il.

Au Québec, 8500 travailleurs saisonniers du Mexique et du Guatemala ont été embauchés en 2013.

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