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Armes chimiques en Syrie : Washington et Moscou se serrent la main

John Kerry et Sergueï Lavrov

Photo : AFP / LARRY DOWNING

Radio-Canada

Les États-Unis et la Russie ont convenu d'un calendrier sur la façon dont la Syrie devrait éliminer son arsenal chimique et, dans le cas d'un refus, une résolution du Conseil de sécurité pourrait autoriser des représailles.

C'est ce qu'a annoncé le secrétaire d'État américain, John Kerry, samedi, à Genève, en Suisse, où se tenaient des négociations en présence du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Ils exigent que la Syrie présente d'ici une semaine la liste de ses armes chimiques et que celles-ci soient détruites avant le milieu de 2014. Si le régime de Bachar Al-Assad refuse de démanteler son arsenal d'armes chimiques, le Conseil de sécurité des Nations unies pourrait adopter des sanctions contre la Syrie.

John Kerry affirme que des inspecteurs de l'ONU seront dépêchés en Syrie au plus tard avant le mois de novembre.

« Toute violation des procédures [de la part de la Syrie] ferait l'objet d'un examen par le Conseil de sécurité, et si elles étaient approuvées, le Conseil de sécurité prendrait les mesures requises, des mesures concrètes », a dit Sergueï Lavrov, à l'issue de la rencontre.

« Rien n'est dit à propos de l'utilisation de la force, ou de sanctions automatiques. Toutes les violations seraient examinées par le Conseil de sécurité », a ajouté M. Lavrov.

Le chef de la diplomatie américaine a lui aussi souligné que l'accord ne précisait pas la nature des mesures qui pourraient frapper le régime de Damas en cas de non-respect des décisions prises.

Toutefois, les États-Unis se réservent le droit de frapper seuls, avec leurs alliées, si le processus devait être bloqué au Conseil de sécurité de l'ONU, a dit John Kerry en conférence de presse.

Le président américain Barack Obama a salué l'entente, mais il a prévenu Bachar Al-Assad que « les États-Unis restent prêts à agir » en cas d'échec de la voie de la diplomatie. 

Les Nations unies ont confirmé avoir reçu samedi la demande formelle d'adhésion de la Syrie à la Convention de 1993 interdisant les armes chimiques, a annoncé une porte-parole de l'ONU. « La convention entrera en vigueur le 30e jour suivant le dépôt de la demande d'adhésion de la République arabe syrienne, soit le 14 octobre 2013 », a précisé la porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans un communiqué. 

L'Europe salue l'entente

La France a qualifié samedi cet accord d'« avancée importante » dans le dossier syrien, mais a dit attendre le rapport des inspecteurs de l'ONU lundi pour arrêter sa position. Paris s'était dite prête à frapper militairement avec les Américaines le régime de Damas pour le « punir » de l'attaque chimique du 21 août. 

De son côté, le Royaume-Uni se réjouit de l'accord conclu à Genève, tout en soulignant la nécessité de travailler d'urgence à sa mise en oeuvre. Berlin fait preuve du même optimiste. 

L'opposition syrienne rejette l'entente

Les rebelles syriens ont rejeté l'initiative russo-américaine et annoncé leur intention de continuer à se battre jusqu'à la chute du régime. 

Le chef de L'Armée syrienne libre, le général Selim Idris, estime que l'accord conclu à Genève n'aidera pas à résoudre la crise. Il le considère plutôt comme un coup porté à l'insurrection. 

Il accuse Bachar Al-Assad d'être en train de cacher ses armes chimiques, notamment au Liban et en Irak.

Le Canada réitère sa méfiance à l'égard du régime syrien

De son côté, le ministre canadien des Affaires étrangères John Baird, qui se trouvait en Turquie, a qualifié de « ridicule et absurde » l'offre de la Syrie, formulée cette semaine, de livrer des informations sur son arsenal chimique 30 jours après avoir signé la convention internationale interdisant de telles armes.

Il emboîte ainsi le pas aux États-Unis, qui avaient rejeté cette semaine ce délai de 30 jours proposé par Damas.

Selon M. Baird, le président syrien Bachar Al-Assad ne devrait pas pouvoir disposer de ce délai supplémentaire. « C'est un homme qui, il y a encore une semaine, niait qu'il possédait ce genre d'armes », a rappelé le ministre.

Le Canada et la Turquie avaient tous deux appelé à une réponse internationale forte à la suite de l'attaque du 21 août en banlieue de Damas.

Conflit syrien : onde de choc au Moyen-Orient
Avec les informations de Associated Press, et Reuters

International