•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Syrie : Russes et Américains divisés sur le recours à la menace de frappes militaires

Le Secrétaire d'État américain, John Kerry, est arrivé à Genève. Photo: AFP / PHILIPPE DESMAZES
Radio-Canada

Les chefs de la diplomatie russe et américaine ont poursuivi leurs tractations sur le démantèlement de l'arsenal syrien d'armes chimiques, jeudi à Genève, en Suisse. Pendant ce temps, l'ONU a annoncé avoir reçu des documents syriens selon lesquels le président Bachar Al-Assad a signé le decret législatif en vue de l'adhésion de la Syrie à la Convention sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC).

Les autorités syriennes se sont également engagées à respecter les obligations découlant de la Convention avant même son entrée en vigueur. Le régime avait annoncé auparavant qu'il commencerait à fournir des renseignements sur son arsenal chimique 30 jours après avoir apposé sa signature au bas de la CIAC. Damas tente ainsi d'éviter des frappes militaires contre son pays.  

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a toutefois rejeté ce délai de 30 jours proposé par Damas. Il a prévenu qu'il ne laisserait pas le régime syrien gagner du temps avec cette manœuvre. M. Kerry a averti que la menace de frappes militaires contre le régime syrien demeurait sur la table.

Le plan de démantèlement des armes chimiques syriennes avancé par les Russes se décline en quatre étapes selon le journal moscovite Kommersant.

  1. Dans un premier temps, la Syrie adhère à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC);
  2. Damas déclarerait alors la localisation de ses sites de production et de stockage d'armes chimiques;
  3. Autorise des inspecteurs de l'OIAC à se rendre sur place;
  4. La Syrie décide « avec les inspecteurs comment et par qui ces armes chimiques seront détruites ».

Pendant que le régime syrien s'agite en coulisse, son allié, la Russie, continue de négocier avec les États-Unis un retrait de la menace de frappes militaires. Les Russes insistent pour que cette menace soit retirée d'une éventuelle résolution du Conseil de sécurité de l'ONU balisant le processus menant à la destruction de l'arsenal d'armes chimiques de la Syrie.

Or, les Américains tiennent à ce qu'un recours à la force soit avalisé par le Conseil de sécurité dans l'éventualité où le régime Al-Assad manquerait à ses engagements envers le processus de démantèlement de son arsenal chimique. De leur côté, les Russes privilégient un retour devant le Conseil de sécurité dans un tel cas.

Quant au principal intéressé, le président Al-Assad, qui nie toute implication dans les attaques chimiques du 21 août dernier, il rejette le maintien de toute menace de frappes militaires contre son pays comme condition d'acceptation du plan russe de démantèlement de son arsenal chimique.

« Quand nous constaterons que les États-Unis souhaitent réellement la stabilité dans notre région, qu'ils cessent de menacer d'attaquer, et cessent de fournir des armes aux terroristes, alors nous estimerons que les processus nécessaires peuvent être finalisés », a déclaré le président syrien, selon l'agence de presse Interfax.

Conflit syrien : onde de choc au Moyen-Orient

International