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Les efforts internationaux

Radio-Canada

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) est une organisation internationale chargée de compiler des données fiables sur les changements climatiques provoqués par l'homme.

 

 

LES TRAVAUX DU GIEC

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) est une organisation internationale chargée de compiler des données fiables sur les changements climatiques provoqués par l'homme.

Il a été créé en 1988 par l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).

Des centaines de scientifiques évaluent les plus récentes connaissances dans les trois domaines suivants :

  •  le fonctionnement du climat
  •  les conséquences d'un changement climatique sur les êtres vivants et sur l'économie
  •  les émissions de gaz à effet de serre et les moyens de les réduire.

Le GIEC a déjà publié quatre rapports. Le cinquième est rendu public le 27 septembre 2013. L'influence de l'homme, encore objet de certains doutes lors de la publication du premier rapport en 1990, est maintenant pratiquement certaine. L'homme est « très certainement » la principale cause du changement climatique actuel, estiment les experts.

Illustration d'un globe terrestre et d'un thermomètre. Photo : iStockphoto

PRINCIPALES PRÉVISIONS DU GIEC

Températures à la surface

Le GIEC prévoit une augmentation significative des températures globales d'ici 2100, d'environ 2 °C à 5 °C, laquelle dépendra étroitement de nos rejets de gaz à effet de serre. Ces hausses varieront aussi selon les latitudes : elles seront probablement mineures près de l'équateur, mais devraient atteindre 10 °C dans les zones arctiques. Du jamais vu en aussi peu de temps!

Selon le GIEC, si nous voulons que la hausse de température ne dépasse pas 2 °C (une fois ce seuil franchi, le dérèglement climatique serait irréversible), nos émissions de gaz à effet de serre devront baisser d'au moins 4 % d'ici 2020. Et cette baisse devra être de près de 60 % d'ici 2050.

Ceci suppose donc des efforts importants de la part de toutes les nations, beaucoup plus importants que ceux déjà consentis depuis la signature du protocole de Kyoto.
État de santé des océans

Depuis 1971, les océans se réchauffent de plus de 0,1 °C par décennie (1 °C par siècle). Ça peut paraître mineur, mais cela a des conséquences dévastatrices sur les populations marines. Les espèces aquatiques sont la plupart du temps beaucoup plus sensibles aux changements de températures que les organismes terrestres.

Acidification des océans

Les océans s'acidifient également de façon importante en raison du gaz carbonique et du dioxyde de soufre excédentaires qu'ils captent. Au contact de l'eau, ces gaz se transforment en composés chimiques aux propriétés acidifiantes.

Depuis le début de la révolution industrielle, l'acidité des océans a ainsi grimpé d'environ 30 %, jusqu'à des niveaux jamais atteints depuis 300 millions d'années. Les océans du globe pourraient même devenir deux fois plus acides d'ici la fin du siècle! Si ce scénario se concrétise, les conséquences sur les animaux aquatiques à structures carbonatées (coraux et phytoplancton notamment) seront catastrophiques, affectant la base de la chaîne alimentaire océanique.

Niveau des océans Photo : iStockphoto

Niveau de la mer

La hausse du niveau de la mer est principalement causée par deux facteurs: l'expansion thermique de l'eau (une eau plus chaude prend plus de volume) et la fonte de presque tous les glaciers terrestres du monde. Dans le dernier rapport du GIEC, un autre coupable, jugé mineur auparavant, apparaît : la fonte du Groenland et de l'Antarctique, qu'on croyait jusqu'à récemment immuables.

Depuis le milieu des années 90, la hausse observée du niveau des mers est d'environ 3 mm/an. À cette vitesse, le niveau marin pourrait monter d'environ 90 cm d'ici 2100! Certains scientifiques vont même jusqu'à évoquer une hausse probable du niveau marin de plus d'un mètre d'ici la fin du siècle si la déglaciation du Groenland continue de s'accélérer.

Une hausse du niveau de la mer de cette ampleur suppose l'adaptation de plusieurs centaines de millions de personnes provenant de certaines des plus grandes villes du monde : New York, Londres, Shanghai, Sydney ou Miami, par exemple. Pour une hausse moyenne d'un mètre, on estime que plus de 10 % de la population mondiale devra prendre des mesures pour lutter contre la montée des eaux! Si la tendance se maintient, ces inondations pourraient aussi coûter jusqu'à 1000 milliards de dollars par an pour l'ensemble des 136 plus grandes villes côtières de la planète d'ici 2050.

La banquise

Fonte de la calotte glaciaire au Groenland à l'été 2012Fonte de la calotte glaciaire au Groenland à l'été 2012 Photo : NASA

Depuis le début des relevés satellitaires en 1978, la superficie de la banquise arctique diminue d'environ 2,7 % par décennie. En été, cette diminution par rapport à la moyenne des années 70 est encore plus importante, soit environ 4 % par décennie. Idem pour l'ensemble des grands glaciers terrestres, dont la fonte est en constante accélération.

À la mi-septembre 2012, l'étendue de la banquise arctique est passée sous la barre des 3,5 millions de kilomètres carrés. Il s'agit d'une réduction de 49 % par rapport à l'étendue moyenne de la banquise à cette saison de l'année pour la période 1979-2000. Et si on tient compte de l'épaisseur de la banquise, on parle alors d'une perte de 82 % de la banquise depuis 1979.

À cette vitesse, le passage du Nord-Ouest devrait être entièrement libre de glace en été à partir d'environ 2040... plus de 50 ans plus tôt que les prévisions des chercheurs dans les années 1990! D'ici 2020, il se pourrait même que la banquise tout entière disparaisse complètement quelques jours durant l'été, du jamais vu depuis au moins 2,7 millions d'années.

Consultez les rapports du GIEC (Nouvelle fenêtre)

LE PROTOCOLE DE KYOTO

Le protocole de Kyoto est encore aujourd'hui le seul accord international contraignant en lien avec les gaz à effet de serre. Il visait initialement à réduire, entre 2008 et 2012, les émissions de gaz à effet de serre des principaux pollueurs mondiaux d'au moins 5 % par rapport aux niveaux de 1990. Signé en 1997, il est entré en vigueur le 16 février 2005. Aujourd'hui, 192 États en sont parties prenantes.

Ce protocole vise six gaz à effet de serre reconnus comme étant ceux qui contribuent le plus au récent réchauffement climatique :

  • le gaz carbonique (CO2)
  • le méthane (CH4)
  • l'oxyde nitreux (N2O)
  • l'hexafluorure de soufre (SF6)
  • les hydrofluorocarbures (HFC)
  • les perfluorocarbures (PFC)

En marge de cet accord, chaque pays s'est vu fixer une cible de réduction d'émissions en fonction de ses activités polluantes et de son statut économique. Le Canada, par exemple, se devait de réduire de 6 % ses émissions de gaz carbonique sous le seuil de 1990, entre 2008 et 2012. Or, en 2012, lorsqu'Ottawa a décidé de se retirer du protocole de Kyoto, ses émissions dépassaient par près de 30 % le niveau de 1990.

L'autre problème, c'est que les pays soumis à l'actuel protocole de Kyoto ne représentent plus qu'environ le cinquième des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Les États-Unis et la Chine, principaux émetteurs mondiaux, n'ont quant à eux jamais ratifié le protocole. D'où la nécessité d'élargir celui-ci dans sa 2e version, qui devrait voir le jour autour de 2015.

Quels sont les résultats?

Les pays d'Europe ont dans l'ensemble respecté leurs engagements quant au gaz carbonique, avec comme chef de file l'Allemagne (diminution de 21 % entre 1990 et 2009) et le Royaume-Uni (diminution de 15,2 %).

Ceux de l'ex-URSS ont quant à eux tous respecté leurs engagements, une situation qui s'explique cependant beaucoup plus par l'effondrement de leur industrie lourde que par leurs efforts pour réduire leurs émissions.

Enfin, de nombreux pays ont augmenté significativement leurs émissions, comme l'Australie et le Canada.

Somme toute, 16 des 35 plus importants pays signataires ont respecté leurs engagements.

Fait à noter : l'absence de certains grands émetteurs de gaz à effet de serre et la hausse marquée des émissions dans certains pays, dont le Canada, ont contribué à la hausse de plus de 40 % des émissions de CO2 dans le monde depuis 1990.