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« Je suis prête à changer de province »

Femme voilée

Femme voilée

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le projet de charte des valeurs québécoises place des milliers de Québécois devant un choix difficile. Ceux qui portent des signes religieux ostentatoires dans la fonction publique ou parapublique (institutions d'enseignement, centres de santé, CPE, etc) pourraient voir leur emploi menacé s'ils refusent de se plier à la charte. Nassima (nom fictif), qui travaille dans un hôpital de la région de Montréal, a déjà fait son choix.

Un reportage de Thomas Gerbet (Nouvelle fenêtre)

« Je suis prête à n'importe quoi, mais je n'enlèverai pas mon voile, ça c'est clair et précis » lance la femme musulmane de 36 ans. Les cheveux cachés par un foulard coloré qui retombe sur son sarrau blanc, Nassima nous reçoit dans un petit bureau isolé du laboratoire hospitalier où elle travaille comme technicienne. Elle ne veut pas que ses collègues connaissent son opinion sur la charte des valeurs québécoises.

Elle affirme que personne ne lui impose le port du voile, que c'est son choix personnel. « Si je l'enlevais, c'est comme si je délaissais la prière. Je ferais quelque chose de pas correct. ». Elle reconnaît en revanche que des femmes plus hésitantes quant au port du voile pourraient profiter de la nouvelle mesure, si elle est adoptée, pour retirer leur foulard.

« Personne ne me fera délaisser ma religion. [...] J'irai en Ontario. Là-bas, il n'y a pas de problème »

— Une citation de  Nassima, technicienne de laboratoire dans un hôpital

« Malgré que je suis née ici [au Québec], que j'ai tout le temps vécu ici, je suis prête à changer de province ». Nassima veut conserver la profession qu'elle a toujours exercée. Bien sûr, son hôpital pourrait demander une exemption, et la charte n'est pas encore votée à l'Assemblée nationale. Mais Nassima envisage déjà de partir travailler en Ontario. « Il y a une communauté libanaise assez grosse à Toronto ou à Ottawa. Ça m'offre une porte de sortie ».

Nassima ne travaille jamais au contact de la clientèle. Dans son laboratoire, il n'y a que ses collègues qui voient son hijab. Elle ne comprend donc pas en quoi elle pourrait refléter la neutralité de l'État. « Au lieu d'une société qui avance, comme dans le milieu de la santé, où il y a plein de problèmes, on va toujours chercher les petites affaires »

La technicienne de laboratoire est persuadée que la charte ne sera pas appliquée telle quelle. Quand Nassima était à l'école secondaire, on lui a demandé de retirer son voile pour la photo de classe. Elle a alors refusé d'apparaître sur la photo et la direction de l'école a fait marche arrière.

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