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  • Exclusif
  • Des signalements ignorés au sujet de Brian Sinclair, montre un rapport

    Brian Sinclair est mort à l'âge de 45 ans après avoir attendu 34 heures à l'urgence du Centre des sciences de la santé de Winnipeg, en septembre 2008.

    Brian Sinclair est mort à l'âge de 45 ans après avoir attendu 34 heures à l'urgence du Centre des sciences de la santé de Winnipeg, en septembre 2008.

    Photo : Photo de famille

    Radio-Canada

    Un rapport confidentiel des autorités médicales de Winnipeg sur la mort d'un homme laissé 34 heures sans traitement en salle d'urgence montre que le personnel de l'hôpital a « ignoré » quatre signalements au sujet de l'état du malheureux.

    Radio-Canada a obtenu copie d'un rapport tenu secret et rédigé par l'Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW) concernant la mort de Brian Sinclair, le 21 septembre 2008, dans la salle d'attente des urgences du Centre des sciences de la santé de Winnipeg (HSC).

    Le rapport du comité sur les incidents graves de l'ORSW est daté du 7 novembre 2008. Seuls le ministre de la Santé et une poignée d'autres personnes ont pu le voir. Même la commission d'enquête sur la mort de Brian Sinclair n'y a pas eu accès.

    Le rapport révèle que « des préoccupations du public ont été exprimées à un agent de sécurité, à une auxiliaire au triage, à une infirmière au triage et à une infirmière junior », mais qu'au final, personne n'est allé évaluer l'état de M. Sinclair.

    Tous ont répondu qu'ils étaient trop occupés pour l'instant, mais iraient le voir plus tard, ou l'ont confondu avec un autre patient et étaient certains qu'il n'y avait rien à signaler, ou ont expliqué qu'il ne cherchait qu'à s'abriter.

    Extrait du rapport du 7 novembre 2008 du comité de révision des incidents graves de l'Office régional de la santé de Winnipeg

    « Zone de guerre »

    Le rapport indique que le public n'est pas perçu comme une source d'information utile par l'équipe responsable du triage, mais au contraire comme une source de dérangement ou même de risques.

    Par ailleurs le personnel du HSC décrit la salle d'attente comme une « zone de guerre ». Un employé interrogé par le comité confie se sentir « constamment attaqué » et avoir « des cauchemars récurrents où je lève les yeux de mon bureau pour me retrouver devant le canon d'une arme ».

    Ce qui fait réagir un professeur en éthique à l'Université du Manitoba, Arthur Schafer. « Comment est-il possible que les conditions dans la salle d'urgence soient décrites comme une zone de guerre et que rien n'ait été fait à ce sujet? C'est une question très inquiétante », dit-il.

    Brian Sinclair dans la salle d'attente de l'urgence du Centre des sciences de la santéAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

    Brian Sinclair dans la salle d'attente de l'urgence du Centre des sciences de la santé

    Photo : (enquête publique sur la mort de Brian Sinclair)

    L'avocat de la famille réclame

    La vidéo de surveillance des urgences ainsi que le rapport montrent que M. Sinclair a parlé à une auxiliaire au triage à son arrivée.

    La vidéo montre l'auxiliaire en train de noter quelque chose, mais l'information exacte est un mystère. « Pour une raison inconnue, l'information rudimentaire sur M. Sinclair n'a pas été communiquée à l'infirmière du triage », expose le rapport.

    Celui-ci ajoute même qu'il est déjà arrivé qu'un patient dans la salle d'attente ne soit pas mis sur la liste ou qu’un patient sur la liste soit biffé par erreur comme ayant été passé au triage. « Ne pas avoir inscrit M. Sinclair au triage est un manquement [...] qui, une fois qu'il se produit, mène à un résultat prévisible », conclut le comité.

    Cette conclusion stupéfait l'avocat de la famille, Vilko Zbogar. Il affirme que cela n'est qu'un des éléments du rapport qu'il ignorait. Ces détails devraient être déposés en preuve à l'enquête publique, selon lui.

    « Ils savaient l'existence d'un problème et le fait de l'avoir laissé persister, c'est ce qui a tué Brian Sinclair. Cela nous montre non seulement de la négligence, mais de la témérité », clame l'avocat.

    Dans une déclaration transmise à Radio-Canada, l'ORSW stipule qu'il ne peut confirmer ou nier le contenu du rapport de son comité, car le document est protégé par la loi.

    Toutefois il rappelle que son avocat a admis, dès l'ouverture de l'enquête publique, que l'ORSW, incluant ses employés, ont collectivement failli à leurs engagements envers M. Sinclair.

    Manitoba

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