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Intégrer ces enfants qui ne parlent pas français à la DSFM

Une affiche de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM), apposée sur un mur extérieur de l'école élémentaire Précieux-Sang, dans le quartier Saint-Boniface de Winnipeg Photo: Ralph-Bonet Sanon
Radio-Canada

Près de 500 élèves entrent à la maternelle mercredi à la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM). Pourtant, ces nouveaux élèves ne maîtrisent pas tous le français, une réalité avec laquelle la DSFM doit composer.

Certains proviennent d'une famille exogame où l'on parle le français et l'anglais. D'autres sont des enfants de parents non-ayants droit qui ont obtenu une dérogation pour envoyer leurs enfants étudier en français.

Une mère relate comment elle a remarqué la présence inattendue de l'anglais dans un système justement destiné à l'enseignement en français.

« Moi, quand j'étais à l'École Taché, la pire des choses qu'on pouvait faire, c'était parler anglais », se souvient Lisbeth Savard. Celle-ci a compris que ce n'était plus le cas quand son fils, qui venait d'entrer en maternelle, s'est adressé à une amie en anglais.

Je me suis un peu demandé : "comment ça se fait que mon fils parle en anglais à un autre enfant ?" et "d'où ça sortait, c't'anglais-là, aussi?"

Lisbeth Savard, mère d'un élève de la Division scolaire franco-manitobaine

Hausser l'inscription

En 2009, la DSFM a tenu des consultations sur les services destinés aux familles exogames.

Une commissaire actuelle, Suzie Lemoine, était de ceux qui reconnaissaient le besoin d'attirer plus d'élèves, mais qui demandaient si cela devait se faire au détriment des familles francophones et de l'enseignement du français.

Maintenant qu'elle siège à la Commission scolaire franco-manitobaine, l'organe décisionnel de la DSFM, Mme Lemoine assure que cette préoccupation l'habite toujours, même si elle dit mieux comprendre la complexité des défis.

[Il y a une] distinction importante à faire entre l'éducation en français et l'enseignement du français [...] Il faut être excessivement diligent dans la distribution des ressources par rapport à la francisation.

Suzie Lemoine, membre de la Commission scolaire franco-manitobaine

Quant au non-ayants droit, à savoir si la DSFM doit les prendre sous son aile ou si d'autres options comme les écoles d'immersion sont plus appropriées, le directeur général Denis Ferré explique que « cette question-là est confiée à un comité d'admission local » dans chaque école.

Pour faire leurs choix, ces comités se basent sur sept critères incluant une évaluation des compétences linguistiques et académiques, ainsi qu'un engagement des parents à offrir à leurs enfants des ressources pédagogiques françaises à l'extérieur de l'école.

Les moyens pour intégrer

Pour favoriser l'intégration des enfants qui maîtrisent moins bien le français, la DSFM mise sur des services à la petite enfance comme son projet-pilote de prématernelle à temps plein qui débutera dans deux écoles en janvier 2014.

L'initiative est prometteuse, selon la chercheuse et professeure à l'Université du Manitoba Mariette Chartier, car « le temps idéal pour comprendre et apprendre une langue, c'est la petite enfance, entre 0 et 3 ans ».

Les enseignants en maternelle peuvent aussi compter sur quelques ressources supplémentaires dont des auxiliaires pour les activités de francisation.

D'après un reportage de Kim Roy-Grenier

Manitoba

Éducation