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Pipeline d'Enbridge : les inquiétudes persistent

Radio-Canada

Alors que la Direction de la santé publique de Montréal dit n'avoir aucune donnée pour évaluer les risques reliés au projet d'inversion du flux d'un tronçon d'un pipeline d'Enbridge entre North Westover, en Ontario, et la métropole québécoise, des maires de la région montréalaise pressent l'Office national de l'énergie (ONE) de fournir plus d'information.

La ville de Sainte-Anne-des-Plaines, au nord de la métropole, est traversée depuis 40 ans par le pipeline de la compagnie qui veut acheminer le pétrole des sables bitumineux albertains vers l'est du pays.

Le maire Guy Charbonneau veut obtenir l'assurance que le projet d'Enbridge ne mettra pas en péril la sécurité de ses concitoyens et de son réseau d'aqueduc.

Il faut protéger [les citoyens]. J'ai un devoir, on l'a vu avec Mme [Colette Roy-Laroche] à Lac-Mégantic, le premier responsable, c'est moi.

Guy Charbonneau, maire de Sainte-Anne-des-Plaines

Il qualifie également de « préoccupant » le fait que la valve d'interruption la plus proche est située à des kilomètres plus à l'ouest et qu'elle n'est pas déneigée pendant l'hiver.

Le pipeline numéro 9 traverse le sud de l'Ontario. Il entre au Québec par Rigaud et traverse la rivière des Outaouais, pour se rendre jusqu'à Montréal en passant par Mirabel, Sainte-Anne-des-Plaines et Terrebonne.

La compagnie assure que l'oléoduc est sécuritaire à plus de 99 %, mais la Direction de la santé publique de Montréal n'a obtenu aucune étude indépendante pour le prouver.

Le Dr Louis Drouin reproche d'ailleurs à l'ONE, l'organisme fédéral responsable du dossier, de ne fournir aucune information pertinente.

Ce qu'on a reçu, ce sont des généralités. On n'a aucune mesure détaillée pour évaluer les risques et établir un plan de mesures d'urgence.

Dr Louis Drouin, de la Direction de la santé publique de Montréal

Au début du mois, un expert américain en sécurité d'oléoducs avait déposé une étude devant l'ONE qui énumérait une série de problèmes multipliant les risques éventuels de rupture du pipeline si le projet d'Enbridge devait aller de l'avant.

La carte du pipeline reliant Sarnia à Montréal

Entre économie et sécurité

La première ministre Pauline Marois estime quant à elle que le projet comporte des avantages économiques pour le Québec, surtout pour les raffineries de l'est de Montréal.

C'est l'approvisionnement de nos raffineries à un prix meilleur que celui que nous payons pour du pétrole qui vient de l'Algérie, de l'Europe du Nord ou d'autres endroits.

Pauline Marois, première ministre du Québec

Le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, a salué le fait que Mme Marois souligne les avantages du projet.

« Elle fait preuve de leadership. On sait qu'il y a des militants du Parti québécois qui s'inquiètent. C'est de la bonne gouvernance. C'est bon pour Montréal d'avoir un accès sécurisé au pétrole canadien », a-t-il indiqué.

Pauline Marois souhaite toutefois être rassurée en ce qui a trait à la sécurité. « Ce qui est sûr, c'est qu'on ne soutiendra pas un tel projet si ça ne respecte pas certaines conditions », a-t-elle déclaré jeudi, à la conclusion du caucus du Parti québécois à Carleton-sur-Mer, en Gaspésie.

La chef péquiste a aussi réitéré qu'avant de voir le jour, le projet d'Enbridge fera l'objet de consultations qui, selon elle, devraient s'amorcer au mois de septembre.

Ce projet-là, je veux qu'on l'évalue sous deux angles en particulier : est-ce qu'il y a des avantages pour le Québec? Les risques sont-ils trop grands par rapport aux avantages que nous en tirons?

Pauline Marois, première ministre du Québec

Les propos de Mme Marois ne rassurent pas le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin, qui souligne que le gouvernement péquiste semblait déjà favorable au projet d'Enbridge et que peu de détails avaient été fournis quant au déroulement des consultations.

« On nous l'annonce depuis le mois de décembre dernier. Ils [le gouvernement] feraient une forme d'évaluation. Aux dernières nouvelles, ils n'ont pas précisé le type d'évaluation, de même que son mandat », a-t-il tenu à rappeler.

La décision revient néanmoins au gouvernement fédéral. L'Office national de l'énergie (ONE) tiendra d'ailleurs des audiences publiques en octobre prochain.

Avec les informations de La Presse canadienne

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