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Le ministre Bernard Drainville à Carleton

Radio-Canada

Tandis que le débat se corse sur le projet de charte des valeurs québécoises, le gouvernement de Pauline Marois devrait faire connaître officiellement ses propositions le lundi 9 septembre prochain, une semaine avant la rentrée parlementaire, ont confirmé des sources à Radio-Canada.

Jeudi, le ministre responsable du projet de charte des valeurs québécoises, Bernard Drainville, s'en prend à la façon avec laquelle le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, s'immisce dans le débat en faisant référence à la charte des valeurs québécoises lors d'un discours pour rappeler la lutte à la ségrégation américaine.

« M. Trudeau devrait prendre acte du fait que ce débat se fasse dans le respect de toutes les opinions. [...] Je l'invite à contribuer au débat plutôt que de l'abaisser », a déclaré le ministre Drainville à l'entrée du caucus du Parti québécois à Carleton-sur-Mer.

Qualifiant les propos de M. Trudeau d'irrespectueux, la première ministre Pauline Marois a réitéré l'objectif du projet de charte des valeurs. « Nous voulons clarifier le fait que l'État doit rester neutre et que la religion est une question personnelle », a-t-elle dit.

Dans un discours prononcé mercredi à l'Île-du-Prince-Édouard en marge du caucus de son parti, M. Trudeau a dénoncé le projet du gouvernement québécois de Pauline Marois, alors qu'il soulignait le 50e anniversaire du discours de Martin Luther King, « I have a dream ».

M. Trudeau a rendu hommage au combat de Martin Luther King dans ces mots : « Ces jours-ci, quand on réfléchit au 50e anniversaire de ce discours magnifique du Dr King, qui refusait la ségrégation, qui refusait la discrimination, qui refusait de permettre de croire qu'il y avait des citoyens de seconde classe, on voit malheureusement que même aujourd'hui, quand on parle, par exemple, de cette idée de charte des valeurs québécoises, qu'il y en a encore qui croient qu'il faut choisir entre sa religion et son identité québécoise, qu'il y a des gens qui sont forcés par l'État québécois de faire des choix irresponsables et inconcevables ».

Trudeau précise sa pensée

Au lendemain de son discours, le chef libéral s'est défendu de comparer la charte du PQ à la ségrégation. « Il n'y a aucun parallèle entre la ségrégation et la charte québécoise. Le parallèle est dans la lutte pour l'ouverture et le respect et l'acceptation de chacun », a-t-il précisé en point de presse.

Le député libéral Stéphane Dion a tenté lui aussi de clarifier la position de son chef, arguant que « les principes sont les mêmes, soit les principes de tolérance et de respect de la diversité ».

« On ne doit pas demander au gouvernement de régir les comportements des citoyens à moins de raisons valables. Et dans le cas du Parti québécois, sa lutte contre les signes religieux pour les fonctionnaires, il n'y a pas de raisons valables », a affirmé l'ancien chef du PLC.

La charte des valeurs, un débat de société

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a également été amené à se prononcer sur le sujet. Tout en rappelant qu’il examinera « la proposition » lorsqu’il l’aura vue, M. Harper a déclaré que son gouvernement s'assurerait « que les droits de tous les Canadiens, les droits fondamentaux, soient protégés ».

Le ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée, estime pour sa part que les Québécois sont jugés sévèrement par le reste du Canada et invite les partis à « respecter » le point de vue de l'autre. « De dire qu'on n'a pas le droit, nous, d'avoir cette discussion, c'est un peu excessif [...] Je respecte la position [de M. Trudeau], c'est une réponse possible, mais ce n'est pas la seule possible. Si les Québécois veulent donner une autre réponse, ils ont le droit de le faire » affirme-t-il.

De son côté, le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, a réitéré jeudi la position déjà exprimée par sa formation, soit que la seule interdiction serait d'avoir le visage caché. Pour le reste, le PLQ croit, comme le gouvernement précédent de Jean Charest, qu'il n'est pas souhaitable d'interdire à quiconque de porter des signes religieux, qu'il s'agisse d'employés de l'État, voire de figures d'autorité comme les juges ou les policiers.

La Coalition avenir Québec se place quant à elle à mi-chemin, en souhaitant que l'interdiction des signes religieux soit limitée aux personnes en position d'autorité, mais qu'elle ne soit pas étendue à tous les employés de l'État. « M. Couillard ne veut pas défendre les Québécois, car il veut maintenir les appuis d'une certaine clientèle ou de certains députés dans son caucus », a réagi jeudi le chef de la CAQ, François Legault.

Il semble par ailleurs que le gouvernement Marois ne mènera pas de front deux chantiers identitaires et que celui ouvert en décembre dernier avec le dépôt du projet de loi 14 sur la langue pourrait mourir au feuilleton, selon ce qu'a déclaré la première ministre, jeudi.

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