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Raymond Bachand quitte la vie politique

Rencontre avec Raymond Bachand

Claude s’entretient avec le député Raymond Bachand, aspirant à la direction du Parti libéral du Québec.

Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'ancien ministre des Finances du Québec Raymond Bachand quittera ses fonctions avant la reprise des travaux parlementaires de l'automne. Il a précisé qu'il empochera l'indemnité de départ allouée aux députés démissionnaires.

« Il est temps de passer à autre chose », a expliqué celui qui a défendu le principe de la « juste part » au sein du gouvernement de Jean Charest. « Ça fait huit ans que je fais ce métier-là. Je ne suis pas un politicien de carrière. Je sens le besoin de changer. C'est un métier exigeant. » Ému, M. Bachand a mentionné que son seul regret était d'avoir manqué de temps avec sa famille.

« Ça fait partie de la rémunération », a déclaré M. Bachand pour expliquer son intention de toucher l'indemnité de départ. Il précise qu'il avait accepté de renoncer à une certaine rémunération en se lançant en politique. L'indemnité de départ fait partie des conditions salariales des députés, selon lui.

De plus, il souligne que certains emplois lui seront interdits pour une certaine période en raison de son implication à titre de ministre des Finances. Il croit que le comité de sages qui examinera les salaires des députés pourrait décider d'éliminer certains aspects de la rémunération. Mais il estime que ces mesures ne sauraient s'avérer rétroactives.

Il note que plusieurs membres du Parti québécois ont pris cette indemnité de départ, tout comme le chef de la Coalition avenir Québec et ancien ministre péquiste, François Legault, l'a déjà fait.

Le débat sur les indemnités de départ des députés qui quittent leurs fonctions avant la fin de leur mandat se retrouve dans l'actualité chaque fois que l'un d'entre eux démissionne. Le dernier est Emmanuel Dubourg, qui, au début août, a été critiqué pour avoir touché cette indemnité.

M. Dubourg a démissionné de son poste de député libéral de Viau pour tenter sa chance sur la scène fédérale lors de l'élection partielle dans la circonscription de Bourassa, vacante depuis le départ de Denis Coderre, maintenant candiat à la mairie de Montréal.

Âgé de 65 ans, M. Bachand n'est pas pour autant prêt pour la retraite. En ce sens, il a toujours soutenu vouloir imiter son père, qui a travaillé passé l'âge de 80 ans. Il pourrait retourner dans le secteur privé, où il a notamment occupé les postes de vice-président de Metro-Richelieu et de PDG du Fonds de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Le principal intéressé précise toutefois ne pas avoir reçu d'offre.

La course à la direction

M. Bachand soutient que sa défaite, en mars dernier, lors de la course à la direction du Parti libéral du Québec n'est pas à l'origine de son départ. Il décrit son expérience comme une occasion extraordinaire. « Je m'en serais voulu toute ma vie si j'étais passé à côté de ce privilège », a-t-il commenté.

La course à la direction a fini par porter Philippe Couillard à la tête du parti et M. Bachand a terminé troisième (19,5 %) derrière M. Couillard (58,5 %) et Pierre Moreau (22 %). Il affirme qu'il ne subsiste aucune divergence entre lui et M. Couillard.

Remontant le cours du temps, M. Bachand a rappelé quelques réalisations au cours de sa carrière politique :

  • La victoire du Québec en Cour suprême relativement à la juridiction du Québec en matière de valeurs mobilières;
  • L'entente avec le gouvernement canadien sur l'harmonisation de la taxe de vente;
  • La mise sur pied du programme Renfort pour soutenir les entreprises à la suite de la crise financière de 2008.

« Il a joué un rôle majeur dans l'élaboration de politiques gouvernementales qui ont permis au Québec de traverser la pire crise financière du siècle », a commenté l'actuel chef du PLQ, Philippe Couillard. « M. Bachand possède de grandes qualités humaines qui font de lui un homme de coeur, d'actions et de résultats. »

Pour l'ex-premier ministre du Québec Jean Charest, le départ de M. Bachand constitue une « lourde perte pour le Québec ». « [Il] a été un ministre des Finances remarquable. On n'a qu'à se rappeler qu'il a été aux commandes pendant la pire crise financière et économique de notre histoire récente, et le Québec s'en est mieux sorti que partout ailleurs », fait-il remarquer.

Malgré la défaite de son parti aux dernières élections, M. Bachand avait été réélu dans sa circonscription.

Raymond Bachand quitte la vie politique : les commentaires de Jean Charest

Une oeuvre inachevée

M. Bachand trouvait son nouveau rôle de député de l'opposition difficile, selon son entourage, qui estime qu'il était un homme de décision et de pouvoir. Sa troisième place dans la course à la direction du PLQ l'aurait toutefois ébranlé et il aurait à ce moment amorcé une réflexion sur son avenir politique.

L'ancien ministre des Finances dit s'être représenté aux élections de septembre dernier avec l'intention d'achever la mission qu'il s'était confiée, soit de ramener le Québec à l'équilibre budgétaire tout en soutenant le développement économique. Il lui restait deux ans, selon lui, avant d'atteindre son objectif. « Les électeurs en ont décidé autrement », a-t-il conclu, en précisant que le ministre des Finances du gouvernement de Pauline Marois allait parvenir à son objectif grâce à des éléments de ses budgets passés­.

Le ministre des Finances et de l'Économie, Nicolas Marceau, a tenu à rendre hommage à son adversaire :

« Raymond Bachand aura été un parlementaire efficace, avec qui il était intéressant de débattre sur différents enjeux de finances publiques et d'économie. Sa grande connaissance du monde des affaires a été précieuse pour tous les parlementaires qui auront eu l'occasion de travailler avec lui à l'Assemblée nationale. »

— Une citation de  Nicolas Marceau

M. Marceau a aussi souligné qu'à titre de ministre des Finances, M. Bachand avait posé des gestes importants dans la lutte contre l'évasion fiscale et les fraudes financières et pour la défense des intérêts du Québec en matière de valeurs mobilières.

Pierre Paradis prend le relais comme porte-parole en matière de finances

Le chef du PLQ, Philippe Couillard, a annoncé que Pierre Paradis remplacera Raymond Bachand comme porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances. Le député de Brome-Missisquoi conservera ses dossiers en matière d'Énergie.

« Sa longue expérience en politique et au sein du gouvernement seront des atouts inestimables pour défendre, en compagnie des membres de notre équipe, les intérêts économiques des Québécois », a déclaré M. Couillard.

Pierre Paradis a été, au fil des années, ministre du Travail, de la Main-d'œuvre et de la Sécurité du revenu, ministre des Affaires municipales et ministre responsable de l'Habitation, ministre de l'Environnement et de la Faune et leader parlementaire du gouvernement.

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