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Armes chimiques : le régime syrien autorise l'ONU à enquêter

Bachar Al-Assad en réunion, le 25 août, à Damas. Photo: AFP
Radio-Canada

Les inspecteurs de l’ONU ont l’autorisation du régime syrien pour se rendre sur les sites de l’attaque présumée à l’arme chimique de mercredi dernier près de Damas.

Des inspecteurs onusiens sont déjà en Syrie depuis le 18 août, mais ils n'avaient pas, jusqu'à présent, la permission de se rendre sur ces sites situés dans la périphérie de la capitale. La communauté internationale faisait pression ces derniers jours pour que les experts de l'ONU obtiennent cette autorisation du régime.

L'opposition syrienne accuse le régime d'Al-Assad d'être responsable d'un bombardement chimique qui a fait, selon elle, 1000 morts. L'ONG Médecins sans frontières estime plutôt à 355 le nombre des victimes.

Le régime syrien soutient depuis mercredi n'avoir jamais utilisé d'armes chimiques.

La visite des enquêteurs s'amorcera lundi, a précisé l'ONU. Le bureau du secrétaire général Ban Ki-moon a déclaré dans un communiqué que la Syrie avait promis d'observer un cessez-le-feu sur le site visé par l'enquête.

Un responsable américain, qui s'est exprimé sous le couvert de l'anonymat à l'Agence France-Presse, jugeait peu « crédible » l'accès proposé par Damas à des enquêteurs de l'ONU sur le site de l'attaque présumée.

« Si le régime n'avait rien à cacher et voulait prouver au monde qu'il n'avait pas eu recours à des armes chimiques au cours de cet incident, il aurait mis un terme à ses attaques et offert un accès immédiat à l'ONU il y a cinq jours », a accusé le responsable.

La Russie s'est dite quant à elle satisfaite, dimanche, de l'accord donné par Damas à une enquête de l'ONU. Réagissant à l'éventualité d'une intervention militaire en Syrie, Moscou, qui soutient le régime de Bachar Al-Assad, a appelé au « bon sens » et à la prudence afin de ne pas commettre « d'erreur tragique ».

Une image diffusée par un groupe d'opposants syriens montre un homme et une femme près de corps de présumées victimes d'une attaque chimique, près de Damas, le 21 août.Une image diffusée par un groupe d'opposants syriens montre un homme et une femme près de corps de présumées victimes d'une attaque chimique, près de Damas, le 21 août. Photo : La Presse canadienne / AP/HOEP/Local Committee of Arbeen

Les preuves pourraient avoir été détruites, selon Londres

Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, estimait dimanche qu'il était probable que les preuves d'une attaque chimique du régime de Damas en Syrie aient été éliminées.

« Le fait est que la plupart des preuves pourraient avoir été détruites », a déclaré M. Hague lors d'une conférence de presse à Londres, quelques heures après la décision de Damas d'autoriser les experts de l'ONU à enquêter.

« D'autres preuves peuvent avoir été endommagées au cours des derniers jours et d'autres peuvent avoir été trafiquées », a-t-il ajouté.

« Nous devons être réalistes sur ce que l'équipe de l'ONU peut obtenir » maintenant, a-t-il prévenu.

Il a répété être convaincu de la culpabilité du régime syrien. « Il y a déjà beaucoup de preuves, et elles pointent toutes dans la même direction », a-t-il affirmé.

Le premier ministre britannique, David Cameron, avait auparavant « condamné sans réserve l'usage d'armes chimiques en Syrie ».

Outre le Royaume-Uni, la France a aussi fait savoir qu'elle considérait la thèse de l'attaque chimique comme très plausible. Le président François Hollande jugeait dimanche qu'il y avait « un faisceau d'évidences » indiquant que l'attaque du 21 août était « de nature chimique » et que « tout conduisait à considérer » que le régime syrien en était responsable.

MM. Hollande et Cameron ont convenu de se consulter dans les plus brefs délais sur les réponses à apporter à « cet acte intolérable ».

Dimanche, la Ligue arabe a pour sa part annoncé qu'elle tiendra mardi une réunion d'urgence pour étudier ce qui s'est produit.

Damas met les États-Unis en garde contre une intervention en Syrie

Plus tôt dimanche, le régime syrien a prévenu les États-Unis que toute action militaire de leur part créerait « une boule de feu qui enflammera le Moyen-Orient » et que ce ne serait pas « une partie de plaisir ». L'Iran, allié de la Syrie, a de son côté déclaré que Washington ne devait pas « franchir la ligne rouge » syrienne.

L’Amérique connaît la ligne rouge à ne pas dépasser en Syrie et si elle dépasse cette ligne, cela aura de graves conséquences pour la Maison-Blanche.

Massoud Jazayeri, chef adjoint des forces armées de l’Iran

Samedi, le secrétaire à la Défense des États-Unis a souligné que l'armée américaine était prête à passer à l'action en Syrie si le président l'ordonnait. Les États-Unis ont d'ailleurs décidé de renforcer leur présence navale en Méditerranée.

Le président Barak Obama a réuni ce week-end ses conseillers en sécurité à la Maison-Blanche pour passer en revue une série de scénarios de riposte à une utilisation d'armes chimiques en Syrie.

Les services de renseignements américains continuent quant à eux de rassembler des éléments pour faire la lumière sur l’utilisation présumée d'armes chimiques, mercredi dernier, dans la périphérie de Damas.

Un opposant au régime d’Al-Assad se penche en montant un escalier pendant un affrontement au nord de Ragga.Un opposant au régime d’Al-Assad se penche en montant un escalier pendant un affrontement au nord de Ragga. Photo : AFP / ALICE Martins

Le mouvement islamiste al Nostra promet de venger les siens

Le front al Nostra, qui se réclame d'Al-Qaïda et qui s'oppose au régime de Bachar Al-Assad, promet dans une vidéo diffusée dimanche sur YouTube de s'en prendre aux villages alaouites en représailles à l'attaque présumée de mercredi.

« Pour chaque roquette chimique qui s'est abattue sur notre peuple à Damas, un de leurs villages paiera, si Dieu le veut », dit Abou Mohammad al Golani, chef de file du groupe armé sunnite, en menaçant la minorité alaouite dont est issu le président Bachar Al-Assad.

« Qui plus est, nous allons préparer des milliers de roquettes qui seront tirées sur leurs villes pour venger le massacre de la Ghouta, à Damas » dit-il aussi.

Conflit syrien : onde de choc au Moyen-Orient

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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