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Un double attentat fait au moins 42 morts à Tripoli au Liban

Des citoyens se précipitent sur les lieux de l'une des explosions qui ont secoué Tripoli, dans le nord du Liban.

Des citoyens se précipitent sur les lieux de l'une des explosions qui ont secoué Tripoli, dans le nord du Liban.

Photo : AFP / STR

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La ville de Tripoli, au Liban, a été frappée par l'attaque la plus meurtrière depuis la fin de la guerre civile en 1990. Au moins 42 personnes sont mortes et plus de 350 autres ont été blessées lors d'explosions survenues à quelques minutes d'intervalle à la sortie de deux mosquées de Tripoli, en début d'après-midi vendredi, dans le nord du pays.

Ces attentats surviennent dans cette ville à majorité sunnite, une semaine après un attentat qui a fait 27 morts dans la banlieue chiite de Beyrouth.

Les télévisions locales montrent des véhicules en flammes, des hommes transportant des blessés dans leurs bras et des façades d'immeubles éventrées.

Les explosions sont survenues en cette journée de prière pour les musulmans.

La première explosion s'est produite aux abords de la mosquée al-Taqwa dans le centre de Tripoli, près de la maison du premier ministre sortant Najib Mikati. Ce dernier se trouvait toutefois à l'extérieur de la ville. Quant à la deuxième explosion, elle est survenue près du port de la ville, à proximité de la mosquée al-Salam et du domicile de l'ancien chef de police Achraf Rifi.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a condamné le double attentat et appelé le peuple libanais « à faire preuve de retenue, à rester uni, et à soutenir les institutions de son État, en particulier les forces de sécurité ».

Les explosions qui secouent Tripoli surviennent au moment où le Liban est divisé entre partisans des rebelles syriens, majoritairement des sunnites, et ceux du régime du président syrien Bachar Al-Assad, majoritairement des chiites. De plus, Tripoli est régulièrement le théâtre d'affrontements entre sunnites et alaouites, une branche de l'islam proche du chiisme dont est issu Bachar Al-Assad.

Un attentat à la voiture piégée a fait 27 morts le 15 août dernier à Roueiss, banlieue chiite de Beyrouth, et fief du Hezbollah. Des milices de ce mouvement chiite libanais combattent aux côtés des troupes gouvernementales syriennes, alors que les sunnites soutiennent majoritairement la rébellion dans ce pays voisin.

Les décombres de l'explosion qui s'est produite près de la mosquée al-Salam à Tripoli, au Liban.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les décombres de l'explosion qui s'est produite près de la mosquée al-Salam à Tripoli, au Liban.

Photo : AFP

Le politologue de l'Université de Sherbrooke spécialiste du Moyen-Orient Sami Aoun estime que les violences syriennes débordent maintenant à l'intérieur des frontières libanaises. Malgré les tentatives de la classe politique libanaise de maintenir une distance avec la guerre civile syrienne, le pays semble être entraîné dans la spirale syrienne.

M. Aoun précise que la guerre syrienne a provoqué une polarisation des positions entre sunnites et chiites libanais, une situation qui se traduit maintenant par des attentats meurtriers. Le politologue écarte la thèse d'une responsabilité israélienne. Il estime qu'Israël est satisfait du calme qui règne à sa frontière avec le Liban depuis la fin de la guerre avec le Hezbollah et l'adoption de la résolution 1701 de l'ONU en août 2006. Il croit ainsi qu'Israël n'a aucun intérêt à souffler sur les braises des tensions confessionnelles libanaises.

Guerre contre le terrorisme

Le chef de l'armée libanaise, le général Jean Kahwaji, a déclaré la « guerre totale » au terrorisme, mercredi. Il déplorait à ce moment que les terroristes tentaient de « provoquer une dissension confessionnelle » au Liban. « J'annonce aujourd'hui [mercredi] que l'armée est engagée dans une guerre totale contre le terrorisme, avait déclaré M. Kahwaji. « Elle poursuit depuis des mois une cellule terroriste qui prépare des voitures piégées et les envoie dans des quartiers résidentiels. Celle qui a explosé à Roueiss était l'une d'elles. »

Le général Kahwaji soutient que la cellule terroriste que poursuit l'armée tente de provoquer l'embrasement de conflits interconfessionnels. « La gravité, selon nos renseignements, réside dans le fait que cette cellule ne vise pas une région ou une communauté particulière, mais elle cherche à provoquer une dissension confessionnelle en visant des régions différentes tant du point de vue confessionnel que du point de vue politique », expliquait-il.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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