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La France évoque « l'usage probable d'armes chimiques » en Syrie

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un homme et une femme pleurent un enfant mort le mercredi 21 août dans ce que l'opposition syrienne qualifie « d'attaque au gaz neurotoxique ».

Un homme et une femme pleurent un enfant mort le mercredi 21 août dans ce que l'opposition syrienne qualifie « d'attaque au gaz neurotoxique ».

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pour une première fois, le président français a évoqué jeudi « l'usage probable d'armes chimiques » en Syrie, lors d'une conversation téléphonique qu'il a eue avec le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.

François Hollande a fait part « de l'émotion suscitée en France par les massacres intervenus en Syrie dans la nuit du 20 au 21 août, et de l'usage probable d'armes chimiques », indique la présidence française dans un communiqué.

Le chef de l'État français « a salué l'engagement de M. Ban Ki-moon à procéder à une enquête rapide et impartiale et a réaffirmé son soutien total aux Nations unies pour mener à bien cette mission dans les meilleurs délais », ajoute le communiqué de l'Élysée.

Les propos du président font référence aux allégations de l'opposition syrienne, selon lesquelles le régime de Bachar Al-Assad aurait lancé des gaz chimiques sur les banlieues d'Aïn Tarma, de Zamalka et de Djobar, qui sont largement tenues par la rébellion.

L'opposition syrienne, qui a diffusé des images de cadavres ne portant pas de traces de coups ou de balles, soutient que ces attaques ont fait de nombreux morts. Le bilan varie de 136 à 1300 morts, selon les sources.

Le régime syrien dément formellement avoir utilisé de telles armes contre ces villes de la banlieue sud-ouest de Damas.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait préalablement déclaré jeudi matin qu'il souhaite une « réaction de force » de la communauté internationale s'il y a la preuve de l'utilisation d'armes chimiques par le régime syrien.

Il y a des possibilités de répliquer de la part des Américains, des Britanniques, des Français.

Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères

Il n'est en revanche « pas question » d'envoyer des troupes militaires au sol, a ajouté le ministre.

Obama attaqué par McCain

Aux États-Unis, le sénateur républicain John McCain accuse le président Barack Obama de « passivité » dans ce dossier. Il soutient que l'inaction de Washington constitue un « feu vert » pour le régime syrien, alors que le président avait déclaré le 20 août dernier que l'utilisation d'armes chimiques serait considérée comme « une ligne rouge ».

Comme ces menaces n'ont été suivies d'aucune véritable conséquence, elles ont sonné dans le vide. [...] La tuerie continue, Al-Assad reste au pouvoir et il continue apparemment d'utiliser des armes chimiques contre des civils.

Extrait d'un communiqué de John McCain

M. McCain, qui a été l'adversaire du président Obama lors de la présidentielle de 2008, préconise des « frappes militaires limitées » sur la Syrie, l'instauration d'une « zone d'exclusion aérienne » et la fourniture des « bons armements aux rebelles ».

Trois grands journaux américains - le New York Times, le Washington Post et le Wall Street Journal - ont tous publié jeudi à la une de leur version papier des photos prises par l'opposition sur lesquelles on peut voir des corps d'enfants qui auraient été tués par des armes chimiques.

La porte-parole du département d'État américain, Jen Psaki, a indiqué que le président Obama avait demandé aux services de renseignement américains de recueillir toutes les informations et éléments de preuve nécessaires pour déterminer la nature des armes utilisées près de Damas. « À l'heure actuelle, nous sommes incapables d'établir s'il y a eu recours à des armes chimiques », a déclaré Mme Psaki.

Le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, avait déclaré jeudi matin qu'avec l'attaque chimique de mercredi, « toutes les lignes rouges » avaient été franchies en Syrie.

L'Iran, allié de Damas, a estimé jeudi que le régime syrien ne pouvait pas être responsable de l'attaque chimique, et que s'il y avait bel et bien eu une attaque chimique, elle devait être l'oeuvre de « groupes terroristes ».

Moscou demande à Damas de s'entendre avec l'ONU

La Russie, aussi alliée de la Syrie, a pour sa part demandé jeudi au régime de Bachar Al-Assad de s'entendre avec les Nations unies pour que des experts en armes chimiques de l'ONU puissent se rendre sur le site où l'attaque au gaz neurotoxique aurait eu lieu, selon l'opposition.

Mercredi, le ministère russe des Affaires étrangères a publié un communiqué soulignant que des civils avaient été tués par une « roquette artisanale chargée d'un agent chimique non identifié », mais y a vu une « provocation » probable des forces d'opposition pour faire accuser le président syrien.

Le Conseil de sécurité des Nations unies réuni en urgence a demandé mercredi après-midi que « la lumière soit faite » sur les accusations de recours aux armes chimiques dans les faubourgs de la capitale syrienne, mais il n'est pas parvenu à s'entendre pour demander une enquête à l'équipe de l'ONU déjà sur place.

Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, ainsi qu'une trentaine d'autres pays, avaient demandé que le chef de la mission d'enquête de l'ONU en Syrie, le Suédois Ake Sellström, arrivé dimanche à Damas avec son équipe pour enquêter sur d'autres recours présumés aux armes chimiques, se penche sur ces derniers faits dès que possible.

Bien que le Conseil de sécurité n'ait pas appuyé cette demande en raison, selon des diplomates, de l'opposition de la Russie et la Chine, les Quinze ont salué l'appel formulé par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, pour que la lumière soit faite.

Les frappes se poursuivent

Sur le terrain, les forces du président Al-Assad ont repris jeudi le bombardement des faubourgs de Damas contrôlés par les rebelles, maintenant la pression sur les secteurs qui auraient été la cible d'une attaque chimique mercredi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Des roquettes tirées par des « orgues de Staline » et des obus de mortier se sont abattues aux premières heures de jeudi sur Djobar et Zamalka, deux des localités de la région de Ghouta où le régime est soupçonné d'avoir utilisé des gaz chimiques.

Le quartier voisin de Kaboun, plus au nord, et le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, au sud, sont également la cible des bombardements, ajoutent les activistes.

À Djobar, un quartier situé à seulement 3 kilomètres du centre historique de la capitale, des explosions ont été entendues près d'une position fortifiée de l'armée régulière et d'un complexe où sont stationnés des chars, à la suite, semble-t-il, d'une attaque rebelle.

Selon Fadi Al-Chami, un combattant de la brigade Tahrir Al-Cham, une unité de l'Armée syrienne libre (ASL), des combats ont lieu en divers points le long de l'axe Djobar-Zamalka, où les insurgés se sont rapprochés des positions loyalistes en partie pour se protéger contre une nouvelle attaque chimique.

Conflit syrien : onde de choc au Moyen-Orient

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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