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L’idée d’imposer un prix unique pour les livres fait réagir en Outaouais

Librairie

Photo : iStockPhoto

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'idée d'imposer un prix de vente unique pour les livres vendus en librairie au Québec suscite des réactions partagées chez les auteurs de l'Outaouais. Une commission parlementaire du gouvernement du Québec se penchera sur la question lundi.

L'Association des auteurs et auteures de l'Outaouais compte y déposer un mémoire. Elle a consulté ses membres, dont les avis divergent. Certains croient qu'un prix unique pourrait assurer la survie des librairies indépendantes, d'autres croient qu'elles doivent s'adapter à la nouvelle réalité du marché.

« Le livre prend de plus en plus le format électronique et c'est vraiment à ce problème qu'il faut s'attaquer maintenant pour avoir un avenir serein dans la publication des livres. Tant que nos éditeurs ne s'adapteront pas, les petites librairies vont mourir », soutient le président sortant de l'Association des auteurs et auteures de l'Outaouais, Gaston Therrien.

À son avis, le problème de fond est la disponibilité du livre dans les librairies.

Il est pourtant difficile pour les libraires indépendants de concurrencer les bas prix offerts par les grandes surfaces. Le propriétaire de la librairie Louis-Fréchette à Gatineau, Louis Prud'homme, voit donc d'un bon oeil l'imposition d'un prix unique.

« Il faut faire attention pour ne pas faire disparaître notre patrimoine au nom de l'offre et de la demande. Des règlementations sont nécessaires et ça vaut la peine d'essayer quelque chose comme ça », dit-il.

Plusieurs pays d'Europe ont adopté la politique du prix unique, ce qui a évité la fermeture de nombreuses librairies indépendantes.

En France, une telle loi existe depuis 1981, selon laquelle les rabais sont limités à 5 % du prix déterminé par l'éditeur quel que soit le type de détaillant. En 2011, le gouvernement français a également adopté une loi pour limiter le prix du livre numérique en respectant le même principe. L'éditeur peut ainsi fixer un prix de vente unique pour ses livres qui s'applique autant aux magasins à grande surface qu'aux libraires indépendants.

Appui panquébécois

Les sept grandes associations professionnelles qui représentent le milieu littéraire québécois appuient cette commission parlementaire sur le prix du livre.

La directrice générale de l'Association des libraires du Québec, Katherine Fafard, rappelle que cette politique du prix unique ne signifierait pas que tous les livres seraient vendus au même prix, mais plutôt que le rabais maximum qui pourrait être offert en magasin s'élèverait à 10 % sur toutes les nouveautés durant 9 mois.

« C'est une réglementation qu'on demande qui n'est pas contraignante du tout par rapport à la France par exemple où le rabais maximal est de 5 % pendant 24 mois », explique-t-elle.

Ce sont les best-sellers qui font en sorte que la librairie peut avoir une bonne santé financière et proposer une diversité de livres aux gens.

Une citation de :Katherine Fafard, directrice générale de l'Association des libraires du Québec

Elle ajoute que les libraires indépendants sont incapables d'offrir des rabais de 25 % ou 30 % sur les nouveaux livres comme les magasins à grande surface, ce qui nuit à la diversité de l'offre de lecture. L'offre de ces grands magasins se concentre sur les ouvrages à succès contrairement aux librairies qui peuvent offrir jusqu'à 50 000 titres différents par an.

Katherine Fafard soutient également que les libraires indépendants offrent une vitrine importante aux auteurs québécois qui tentent de percer.

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