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Un vendredi de la colère sanglant en Égypte

Des partisans de l'ex-président Morsi affrontent les forces de l'ordre sur la place Ramsès, au Caire.

Photo : AFP / VIRGINIE NGUYEN HOANG

Radio-Canada

La « journée de la colère » promise par les Frères musulmans vendredi en Égypte a tourné à l'affrontement entre les partisans du président déchu Mohamed Morsi et les forces de l'ordre, faisant au moins 80 morts, dont une dizaine de policiers.

À l'issue de la grande prière, des dizaines de milliers de partisans de Mohamed Morsi ont convergé vers la place Ramsès au Caire et dans d'autres villes du pays pour protester contre le « régime militaire », tandis que l'armée égyptienne s'est déployée en force pour protéger les « installations névralgiques » du pays.

Des gaz lacrymogènes et des coups de feu ont été tirés. Le pouvoir mis en place par les généraux avait prévenu que l'armée ouvrirait le feu sur quiconque prendrait pour cible la police ou les institutions de l'État.

Un peu plus de 1000 personnes ont été arrêtées dans la journée, dont 558 au Caire, selon le ministère de l'Intérieur.

Des islamistes assiégés 

Un calme apparent est revenu dans la capitale égyptienne après l'entrée en vigueur du couvre-feu, à 19 h, heure locale. Mais les violences ont repris dans la nuit, la police assiégeant des manifestants retranchés dans une mosquée transformée en morgue de fortune au centre du Caire, chaque camp accusant l'autre de lui tirer dessus.

Place Ramsès

Place Ramsès

Photo : AFP / VIRGINIE NGUYEN HOANG

Plus tôt, les Frères musulmans avaient appelé leurs partisans à mettre fin aux manifestations de vendredi pour se préparer à « à une semaine de manifestations quotidiennes dans toute l'Égypte ».

Nous appelons le peuple égyptien et les forces nationales à protester tous les jours jusqu'à la fin du coup d'État.

communiqué des Frères musulmans

L'appel des islamistes à manifester leur colère survient après l'assaut donné il y a deux jours par les forces de l'ordre contre deux campements des partisans de Mohamed Morsi, qui a fait plus de 600 morts et quelque 3500 blessés, selon le gouvernement de transition. Les Frères musulmans font quant à eux état de 2600 morts et 10 000 blessés.

Des manifestations contre cette intervention policière égyptienne se sont également tenues dans d'autres pays vendredi, notamment au Pakistan, au Yémen, en Indonésie et en Grande-Bretagne. Des centaines de personnes ont également manifesté à l'appel de groupes islamistes à Khartoum, Amman, Ankara, Tunis, Rabat, Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

Pendant ce temps, la communauté internationale se montre de plus en plus inquiète de la situation en Égypte. Les représentants des 28 États membres de l'Union européenne ont été convoqués pour une réunion lundi à Bruxelles.

Le président français François Hollande a discuté de la question avec la chancelière allemande vendredi. Les deux dirigeants ont demandé « une concertation urgente au niveau européen » sur la sanglante crise égyptienne. Ils « ont appelé à une cessation immédiate des violences » et au « retour au dialogue entre Égyptiens ».

À Berlin, la chancellerie précise qu'Angela Merkel « a expliqué que le gouvernement allemand reverrait ses relations avec l'Égypte ».

Le président français s'est également entretenu avec le premier ministre britannique David Cameron en après-midi par téléphone. Les deux dirigeants ont demandé « la fin des violences et de la répression, le respect des droits de l'homme par tous et la reprise du dialogue inter-égyptien. »

En revanche, le roi Abdallah d'Arabie saoudite a affirmé son appui au pouvoir égyptien « face au terrorisme » et mis en garde contre « les ingérences » dans ce pays. La Jordanie a elle aussi dit soutenir le gouvernement égyptien dans sa lutte pour « imposer l'État de droit » et « combattre le terrorisme ».

Le Conseil de sécurité des Nations unies, qui s'est réuni d'urgence la veille, a exhorté toutes les parties à cesser les violences.

Le Canada avait annoncé jeudi la fermeture jusqu'à nouvel ordre de son ambassade au Caire afin d'assurer la sécurité de son personnel consulaire.

Un résident permanent du Canada a été tué dans les violences politiques en Égypte, a confirmé le ministère canadien des Affaires étrangères vendredi soir. Le Globe and Mail a identifié l'homme comme étant Amr Kassem, 26 ans, qui vivait à Toronto avec sa femme et leur enfant. Selon le quotidien, Amr Kassem participait vendredi à une grande manifestation à Alexandrie pour dénoncer la répression des forces de l'ordre contre les manifestants antigouvernementaux. Sa femme soutient qu'il a été atteint d'une balle à l'arrière de la tête.

Barack Obama critiqué

La présidence égyptienne a pour sa part accusé le président américain Barack Obama d'encourager les groupes violents avec ses critiques contre l'intervention des forces de sécurité contre les manifestants islamistes.

Par voie de communiqué publié vendredi, le pouvoir égyptien mis en place par l'armée affirme que les propos du président américain ne se basent pas sur des « faits ».

Il assure que l'Égypte est confrontée à des « actes terroristes » en allusion aux attaques contre des églises chrétiennes et contre des bâtiments publics imputées aux Frères musulmans.

L'Égypte, entre révolution populaire et pouvoir militaire

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, La Presse canadienne, et Reuters

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