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Une collecte de fonds fait sourciller certains prêtres

Le diocèse catholique de Charlottetown

Le diocèse catholique de Charlottetown

Radio-Canada

Une campagne de financement menée pour le diocèse catholique de Charlottetown, à l'Île-du-Prince-Édouard, ne fait pas l'unanimité chez les prêtres.

La collecte de fonds a permis de ramasser près de 5 millions de dollars pour renflouer les fonds de retraite des prêtres de la province insulaire.

Le père Éloi Arsenault a pris sa retraite à Saint-Chrysostome. L'hiver, il fait du bénévolat chez les démunis au Mexique. Il refuse cette image de pitié, de prêtre dans le besoin du diocèse catholique insulaire.

Il montre du doigt un reportage dans les médias qui a dépeint les prêtres comme de pauvres gens.

« On disait que les prêtres avaient de la misère à vivre. Il y avait même la photo d'un prêtre qui avait été obligé de coucher dans sa voiture parce qu'il n'avait pas assez d'argent pour aller à l'hôtel. Ben voyons donc, il y a toujours des limites! » s'exclame-t-il.

Selon lui, cette image des prêtres a influencé les instigateurs de la collecte de fonds. « Ils se sont un peu servis de ça pour dire : "nos prêtres sont un peu dans le besoin", et moi, ça m'a vraiment choqué. »

Une campagne de financement pour la retraite des prêtres

Au cours des derniers mois, les catholiques de l'Île-du-Prince-Édouard se sont engagés à donner 5 millions de dollars sur cinq ans.

Un million de dollars est allé aux paroisses et 4 millions de dollars ont été investis pour assurer une retraite confortable à leurs prêtres.

L'Île-du-Prince-Édouard compte 50 paroisses, une trentaine de prêtres actifs et 12 prêtres à la retraite. Sept autres s'ajouteront au cours des prochaines années.

Le diocèse de Charlottetown a besoin de 300 000 $ par année pour être en mesure de verser 2650 $ par mois à ses prêtres retraités, montant auquel s'ajoute leur pension de vieillesse, selon le président de la campagne de financement, Eric Dunn.

En 2006 le fonds de pension des prêtres est devenu indépendant du diocèse. Le fonds comptait 1,6 million de dollars.

Depuis plusieurs années, il ne rapportait pas assez d'intérêts. Le fonds était déficitaire. Le diocèse a donc demandé la charité.

Prêtre au franc-parler, Éloi Arsenault compare ses revenus à ceux des plus pauvres, comme les veuves retraitées. À ses yeux, un prêtre se doit d'être prévoyant et prudent comme tout le monde, d'apprendre à économiser.

« Si on fait attention, il y a moyen de se mettre un peu d'argent de côté et d'être prêt, comme tout le monde fait. D'ailleurs, les gens n'ont pas de si gros salaires que ça, et ils réussissent à en mettre de côté pour leur pension », dit-il en s'esclaffant.

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