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  • Exclusif
  • Attentat au Métropolis : Dave Courage se sent abandonné

    L'entrevue réalisée par Denis-Martin Chabot avec Dave Courage
    Radio-Canada

    À moins d’un mois du premier anniversaire de l’attentat survenu au Métropolis, à Montréal, l’une des victimes, Dave Courage, tente de reconstruire sa vie, non sans peine.

    Non seulement le souvenir de l’attentat lui reste-t-il en mémoire, mais il hante aussi son corps. Cet homme de 28 ans, père de trois jeunes enfants, vit avec de la douleur chronique et un syndrome post-traumatique, des maux qui ne lui laissent aucun répit.

    Rappelons que le 4 septembre 2012, soir des élections provinciales, des coups de feu ont été tirés dans les coulisses du Métropolis, atteignant mortellement Denis Blanchette et blessant grièvement Dave Courage, tous deux techniciens de scène. Les événements sont survenus au moment où Pauline Marois saluait sa victoire par un discours, devant ses partisans.

    Le présumé auteur de l’attentat, Richard Bain, connaîtra le 3 septembre la date de son procès. Il fait face à 15 chefs d'accusation, dont ceux de meurtre au premier degré et de tentative de meurtre.

    Jusqu'à quand devrai-je tolérer la douleur? Toute ma vie, parce qu’un monsieur a décidé qu'il voulait s'en prendre à la première ministre. Puis, c'est nous qui avons mangé la balle.

    Dave Courage

    Le projectile qui a atteint Dave Courage lui a traversé le corps d’une hanche à l’autre. Depuis, Dave Courage endure jour et nuit une douleur qu’il compare à un « fil électrique » qui le foudroie de la hanche aux orteils.

    De plus, Dave Courage se sent traqué en permanence, une conséquence directe du choc post-traumatique qu’il a subi. « C'est parce que je n'ai pas vu le danger avant qu'il n’attaque. Ça a été un coup surprise. […] Alors maintenant, le monde peut me dire : "Personne ne va t'attaquer, rien ne va arriver". Mais la même chose est arrivée le 4 septembre. Personne n’était censé m'attaquer, personne n’était censé nous tirer dessus. Mais c'est arrivé. »

    Dave CourageDave Courage

    Dave Courage n'a plus les capacités physiques d'occuper son emploi d'avant. Il affirme que sa famille ne joint plus les deux bouts et que l’aide qui lui est apportée est insuffisante. La Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST) lui verse 50 $ par jour, soit le maximum prévu par la loi en fonction des revenus de M. Courage avant la fusillade.

    Le jeune homme dit qu’il parvient à tenir le coup grâce à la présence de sa conjointe et de ses enfants. Malgré tout, il se sent abandonné : « Je n'ai plus d'ambitions. Mais, il faut qu'on continue. C'est ça qu'on fait. »

    Société