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L’actrice québécoise Hélène Loiselle est décédée

Dans un studio de radio, la comédienne Hélène Loiselle. Photo: Paul Henri/Radio-Canada
Radio-Canada

L'actrice Hélène Loiselle, qu'on a entre autres pu voir dans les films Mon oncle Antoine et Les ordres, est décédée à 85 ans.

Hélène Loiselle a été une figure majeure du théâtre, de la télévision et du cinéma québécois.

Elle a fait partie de la première distribution de deux pièces historiques de Michel Tremblay : Les belles-sœurs, en 1968, dans le rôle de Lisette de Courval, ainsi que À toi, pour toujours, ta Marie-Lou, en 1971, dans le rôle-titre. Elle a reçu en 2006 le prix Denise-Pelletier, qui souligne l'ensemble de la carrière d'un artiste de la scène.

Au cinéma, l'actrice a joué sous la direction de certains des plus grands réalisateurs québécois, dont Claude Jutra (Mon oncle Antoine), Michel Brault (Les ordres) et Denys Arcand (Réjeanne Padovani et La maudite galette).

À la télévision, on a pu voir Hélène Loiselle notamment dans Fanfreluche, Duplessis, Blanche, Sous un ciel variable et Virginie.

Une grande dame des arts au Québec

Née le 17 mars 1928 à Montréal de parents commerçants, la petite Hélène comprend rapidement - à l'âge de sept ans - que pour survivre à l'ennui du pensionnat, « pour exister vraiment », il faut être sur scène.

À 14 ans, elle prétend en avoir 17 afin de se glisser aux auditions des Variétés lyriques de Lionel Daunais. Charlotte Boisjoli l'aide ensuite à préparer une audition pour les cours privés chez François Rozet, qui font office à l'époque d'école de théâtre. De là, elle se joint en 1945 aux Compagnons de Saint-Laurent, où elle s'initie aux classiques de la dramaturgie étrangère.

En 1952, elle s'embarque pour Paris avec son nouvel époux, le comédien Lionel Villeneuve, où les deux jeunes acteurs se frottent pendant deux ans aux maîtres anciens. Dès son retour chez nous, elle sera de la distribution de la télésérie Cap-aux-sorciers, puis elle créera le personnage d'Angélina, amoureuse infortunée du Survenant, dans l'adaptation télévisée du roman de Germaine Guèvremont - elle sera ensuite remplacée par Béatrice Picard.

À la scène, pendant plus de 50 ans, Hélène Loiselle jouera tout, du classique au contemporain, de la création de Bousille et les Justes de Gratien Gélinas aux premières de Tremblay, jusqu'à Wajdi Mouawad et Larry Tremblay plus récemment.

Pour certains, elle aura fixé dans l'imaginaire la figure de la mère de Marcel, Robertine, dans la version télévisée d'En pièces détachées, de Tremblay, en 1971, montée au Quat'Sous deux ans plus tôt.

Ouverte à la création contemporaine mais tout aussi à l'aise dans les classiques, Hélène Loiselle joue tour-à-tour et sans transitions Marcel Dubé et Racine, Réjean Ducharme et Neil Simon, Françoise Loranger et Tchékhov, Mouawad et Tennessee Williams. En 2000 encore, elle était touchante dans Les chaises de Ionesco, avec Gérard Poirier, dans une mise en scène de Paul Buissonneau.

Revoyez des moments marquants de la carrière d'Hélène Loiselle :

Éloge à son audace

L'annonce de la mort d'Hélène Loiselle a permis à l'écrivain Michel Tremblay de lui rendre un dernier hommage. « C'était une actrice très discrète, mais une immense actrice », raconte d'emblée l'auteur. M. Tremblay connaît bien la grande dame puisqu'elle a été de la première mouture de la pièce Les belles-soeurs. « C'est une des seules qui a dit oui tout de suite. Peut-être parce que c'était une pièce avec 15 femmes, peut-être qu'elle avait envie de dire ces choses-là... mais elle avait eu le courage d'accepter ».

C'est d'ailleurs pour elle qu'il a écrit la pièce À toi pour toujours, ta Marie-Lou. L'auteur se souvient de l'émotion dégagée par la comédienne sur les planches.

Au théâtre surtout, on avait l'impression qu'elle s'élevait dans les grands moments d'émotion, on avait l'impression qu'elle lévitait, qu'elle montait deux pouces au-dessus de la scène et ça, c'est une grande qualité chez une actrice.

Michel Tremblay

L'audace de Mme Loiselle ravive aussi de nombreux souvenirs chez le comédien et metteur en scène René Richard Cyr. Il a collaboré à plusieurs reprises avec celle qu'il surnomme affectueusement sa « mère théâtrale ».

« C'est une femme d'une grande audace, mais en même temps d'une grande intelligence et d'une grande humilité devant son travail ». Il raconte qu'elle aimait fuir les galas, non pas par snobisme, mais parce qu'elle n'appréciait pas cette compétition que les remises de prix imposent entre les comédiens. 

« Elle nous disait souvent : "Mon Dieu que vous prenez ça au sérieux!" » Humble, audacieuse, intelligente, voilà donc l'image que garde René Richard Cyr de la grande comédienne. « C'était mon idole, conclut-il simplement. On s'en souviendra longtemps. »

Avec les informations de La Presse canadienne

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