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Comprendre les chauves-souris pour combattre le syndrome du museau blanc

Petite chauve-souris brune atteinte par le syndrome du museau blanc

Petite chauve-souris brune atteinte par le syndrome du museau blanc

Photo : AFP / Agence France Presse

Radio-Canada

Alors que des colonies entières de chauves-souris sont décimées par le syndrome du museau blanc, le Québec se trouve limité dans ses interventions par un manque de données sur ce mammifère volant.

L'une des rares chiroptérologues du Québec étudie et analyse les cris des chauves-souris à la Forêt d'enseignement et de recherche du lac Duparquet, en Abitibi-Témiscamingue.  Julie Faure-Lacroix, chercheuse et étudiante au doctorat à l'Université Laval, souhaite identifier les différentes espèces de chauves-souris et les répertorier. 

Les chauves-souris émettent des ultrasons pour se diriger et c'est une sorte de signature. C'est comme une voix, chacun à sa voix et on est capables de reconnaître la voix de quelqu'un. On peut donc identifier l'espèce avec son cri.

La chercheuse Julie Faure-Lacroix
Analyse des cris de chauves-souris par la chercheuse Julie Faure-LacroixAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Analyse des cris de chauves-souris par la chercheuse Julie Faure-Lacroix

Photo : Karine Mateu

Au Québec, il existe huit espèces de chauves-souris.  Trois sont des espèces migratrices et les cinq autres, les Myotis, demeurent au Québec pendant l'hiver.

Ce sont ces dernières qui sont le plus touchées par le syndrome du museau blanc, qui se développe lors de l'hibernation.

carte-chaves-souris-museau-blancAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Syndrome du museau blanc et zones d'hibernation des chauves-souris, 5 juillet 2013

Photo : Bat conservation international

Manque de données au Québec

Au Québec, on possède peu de données sur ces mammifères volants.

« On n’a pas les connaissances de base pour savoir quel milieu protéger, quel type d'insectes privilégier, en fait, toute la base des chauves-souris. Il faut se baser sur les données qui existent en Ontario ou aux États-Unis. », précise Julie Faure-Lacroix.

Le répertoire des cris des chauves-souris, et donc des différentes espèces, réalisé par la chercheuse sera d'une grande utilité pour combattre le syndrome du museau blanc.

Celui-ci s'est propagé au Québec en 2010 et il a déjà décimé des colonies entières.  Cette diminution brutale de la population de chauves-souris pourrait avoir de graves conséquences.

On peut penser qu'il pourrait y avoir plus d'insectes.  Est-ce que ce sont plus d'insectes nuisibles pour l'humain? On ne sait pas.  Par contre, aux États-Unis, ils ont fait un estimé de ce que ça avait coûté en pesticide rajouté et l'estimation tourne autour de 4 milliards de dollars simplement pour les états touchés par le syndrome du museau blanc.

La chercheuse Julie Faure-Lacroix

Aucun remède

Pour le moment, il n'existe pas de remède au syndrome du museau blanc.

« Il y a eu des tentatives d'aseptiser les grottes, de faire des grottes artificielles, mais les populations diminuent encore.  Ce n'est pas efficace.  La solution, pour le moment, c'est que des individus tolèrent le champignon et gênèrent des petits bébés qui vont, eux aussi le tolérer. Ils pourraient ensuite remonter la population. Par contre, ça va prendre du temps, car les chauves-souris ont un ou deux bébés par année », explique la chercheuse.

Le ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs  a donc demandé aux citoyens de l'aider à trouver les lieux de maternité des chauves-souris, qui se trouvent dans les greniers ou les murs de vieux bâtiments.

La chercheuse Julie Faure-Lacroix étudie les chauves-sourisAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La chercheuse Julie Faure-Lacroix étudie les chauves-souris à la Forêt d’enseignement et de recherche du lac Duparquet (FERLD)

Photo : Karine Mateu

D'après un reportage de Karine Mateu

Abitibi–Témiscamingue

Animaux