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Un homme blessé est transporté par des partisans de l'ancien président Morsi, à la suite d'une intervention de l'armée, au Caire, le 27 juillet.

Photo : La Presse canadienne / AP/Khalil Hamra

Radio-Canada

Au moins 65 personnes ont été tuées lors de l'intervention des forces de sécurité égyptiennes contre les campements installés dans le nord du Caire par des partisans du président déchu Mohamed Morsi, samedi matin.

Gehad El-Haddad, porte-parole des Frères musulmans dont Mohamed Morsi était le candidat lors de l'élection présidentielle en 2012, a raconté que les violences se sont produites aux abords du sit-in que les pro-Morsi observent de manière continue depuis le 3 juillet près de la mosquée Rabia Al-Adawiya.

Ils ne tirent pas pour blesser, ils tirent pour tuer

Gehad El Haddad, porte-parole des Frères musulmans

L'antenne égyptienne de la chaîne de télévision Al-Jazira a fait état de 120 tués et de plus de 4500 blessés.

Des journalistes sur place ont rapporté que des coups de feu continuaient à résonner plusieurs heures après le début de l'intervention des forces de l'ordre.

« J'ai essayé de convaincre les jeunes de se replier. En vain. Ils disent qu'ils sont prêts à payer avec leur sang et ils ne veulent pas se retirer », a déclaré Saad Al-Hosseini, membre de la confrérie.

« C'est la première tentative pour dégager (le quartier de) Rabia Al-Adawiya », a-t-il ajouté.

Une déclaration du ministre de l'Intérieur a accentué la tension. Mohamed Ibrahim a annoncé qu'il allait faire disperser « très prochainement » les deux sites occupés depuis près d'un mois par les partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi au Caire.

Les partisans du président déchu ne décolèrent pas.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Affrontements entre des partisans du président déchu et les forces de l'ordre

Photo : AFP / FAYEZ NURELDINE

Condamnations

Le malaise semble gagner le sommet du pouvoir intérimaire égyptien. Le vice-président Mohamed ElBaradei, qui fut une figure de l'opposition au président islamiste déchu Mohamed Morsi et partisan de son éviction par l'armée, a condamné « avec force » la mort des manifestants islamistes lors de heurts avec la police au Caire.

Catherine Ashton, haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, a « vivement déploré » les morts survenues lors des récentes manifestations.

Londres a également condamné « l'usage de la force contre les manifestants ». Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a appelé « les deux camps à mettre fin aux violences ».

Le ministère turc des Affaires étrangères a condamné « ces graves événements qui sont absolument inacceptables » et a appelé à un transfert du pouvoir à une « direction démocratique ».

Les Égyptiens divisés

Partisans et adversaires de Mohamed Morsi ont organisé vendredi de grands rassemblements réunissant chacun plusieurs centaines de milliers de personnes, signe d'une profonde division de la société égyptienne.

Les violences récurrentes qui endeuillent l'Égypte depuis la reprise en main menée par les soldats le 3 juillet ont fait plus de 200 morts.

Le chef de l'état-major, le général Abdel Fattah Al-Sissi, artisan de la destitution de Mohamed Morsi, a appelé les Égyptiens à se rassembler vendredi pour donner mandat aux soldats de réprimer « la violence et le terrorisme ».

Des partisans du président déchu Mohamed Morsi affrontent des policiers au Caire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des partisans du président déchu Mohamed Morsi affrontent des policiers au Caire.

Photo : AFP / STR

Des milliers d'Égyptiens ont répondu à son appel, mais les partisans de Morsi ont répliqué en organisant des contre-manifestations exigeant le retour du premier chef de
l'État démocratiquement élu en Égypte.

El-Haddad a raconté que les policiers ont procédé à des tirs de grenades lacrymogènes vers 3 h en direction des manifestants.

« Les balles ont commencé à siffler à travers la fumée des gaz [lacrymogènes], a-t-il dit. Des unités des forces spéciales de la police vêtues d'uniformes noirs ont ensuite ouvert le feu à balles réelles.

Des tireurs embusqués se trouvaient sur les toits de l'université et des immeubles ainsi que sur un pont, a-t-il encore dit.

L'agence de presse Mena, citant une source non identifiée au sein des services de sécurité, a rapporté que seules des grenades lacrymogènes ont été tirées.

Les partisans de Morsi ont répliqué en lançant des pierres tandis que devant la mosquée un responsable appelait au repli des manifestants.

« Les hommes sont restés pour se défendre car il y avait des femmes et des enfants dans le sit-in », a précisé El-Haddad.

L'Égypte, entre révolution populaire et pouvoir militaire

Une lutte impitoyable

C'est la deuxième fois que se produisent des violences meurtrières de masse dans ce quartier de Rabia.

Une cinquantaine de partisans des Frères musulmans avaient été tués par des tirs des forces de sécurité le 8 juillet dernier aux abords de la caserne de la Garde républicaine, cinq jours après la destitution du chef de l'État islamiste.

« Cela a été encore plus brutal parce que la Garde républicaine menait une opération stratégique. Cette fois, il s'agissait simplement d'une agression violente », a-t-il dit.

Le ministre de l'Intérieur du gouvernement de transition, Mohamed Ibrahim, avait annoncé vendredi que le sit-in des partisans de Mohamed Morsi « devait prendre fin prochainement et de manière légale ».

Le président déchu Mohamed Morsi devrait être transféré à la prison de Torah au Caire où se trouve déjà Hosni Moubarak, l'ancien raïs chassé du pouvoir par la rue en février 2011, a déclaré samedi le ministre de l'Intérieur, Mohamed Ibrahim.

 

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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