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Musée des droits de la personne : « pensionnats autochtones », mais pas « génocide »

Le Musée ouvrira ses portes en 2014.

Le Musée ouvrira ses portes en 2014.

Photo : Musée canadien des droits de la personne

Radio-Canada

Le Musée canadien des droits de la personne a décidé de ne pas utiliser le mot génocide en ce qui concerne les Autochtones sur l'un des murs d'exposition.

Après discussions, le musée national, situé à Winnipeg, a plutôt opté pour l'expression pensionnats autochtones. La décision a été prise il y a trois semaines.

« Le mur en question inclut des mots et des dates qui vont reconnaître des atrocités de masse, des crimes contre l'humanité, les génocides qui vont être explorés dans une galerie en particulier. Et dans ce contexte-là, nous avons décidé d'utiliser les pensionnats autochtones au Canada comme thème pour inspirer nos visiteurs d'étudier cette histoire-là qui va être incluse dans plusieurs autres contextes dans cette galerie », a déclaré la porte-parole du Musée, Angela Cassie.

Le Canada reconnaît officiellement cinq génocides : l'Holocauste, l'Holodomor, ainsi que les génocides rwandais, arménien et bosniaque.

De nombreux groupes autochtones au pays, dont l'Assemblée des Premières Nations, de même que le juge Murray Sinclair, qui préside la Commission de vérité et réconciliation, jugent que les pensionnats autochtones ont constitué une forme de génocide culturel.

« L'histoire des Premières Nations répond à tous les critères de génocide selon la Convention internationale pour la prévention et la répression du crime de génocide », estime un survivant du pensionnat autochtone St. Mary's, dans la région de Kenora en Ontario, Fred Kelly.

Ce n'est pas le rôle du Musée de qualifier un crime, quel qu'il soit, de génocide, ajoute encore Mme Cassie « Il existe des cours et des académies pour ça. Notre rôle comme musée, c'est d'inspirer la discussion, la réflexion et le dialogue et c'est ça notre approche. »

Dans sa Loi sur les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre, le Canada décrit comme un génocide un fait commis dans l'intention de détruire, totalement ou partiellement, un groupe.

L'Organisation des Nations unies (ONU) définit le génocide de façon plus précise et mentionne le meurtre, l'atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale, et le transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe.

Une décision qui n'est pas immuable

La porte-parole du Musée rappelle que l'utilisation du mot génocide pour les Autochtones fait actuellement l'objet d'un débat suivi de près par son établissement, et que rien n'empêcherait le Musée de changer de position plus tard.

« On a aussi beaucoup de technologies qui nous permettent de le mettre à jour au fur et à mesure qu'il y a des évolutions dans notre compréhension de plusieurs matières », ajoute Angela Cassie.

Le directeur des programmes autochtones à l'Université du Manitoba, Robert Falcon Ouellette, n'est pas surpris par la décision du Musée des droits de la personne. L'établissement demeure après tout une institution fédérale, selon lui.

« Et le gouvernement du Canada n'est pas prêt encore à qualifier le traitement des Autochtones au Canada comme un génocide », estime-t-il.

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