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Le personnel infirmier de l'Hôtel-Dieu de Lévis exprime son ras-le-bol

Les infirmières et infirmiers de l'Hôtel-Dieu de Lévis

Radio-Canada

La tension est vive à l'urgence de l'Hôtel-Dieu de Lévis. Des membres du personnel infirmier dénoncent la charge de travail imposée par la direction de l'établissement et ont décidé de manifester leur colère, dimanche matin, en refusant de faire des heures supplémentaires.

Les services d'urgence ont été perturbés pendant quelques heures à compter de 8 h, en raison d'une action spontanée déclenchée par les infirmiers et infirmières au moment du changement de quart de travail. Les infirmiers et infirmières de jour qui devaient remplacer leurs collègues de nuit ont refusé de le faire.

Une règle déontologique à l'Hôtel-Dieu de Lévis fait cependant en sorte qu'un infirmier ne peut quitter l'établissement sans être remplacé à la fin de son quart de travail.

Les infirmiers et infirmières dénoncent depuis plusieurs semaines la hausse fulgurante des heures supplémentaires obligatoires et la surcharge de travail. « Les patients n'arrêtent pas de rentrer. On a de la misère à subvenir aux besoins, surtout en stabilisation, où les patients ne vont pas bien », déplore Karine Côté, une infirmière auxiliaire de l'Hôtel-Dieu de Lévis.

Cette dernière affirme que les membres du personnel infirmier sont à bout de souffle. Mme Côté lance un cri du cœur. « Ils sont épuisés, je ne peux pas les aider, ils pleurent sans arrêt », dit-elle.

Johanne Guy, une infirmière cumulant 30 ans d'expérience, parle de son côté d'une situation jamais vue. « Dans les dernières semaines, pour prendre juste un exemple de nuit, les gens sont restés à 8 h le matin jusqu'à 16 h l'après-midi, sans pause et sans temps de repas. Alors c'est inhumain et en plus, la sécurité des patients est compromise », dit-elle.

Les moyens de pression des infirmiers et infirmières surviennent dans des circonstances particulières. En juin, deux infirmières auxiliaires de l'Hôtel-Dieu de Lévis se sont enlevées la vie à moins de trois semaines d'intervalle, ce qui a forcé la direction à mettre en place un programme de soutien pour ses employés.

Le syndicat refuse toutefois de faire un lien direct entre ces deux décès et la surcharge de travail.

La direction réagit

De son côté, la direction de l'Hôtel-Dieu de Lévis reconnaît que le personnel de l'urgence est aux prises avec une surcharge de travail. La directrice des ressources humaines du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) Desjardins, Cindy Gendron, affirme que l'hôpital travaille depuis quelques mois avec le syndicat pour remédier à la situation.

Mme Gendron parle d'un problème qui s'est accentué avec l'ouverture, il y a un mois, de la nouvelle urgence à l'Hôtel-Dieu de Lévis. « Comme établissement, depuis janvier, on travaille avec l'équipe de l'urgence pour mettre en place différentes mesures pour diminuer le temps supplémentaire et le temps supplémentaire obligatoire », dit-elle.

« On a le triple d'embauches cette année qu'on en avait l'été passé. Je vous dis qu'on a pris ça au sérieux, qu'on s'est assis avec les syndicats et les salariés pour pouvoir trouver des solutions », ajoute Mme Gendron.

Selon elle, la manifestation de colère du personnel dimanche matin n'a eu aucune répercussion pour la clientèle de l'Hôtel-Dieu de Lévis.

Une rencontre est prévue lundi entre le syndicat et la direction de l'Hôtel-Dieu de Lévis pour trouver des solutions à l'épuisement des infirmiers et infirmières.

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