•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Fragment de sphinx découvert... en Israël

L'Australien Joshua Talbot montre le fragment d'un sphinx égyptien découvert dans le nord d'Israël, le 9 juillet 2013 sur le site archéologique de Tell Hazor.

L'Australien Joshua Talbot montre le fragment d'un sphinx égyptien découvert dans le nord d'Israël.

Photo : AFP / MENAHEM KAHANA

Radio-Canada

Voici une découverte inhabituelle qui intrigue les archéologues. Un fragment de sphinx égyptien a été mis au jour dans le site archéologique de Tell Hazor au nord d'Israël. C'est la première fois qu'une telle découverte est réalisée dans la région.

Le morceau de granit représente les pattes avant d'un sphinx et porte une inscription hiéroglyphique entre les pattes au nom du pharaon Mykérinos qui a régné il y a près de 4500 ans sur l'Égypte.

C'est la seule statue monumentale égyptienne jamais retrouvée dans le [Proche Orient]. Il s'agit aussi du seul sphinx connu de ce roi. Aucun sphinx de ce roi n'a jamais été retrouvé, pas même en Égypte.

Pr Amnon Ben-Tor, Université hébraïque de Jérusalem

Il y a aussi des symboles faisant référence à la ville d'Héliopolis, une cité antique proche du Caire actuel et où se trouvait le temple abritant la statue.

Le fragment découvert fait environ 50 centimètres de long et la statue dans son ensemble avait une taille de 150 centimètres de long et 50 centimètres de large.

La présence du sphinx à Tell Hazor est un mystère. Les archéologues estiment peu probable qu'il y soit arrivé à l'époque du règne de Mykérinos, car il n'y avait alors aucune relation entre l'Égypte et cette partie du monde. À l'époque, l'Égypte entretenait des relations avec le Liban, en particulier via l'ancien port de Byblos, pour importer du bois de cèdre, mais pas avec la Galilée.

Une autre explication : la statue pourrait provenir du pillage de la basse Égypte par les Cananéens aux 17e-16e siècles av. J.-C..

Fouilles sur le site archéologique de Tell Hazor dans le nord d'Israël, le 9 juillet 2013.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Fouilles sur le site archéologique de Tell Hazor dans le nord d'Israël, le 9 juillet 2013.

Photo : AFP / MENAHEM KAHANA

Un cadeau?

Mais l'hypothèse la plus probable pour expliquer la présence de la statue à cet endroit serait, selon les chercheurs, un cadeau d'un monarque égyptien plus tardif.

Il est possible que le sphinx soit arrivé à Hazor après le début du Nouvel Empire en -1550 pendant lequel l'Égypte régnait sur Canaan et entretenait des liens étroits avec les souverains locaux, qu'elle avait laissés sur le trône.

Amnon Ben-Tor

Ainsi, la statue a probablement été envoyée par un souverain égyptien au roi de Hazor, le plus important de la région.

Selon Amnon Ben-Tor, le sphinx a probablement été volontairement brisé lors de la prise de la ville par ses nouveaux maîtres, désireux d'affirmer leur pouvoir.

Les incrustations de la statue ont été méticuleusement enlevées par des restaurateurs avant que les hiéroglyphes soient découverts.

Le pied du sphinx a été découvert par Shlomit Blecher, une doctorante de l'Institut d'archéologie de l'Université hébraïque, en août 2012.

Le saviez-vous?

Le site archéologique de Tell Hazor, inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2005, est le plus important site archéologique d'Israël; il s'étend sur plus de 80 hectares.

La population de Hazor était estimée à 20 000 habitants au deuxième millénaire avant notre ère, à la période cananéenne, ce qui en faisait l'une des principales cités du Croissant Fertile à l'époque.

La Bible désigne Hazor comme étant « la tête de tous ces royaumes » cananéens (Joshua 11:10). Elle fut détruite au 13e siècle av. J.-C., et repeuplée au 11e siècle par les Israélites qui l'ont occupée jusqu'à sa nouvelle destruction en -732 par les Assyriens.

L'Institut d'archéologie de l'Université hébraïque a commencé les fouilles sur le site au milieu des années 1950. Amnon Ben-Tor a repris les fouilles en 1990 après une interruption d'une vingtaine d'années.

En 2010, son équipe y avait déjà découvert un fragment d'un code de lois, vieux de 3700 ans, similaire au célèbre Code d'Hammourabi, sur une tablette en écriture cunéiforme akkadienne.

Avec les informations de Agence France-Presse

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Science