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Matières dangereuses : le train ou le pipeline?

Des wagons transportant du pétrole brut en Estrie.

Des wagons transportant du pétrole brut en Estrie.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'accident ferroviaire de Lac-Mégantic risque bien de relancer le débat sur la sécurité du transport des matières dangereuses au Canada.

Le transport par train de ce type de marchandises a connu une hausse vertigineuse en Amérique du Nord au cours des dernières années. C'est notamment le cas des produits pétroliers, puisque la capacité de production a augmenté, mais pas celle d'exportation, explique le journaliste Étienne Leblanc.

« En Amérique, on produit de plus en plus de pétrole [...] et il y a comme une saturation du réseau de pipelines qui peut transporter ce pétrole d'une place à l'autre », soutient-il. Résultat : aux États-Unis, la quantité de pétrole transportée par train a été multipliée par 25 entre 2008 et 2012.

Dans un reportage diffusé en février à l'émission Désautels, Martin Trépanier, professeur à l'École polytechnique de Montréal, expliquait que le train procure de la flexibilité aux entreprises pétrolières. « Il faut trouver une nouvelle manière de sortir ce pétrole-là, et, à court terme, c'est vraiment le train qui offre la meilleure flexibilité », précise-t-il.

Les pipelines demandent de la planification, des permis et des études environnementales, [alors que] les lignes ferroviaires déjà existantes sont souvent sous-utilisées. C'est donc très avantageux pour les pétrolières.

Une citation de :Martin Trépanier, professeur à l'École polytechnique de Montréal

De plus, selon M. Trépanier, il est plus facile de transporter par train certains types de pétrole, très visqueux, qui exigeraient qu'on les chauffe ou qu'on y ajoute des diluants pour pouvoir les transporter par oléoduc.

Par contre, le risque d'accident est bien plus élevé avec le transport ferroviaire.

https://ici.radio-canada.ca/sujet/lac-megantic Consultez notre section spéciale.

Aux États-Unis, entre 2005 et 2009, il y a eu 34 fois plus d'accidents impliquant des produits pétroliers dans le cas du transport ferroviaire qu'avec le transport par pipeline, explique Étienne Leblanc. En attendant de pouvoir aller de l'avant avec la construction de pipelines, les pétrolières sont donc incitées à utiliser des moyens d'acheminement plus risqués.

Patrick Bonin, porte-parole de Greenpeace, soutient que les déversements d'oléoducs sont autrement plus dommageables que les accidents de train.

Le transport par train n'est pas nécessairement plus dangereux. [...] On sait qu'il y a davantage de déraillements, par contre les déversements de pipelines sont d'une plus grande ampleur, ce qui fait qu'en termes de litres, on a plus de déversements à partir des pipelines.

Une citation de :Patrick Bonin, porte-parole de Greenpeace

Il souligne que les oléoducs aussi peuvent passer à proximité des villes, avec tous les risques que cela comporte. Il dénonce le « laxisme au niveau de la sécurité » et estime qu'il faut impérativement améliorer la sécurité du transport des produits pétroliers, qu'il se fasse par voie ferroviaire ou par pipeline.

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« Un pipeline virtuel »

À RDI en Direct, Jean-Paul Lacoursière, professeur en génie chimique à l'Université de Sherbrooke, abonde dans le même sens. « On peut essayer de choisir des trajets qui réduisent le risque en choisissant des endroits moins vulnérables [qu'un centre-ville] », souligne-t-il. Il faut également viser une amélioration de la sécurité des systèmes ferroviaires et de la qualité des équipements.

Les wagons qui ont déraillé étaient classifiés DOT-111. Selon M. Lacoursière, cette sorte de wagons a été impliquée dans plusieurs accidents. Ils présentent plusieurs caractéristiques peu sécuritaires, dont une coque plus mince, une mauvaise protection de la robinetterie et un calorifugeage déficient.

En augmentant le transport de produits pétroliers par voie ferroviaire, « on a créé un pipeline virtuel », selon M. Lacoursière. Selon les données du ministère des Ressources naturelles, plus de 361 000 barils par jour de pétrole brut et de produits pétroliers ont été transportés par voie ferrée au Canada en 2011.

Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC, souligne, dans un reportage diffusé à Désautels, que « tant qu'il y aura une demande de pétrole, on va trouver une manière de l'approvisionner ».

Il existe neuf classes de marchandises dangereuses :

  1. les explosifs (TNT, obus militaires, feux d'artifice)
  2. les gaz (inflammables, toxiques)
  3. les liquides inflammables (essence, carburant diesel)
  4. les solides inflammables, les matières sujettes à l'inflammation spontanée et les matières hydroréactives (allumettes de sûreté, charbon actif)
  5. les matières comburantes et les peroxydes organiques (nitrate d'ammonium)
  6. les matières toxiques et infectieuses (cyanure de plomb, arsenic, virus de la rage)
  7. les matières radioactives
  8. les matières corrosives (acide sulfurique)
  9. divers produits, matières ou organismes (BPC, amiante)

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