•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’imprimante 3D au secours des malades

Un reportage de Vincent Maisonneuve
Radio-Canada

Les imprimantes 3D seront bientôt en mesure d'imprimer des os de remplacement que les médecins pourront transplanter dans le corps de leur patient. C'est l'objectif ambitieux d'un groupe de médecins du Centre Universitaire de santé McGill qui travaille depuis un an pour faire de l'imprimante 3D un outil indispensable dans les salles d'opération. « On prend un rôle de leader », lance le chirurgien cardiaque Kevin Lachapelle.

Un texte de Vincent Maisonneuve

Selon le chirurgien orthopédiste Michael Weber, l'impression 3D améliorera grandement la qualité des soins. « Lorsque nous opérons une colonne vertébrale, dit-il, il est important de recréer le mouvement naturel, de s'assurer que la colonne soit en mesure de soutenir le corps du patient et de protéger les nefs qui longent les vertèbres. »

Le Dr Weber ajoute qu'actuellement, quand on reconstruit une colonne vertébrale à la suite d'une tumeur ou d'un traumatisme, il faut remplacer la partie abîmée par des os synthétiques génériques qui ne correspondent pas à l'anatomie du patient. L'imprimante 3D permettra aux chirurgiens de recréer une copie identique d'une partie de la colonne et de la transplanter. « Nous travaillons là-dessus depuis un an, et je crois que nous serons bientôt en mesure de mettre nos recherches en pratique », explique le Dr Weber, qui a espoir que les patients pourront profiter de ce genre de traitement d'ici quelques années.

Imprimer une dent?

L'impression 3D est déjà très répandue en médecine dentaire. Selon le dentiste Maxime Champagne, la technologie coûte cher, environ 200 000 $. Mais l'imprimante 3D permet au dentiste de Boucherville de réduire de moitié la durée de certains traitements.

Selon le Dr Champagne, « dans le passé, le remplacement d'une couronne devait se faire en deux rendez-vous. Il fallait tailler la dent et prendre une empreinte. Le processus donnait souvent un haut-le-cœur au patient. Le dentiste devait ensuite envoyer l'information au laboratoire pour qu'il fabrique la couronne. Le patient devait revenir une deuxième fois pour l'installation de la couronne ». Aujourd'hui, il suffit de scanner la dent endommagée, puis, à l'aide d'un logiciel, le dentiste peut en créer une nouvelle parfaitement identique. Les données sont transmises à l'imprimante. En moins de 15 minutes, la machine taille une nouvelle dent dans un bloc de céramique. « Ça devient rentable parce qu'on sauve des rendez-vous, dit Maxime Champagne. Ça crée de la place pour les patients et ça allège nos horaires. Avant, on aurait pris deux rendez-vous pour faire la couronne. »

Au CUSM, le chirurgien orthopédiste Michael Weber croit que l'imprimante 3D rendra de nouveaux traitements accessibles, tout en réduisant la durée de l'hospitalisation. Chercheur à la faculté de médecine de l'Université McGill, Jake Barrelet rappelle cependant qu'il a encore des obstacles à surmonter avant d'être en mesure de transplanter un morceau d'os imprimé. « Nous avons encore du chemin à faire avant d'être en mesure d'imprimer un objet stérile qui peut être transplanté dans le corps d'un patient. Mais le Dr Barrelet ajoute que l'imprimante 3D va, d'ici là, être utile à autre choses, comme créer de nouveaux outils chirurgicaux.

Imprimer un coeur?

Le chirurgien cardiaque Kevin Lachapelle croit que l'imprimante 3D va également devenir un outil d'enseignement indispensable. D'ici peu, il sera possible, selon le Dr Lachapelle, d'imprimer la réplique exacte du cœur d'un patient, avec ses particularités et ses pathologies. L'équipe médicale pourra alors utiliser la copie du cœur du patient pour préparer et pratiquer l'intervention. « Pour l'enseignement c'est très efficace et pour le patient quoi de mieux que d'avoir une équipe qui a pratiqué sur ton cas, souligne le docteur Lachapelle. Avant même l'opération, le chirurgien aura déjà évalué les éléments problématiques. »

Économie