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Syrie : la déclaration du G8 reflète de profondes divergences

Les présidents américain et russe, Barack Obama et Vladimir Poutine, lors d'une rencontre bilatérale lors du sommet du G8. Photo: AFP / JEWEL SAMAD
Radio-Canada

Les dirigeants du G8 se sont séparés après deux jours de discussions sans réelles avancées sur le dossier syrien.

La déclaration commune, empreinte de formulations vagues, n'apporte aucune mesure concrète sur les moyens que comptent apporter les grandes puissances pour mettre un terme à ce conflit sanglant.

Le seul point d'accord demeure l'organisation d'une conférence de paix « le plus tôt possible ».

Cette conférence, censée réunir des représentants des belligérants syriens, devra permettre la mise en place d'« un gouvernement transitoire formé par consentement mutuel et ayant les pleins pouvoirs exécutifs », souligne le texte qui ne diffère pas de la première déclaration de Genève rédigée sous les auspices de l'ex-émissaire de l'ONU Kofi Annan. Un texte qui n'a jamais été mis en oeuvre.

« Parvenir à un accord n'a pas été facile », a reconnu le premier ministre britannique David Cameron, hôte du sommet, évoquant des discussions « franches » entre les dirigeants.

Sur le sort du président Bachar Al-Assad, le premier ministre britannique estime qu'il est « impensable qu'Assad joue un quelconque rôle dans l'avenir de son pays », tandis que les Russes ont répété que « seuls les Syriens » pouvaient décider de l'avenir de leur pays.

Par ailleurs, Vladimir Poutine a évoqué la possibilité pour son pays de livrer de nouvelles armes au régime syrien, donnant un premier coup de boutoir au consensus de façade obtenu au G8.

De son côté, le président américain Barack Obama a déclaré qu'il était important de bâtir une solide opposition qui pourrait assurer la transition après la chute de Bachar Al-Assad.

Convergence

Les dirigeants des grandes puissances sont toutefois d'accord du poids de plus en plus important des djihadistes dans le conflit. Ils ont d'ailleurs exprimé leur inquiétude devant « la menace grandissante du terrorisme et de l'extrémisme en Syrie et de la nature de plus en plus intercommunautaire du conflit ».

Enfin, les dirigeants du G8 ont condamné « tout usage d'armes chimiques en Syrie » et demandé l'accès de la mission d'enquête de l'ONU au territoire syrien, que Damas a jusqu'à présent refusé.

Les dirigeants du G8 lors d'une séance de discussion.Les dirigeants du G8 lors d'une séance de discussion.

À sa sortie de la réunion, le premier ministre canadien s'est réjoui des progrès réalisés au cours du sommet. Contrairement à ce qu'il déclarait plus tôt sur la présence de Vladimir Poutine, il estime que le G8 réussit à livrer une déclaration commune. Il précise que le G8 s'entend sur la nécessité pour la Syrie de se diriger vers une transition. « Je ne pense pas qu'on puisse imaginer le libellé comme un appui au régime en place en Syrie », a précisé M. Harper.

« Nous avons un résultat fort différent de ce que j'avais prévu. Nous n'avons non pas une déclaration 7+1, mais bien une déclaration appuyée par tout le G8 », a dit le premier ministre.

Le Canada a aussi annoncé une augmentation de son aide humanitaire aux victimes du conflit syrien.

Le premier ministre Stephen HarperLe premier ministre Stephen Harper

Libre-échange

Le premier ministre Harper a également abordé les discussions de libre-échange avec l'Union européenne. Les négociations semblent avoir régressé avec l'Europe qui a, par ailleurs, entamé des négociations parallèles avec les États-Unis. Les Européens souhaiteraient notamment rouvrir des clauses sur lesquelles les deux parties étaient parvenues à des ententes. Le premier ministre s'est contenté de dire que les discussions se poursuivaient et qu'elles « demeuraient fructueuses ».

Lutte contre l'évasion fiscale

Outre la situation en Syrie, les dirigeants du G8 ont discuté de lutte contre l'évasion fiscale et les paradis fiscaux qui feraient perdre chaque année 1000 milliards d'euros à l'Europe et jusqu'à 30 000 milliards de dollars de taxes et impôts dans l'ensemble du monde.

Ce dossier est l'une des priorités du premier ministre de la Grande-Bretagne, David Cameron, qui est président du sommet cette année.

Les Européens, qui se sont engagés dans la lutte contre l'évasion fiscale, réclament des mécanismes internationaux en matière d'échange d'informations entre les pays sur l'évasion fiscale, considérée comme un véritable fléau par les gouvernements.

Par ailleurs, les dirigeants réunis à Enniskillen se sont entendus sur un refus commun de verser des rançons en cas d'enlèvement de leurs ressortissants par des terroristes.

D'après des experts britanniques, le réseau Al-Qaïda a engrangé quelque 70 millions de dollars au moyen de prises d'otages menées depuis deux ans.

Stephen Harper en tête-à-tête avec Barack Obama

Quant au premier ministre du Canada, Stephen Harper, il s'est entretenu en privé une douzaine de minutes avec son homologue américain, Barack Obama. La nature des sujets abordés par les deux hommes n'a cependant pas été révélée.

Avec les informations de Agence France-Presse

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