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Les médecins réticents à prescrire la posologie de la marijuana

Marijuana à usage médical
Marijuana à usage médical

Les médecins posent un diagnostic pessimiste sur les modifications entourant la prescription et la distribution de marijuana à des fins médicales au Canada. Selon la nouvelle réglementation, les médecins ne devront plus seulement poser un diagnostic, mais inscrire sur le papier médical la posologie de la substance qu'ils prescrivent. 

Ce changement soulève bien des protestations au sein des associations médicales, qui accusent le gouvernement de vouloir se débarrasser d'un programme qui a déjà fait ses preuves.

Le Programme d'accès à la marijuana à des fins médicales (PAMFM) de Santé Canada a été lancé en 2001 pour 500 usagers, mais leur nombre a explosé et atteint aujourd'hui quelque 30 000 bénéficiaires.

Avec ce nouveau règlement-là, le médecin devient le pusher officiel du gouvernement!

Dr Yves Robert, secrétaire du Collège des médecins
Le Dr Yves Robert, secrétaire du Collège des médecinsLe Dr Yves Robert, secrétaire du Collège des médecins

Le secrétaire du Collège des médecins, le Dr Yves Robert, est l'un de ceux qui contestent la nouvelle loi. Dorénavant, les médecins ne devront plus seulement confirmer le diagnostic, mais également prescrire la quantité de marijuana requise pour le patient, une substance qui demeure illégale au Canada. Les médecins, dit-il, s'exposeront à des poursuites criminelles. 

« Si vous [Santé Canada] croyez que c'est un médicament qui peut être prescrit, traitez-le comme n'importe quel médicament! Soumettez-le à des études d'efficacité, de dosage, de sécurité, homologuez-le et nous le prescrirons », insiste-t-il.

Trois solutions existent au problème, selon le Dr Robert : 

  • traiter la marijuana comme un médicament et la reconnaître comme telle;
  • légaliser la marijuana.
  • garder le statut quo;

L'Association médicale canadienne s'oppose elle aussi à ces changements.

De précédentes ébauches de la nouvelle réglementation demandaient aussi aux pharmaciens de distribuer la marijuana aux patients Or, ceux-ci ont été écartés du processus au dernier moment. La substance, plaidaient-ils, n'a pas été testée selon les normes scientifiques établies.

Un autre son de cloche

Le président de la Société pour l'accès au cannabis médical, Adam Greenblatt, soutient quant à lui que plusieurs médecins ont les compétences pour prescrire la marijuana.

« Je connais personnellement beaucoup de médecins qui sont très familiers avec la posologie, les quantités et les différentes variétés », relate-t-il.

Selon les estimations, le cannabis est utilisé par 400 000 Canadiens afin d'atténuer la douleur de plusieurs maladies, dont la sclérose en plaques et le cancer.

La nouvelle réglementation prévoit également de mettre fin à la production à domicile. Les patients devront s'approvisionner par la poste auprès de producteur accrédité.

Avec les informations de Michel Rochon

Santé