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L'enseignement des langues autochtones vanté pour rapprocher les peuples

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David Costello enseigne l'ojibwe à des élèves de cinquième année de l'École Ralph Brown à Winnipeg, en juin 2013.

David Costello enseigne l'ojibwe à des élèves de cinquième année de l'École Ralph Brown à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2013 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Avec le récent mouvement de revendication autochtone Idle no more, le mot « dialogue » a souvent été répété comme solution de rapprochement entre les Premières Nations et les non-Autochtones. Selon des intervenants, l'enseignement des langues autochtones aux jeunes Canadiens pourrait servir, pour peu que certains obstacles soient aplanis.

À l'École Dufferin de Winnipeg, les élèves d'une classe de maternelle composée à 90 % d'Autochtones apprennent l'ojibwé. Ailleurs dans la ville, dans une classe de cinquième de l'École Ralph Brown, les origines des élèves varient, mais tous, qu'ils soient Philippins, Autochtones ou descendants d'Européens, apprennent aussi cette langue.

Le principe est un peu à l'image de l'immersion française dans les provinces majoritairement anglophones. « Si les jeunes n'avaient pas l'immersion, je pense qu'on aurait encore plus de division entre les Français et les Anglais au Canada », affirme le directeur des programmes autochtones à l'Université du Manitoba, Robert Falcon Ouellette.

Des cours de langues autochtones pourraient aussi avoir un impact positif pour les jeunes des Premières Nations, croit l'universitaire.

Si les jeunes non autochtones peuvent dire plusieurs mots en langue autochtone, les Autochtones vont dire : "hé, il faut que j'apprenne ma langue pour être mieux que le non-Autochtone.

Robert Falcon Ouellette, directeur des programmes autochtones, Université du Manitoba

Trop de langues, trop chères

Au Canada, la plupart des provinces offrent des cours optionnels pour certaines parmi une trentaine de langues autochtones. Seuls les élèves non-autochtones au Québec et à Terre-Neuve-et-Labrador n'ont pas cette possibilité.

Les cours, disponibles dans certaines écoles, font face à des obstacles qui empêchent de les offrir à grande échelle.

Premièrement, il est difficile de trouver des instituteurs capables d'enseigner ces langues, note la directrice de la Direction générale de l'éducation des Autochtones du Manitoba, Helen Robinson-Settee. Certains enseignants peuvent parler une langue autochtone, mais ne sauraient rendre leur savoir avec pédagogie, dit Mme Robinson-Settee.

Je suis enseignant, mais aussi élève. Pendant que mes élèves apprenaient le chiffre huit, j'étais en train d'apprendre le chiffre neuf.

David Costello, enseignant de cinquième année, École Ralph Brown

Deuxièmement, il est difficile de produire et trouver du matériel pédagogique en langues autochtones. Certains enseignants préparent leurs propres ressources et ce, en partie à cause des dialectes, explique Mme Robinson-Settee.

D'autre part, avec plus d'une soixantaine de langues autochtones au Canada, commercialiser des manuels scolaires n'est pas toujours rentable.

D'après un reportage de Kim Roy-Grenier

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