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Construction : la menace d'un conflit de travail se précise

Yves Ouellet, porte-parole de l'Alliance syndicale
Yves Ouellet, porte-parole de l'Alliance syndicale
Radio-Canada

L'Alliance syndicale, qui représente 175 000 travailleurs de la construction au Québec, tire un coup de semonce afin de stimuler les négociations avec la partie patronale, l'Association de la construction du Québec (ACQ), à l'approche de la date butoir du déclenchement d'une grève générale.

Le porte-parole de l'Alliance syndicale Yves Ouellet rappelle que la date butoir du 17 juin tient toujours la route, malgré l'absence de négociations. « Le 17 juin, c'est lundi. Il reste trois jours pour négocier », souligne M. Ouellet.

Lundi matin, s'il n'y a pas d'entente, les trois secteurs [de l'industrie de la construction] vont être en grève.

Yves Ouellet

L'Alliance syndicale déplore l'absence de pourparlers. Elle accuse la partie patronale de faire traîner les négociations dans le but de faire des économies aux dépens des travailleurs. M. Ouellet rappelle qu'il n'y a pas de rétroactivité dans l'industrie de la construction. Chaque jour sans convention collective s'inscrit ainsi en pure perte pour les travailleurs.

Le porte-parole de l'Alliance syndicale rappelle que la dernière convention collective s'était conclue en septembre alors que le précédent contrat de travail prenait fin au début du mois de mai. Les employés ont ainsi travaillé tout l'été au rabais. L'Alliance syndicale souhaite maintenant éviter cette situation, c'est pourquoi elle a fixé la date butoir au 17 juin.

L'Alliance réclame un blitz de négos

Construction de condos sur l'avenue QuébecConstruction de condos sur l'avenue Québec Photo : Vincent Desjardins

L'Alliance syndicale se dit prête à négocier nuit et jour jusqu'à lundi matin. Les participants à la conférence de presse avaient tous un sac de couchage entre les mains pour symboliser leur volonté de participer à un blitz de négociations au cours des prochaines heures.

L'ACQ est absente des tables de négociations, selon le syndicat. « Il y a eu une discussion téléphonique et une rencontre informelle entre deux personnes », déplore M. Ouellet. « On ne parvient pas à une convention collective de cette façon. »

Tout en convenant qu'il commence à se faire tard, l'Alliance syndicale est convaincue qu'il est toujours possible de parvenir à une entente s'il y a des négociations sérieuses.
Le président prévient toutefois que les travailleurs refusent d'accepter d'abandonner des acquis. Ils refusent ainsi de travailler à temps simple la sixième journée de la semaine ou de travailler à temps et demi pour les huit premières heures supplémentaires comme le demande la partie patronale.

De plus, ils estiment inconcevable d'étendre le début des heures de travail à 5 h 30 du matin. « C'est incompatible avec la conciliation travail-famille », soutient M. Ouellet.
Quant aux salaires, l'Alliance réclame des augmentations de salaire de 3,0 % la première année, et de 2,75 % pour les deux années suivantes. M. Ouellet souligne qu'il n'y a rien sur la table sur le plan monétaire, puisque la partie patronale n'a pas soumis de contre-offre.

Économie