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Turquie : le premier ministre Erdogan rencontrera Solidarité Taksim

Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan

Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan

Photo : La Presse canadienne / AP

Radio-Canada

Après avoir lancé un ultimatum aux manifestants occupant le parc Gezi, les sommant une dernière fois d'évacuer les lieux, à Istanbul, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan change de ton et accepte de recevoir jeudi quelques-uns de leurs représentants. 

Ce sera la première fois que le premier ministre reçoit un groupe directement impliqué dans la contestation. Mercredi, M. Erdogan avait reçu une délégation de 11 personnes, mais les protestataires disent ne pas les reconnaître en tant que leurs représentants. 

M. Erdogan rencontrera donc jeudi en soirée huit artistes et deux porte-parole du groupe Solidarité Taksim, qui coordonne l'occupation du parc Gezi, selon l'agence de presse publique Anadolu.

« À l'invitation du premier ministre, des membres de Solidarité Taksim vont discuter avec lui de notre position selon laquelle le parc Gezi doit rester un parc », a annoncé à Reuters le directeur de l'ordre des architectes, Eyup Muhcu.

Quelques heures plus tôt, l'exaspération du premier ministre semblait pourtant avoir atteint sa limite. 

« Nous avons gardé notre patience jusqu'à présent, mais la patience touche à sa fin. Je lance mon dernier avertissement : mères, pères, s'il vous plaît retirez vos enfants de là », avait déclaré le premier ministre lors d'un discours dans la capitale, Ankara, devant des maires et militants du Parti de la Justice et du Développement (AKP).

Le chef du gouvernement turc a ajouté qu'il s'agit de son dernier avertissement aux manifestants qui occupent le parc, voisin de la place Taksim, où l'opposition à un projet immobilier qui devait être construit dans le parc s'est transformée en lutte populaire contre le régime.

« Nous ne pouvons plus attendre parce que le parc Gezi n'appartient pas aux forces qui l'occupent, mais au peuple », a déclaré M. Erdogan.

Le premier ministre n'a cependant pas précisé quelles mesures seraient prises pour évacuer le parc et la place Taksim advenant un refus d'obéir des manifestants.

Recep Tayyip Erdogan a également rejeté du revers de la main la résolution adoptée jeudi par le Parlement européen sur la situation en Turquie. Lors d'un vote à main levée, les parlementaires européens ont exprimé leur inquiétude devant « l'usage disproportionné et excessif de la force » par la police turque, accusant par le fait même le premier ministre d'envenimer la situation. 

Les manifestants ne bronchent pas

Les manifestants brandissent un drapeau turc dans le parc Gezi, à Istanbul en Turquie

Les manifestants brandissent un drapeau turc dans le parc Gezi, à Istanbul en Turquie

Photo : AFP / OZAN KOSE

Pendant ce temps, à Istanbul, les manifestants étaient de retour sur la place Taksim, malgré une offre de référendum sur un projet de réaménagement d'un parc d'Istanbul, point de départ du mouvement de protestation qui perdure en Turquie depuis deux semaines.

Après deux jours d'affrontements parfois violents entre manifestants et forces de l'ordre, qui ont mené au démantèlement des barricades érigées par les militants, l'ambiance était toutefois calme sur la place, voire bon-enfant.

Les centaines de manifestants chantaient et dansaient et organisaient de petites parties de soccer. Un pianiste avait même installé son instrument au centre de la place.

Mercredi, le gouvernement contesté du premier ministre Erdogan a proposé de tenir un référendum sur l'avenir du parc Gezi, où un projet de réaménagement implique de couper des centaines d'arbres, ce qui a provoqué la colère de militants.

C'est à la suite de la répression policière des manifestations contre ce projet que le mouvement de contestation s'est emparé du reste du pays. Depuis, des milliers de Turcs demandent la démission du premier ministre, qu'ils accusent de violer la démocratie et de tenter d'islamiser le pays.

Le gouvernement prétend qu'il souhaite se tourner vers la démocratie pour régler la crise.

« Nous pourrions soumettre cette question à un vote populaire à Istanbul [...] en démocratie, seule la volonté du peuple compte », a déclaré mercredi, à Ankara, le vice-premier ministre, Huseyin Celik.

Le bilan grimpe

Par ailleurs, un avocat a affirmé jeudi que les manifestations avaient fait une cinquième victime.

Il a annoncé qu'un manifestant qui luttait pour sa vie depuis plusieurs jours après avoir reçu une cartouche de gaz lacrymogènes sur la tête avait succombé à ses blessures jeudi.

Trois autres manifestants et un policier ont été tués depuis le début des affrontements, il y a deux semaines.

Avec les informations de Associated Press, et Reuters

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