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Les deux journalistes de CBC arrêtés en Turquie sont libérés

Les correspondants de CBC Sasa Petricic et Derek Stoffel ont été arrêtés à Istanbul, en Turquie.
Les correspondants de CBC Sasa Petricic et Derek Stoffel ont été arrêtés à Istanbul, en Turquie. Photo: CBC/Eric Foss
Radio-Canada

Les deux journalistes de CBC News arrêtés en Turquie alors qu'ils couvraient les manifestations à la place Taksim, à Istanbul, affirment avoir été libérés.

Sasa Petricic et Derek Stoffel ont été détenus pendant quelques heures et interrogés par les policiers. 

Selon un message publié sur le compte Twitter de Sasa Petricic, un correspondant de CBC au Moyen-Orient, il a été appréhendé pour avoir nui à des travaux routiers et avoir résisté à son arrestation alors qu'il prenait des photos d'un bulldozer qui ramassait des débris de barricades.

Il a aussi remercié les diplomates canadiens postés en Turquie pour leur aide. Il a raconté avoir été détenu avec huit jeunes hommes arrêtés sur la place Taksim, dont deux qui aurait été arrêté pour avoir apporté de la nourriture aux manifestants.

Son collègue Derek Stoffel a également confirmé leur remise en liberté sur Twitter.

« Ma visite exclusive du système de justice turc est terminée! » pouvait-on lire sur son compte en soirée, mercredi.

Arrestation condamnée

Plus tôt, la rédactrice en chef du réseau d'information avait indiqué qu'ils se portaient bien, peu de temps après leur avoir parlé.

« Ils sont dans un bon état d'esprit, et ils disent qu'ils ont été bien traités », a indiqué Jennifer McGuire dans une note destinée aux employés de la société d'État. La rédactrice en chef s'était entretenue par téléphone avec les journalistes, qui ont rencontré des employés du consulat canadien. Ils ont aussi pu s'entretenir avec leur avocat avant de faire une déposition aux policiers, selon Mme McGuire, qui a tenu à remercier le ministère des Affaires étrangères.

La Chambre des communes à Ottawa avait adopté une motion à l'unanimité pour condamner les arrestations des deux correspondants de CBC News pour la région du Moyen-Orient.

M. Petricic et M. Stoffel ont envoyé plusieurs tweets durant leur détention. « Tout est OK pour Sasa et moi. Détenus par la police, mais OK », a indiqué M. Stoffel.

« Jusqu'ici tout va bien. Nous sommes dans une situation [littéralement] byzantine. Merci à tous », a inscrit Sasa Petricic, sur Twitter. Quelques heures auparavant, il avait écrit le mot « arrêté » sur son compte.

Quelques heures avant sa détention, mercredi matin, M. Stoffel avait publié la photo d'un bulldozer sur son compte Twitter, indiquant que les barricades érigées par les manifestants étaient en train d'être détruites.

M. Petricic écrivait de son côté que la nuit avait été difficile sur la place Taksim à cause de la pluie et des gaz lacrymogènes, mais que des centaines de manifestants persistaient à rester sur les lieux.

Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a téléphoné à l'ambassadeur turc à Ottawa, Tuncy Babali, pour lui faire part de son inquiétude. L'ambassadeur a affirmé que les journalistes seraient relâchés prochainement.

M. Babali a aussi indiqué à CBC qu'il ignorait la raison de l'arrestation des deux correspondants, mais qu'ils seraient sûrement relâchés après avoir été entendus par les policiers. M. Babali a dit qu'il avait communiqué avec les autorités de son pays pour s'enquérir de la situation des deux journalistes, qui couvrent le Moyen-Orient.

Reporters sans frontières dénonce la Turquie

L'organisme Reporters sans frontières (RSF) a publié un communiqué indiquant que les conditions de travail des journalistes en Turquie étaient difficiles.

« Le climat délétère dans lequel travaillent les journalistes couvrant le mouvement de contestation en Turquie nous inquiète de plus en plus. Deux semaines après le début des manifestations antigouvernementales, ils sont à la fois confrontés à la violence policière, aux menaces des autorités et à la suspicion des manifestants », a indiqué RSF.

Au moins trois journalistes ont été blessés lors des affrontements de mardi sur la place Taksim, selon RSF. Ainsi, le correspondant du quotidien islamiste Star, Osman Terkan, a été blessé à la main par une grenade lacrymogène lancée par les policiers, selon RSF.

Une journaliste stagiaire de l'agence EPA a été blessée à la tête après avoir été atteinte par un projectile, dont la provenance n'a pu être confirmée, selon le communiqué de RSF. Le photographe indépendant Mathias Depardon a été légèrement blessé à l'épaule, après avoir été touché par un projectile tiré par la police, indique RSF.

Le Comité de protection des journalistes (CPJ) enregistre un nombre record de journalistes en prison cette année. Au 1er décembre, la Turquie arrivait au premier rang avec 49 prisonniers, suivie par l'Iran (45) et la Chine (32). Notons cependant que la vaste majorité des détenus recensés par le CPJ sont des journalistes locaux emprisonnés par leurs propres gouvernements.

Pendant ce temps, la correspondante de Radio-Canada, Alexandra Szacka (Nouvelle fenêtre), se trouve à Istanbul, où elle a pu effectuer son travail sur le terrain. La place Taksim est le point de ralliement de ceux qui s'opposent au premier ministre Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 10 ans.

Les manifestants accusent M. Erdogan d'autoritarisme et le soupçonnent de vouloir islamiser la société turque. Mais les partisans du premier ministre soutiennent qu'il a été élu démocratiquement et qu'il jouit d'un vaste soutien populaire.

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