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Turquie : un référendum sur le projet urbain controversé pourrait être organisé

La place Taksim, à Istanbul, a retrouvé un certain calme, après l'intervention des policiers pour déloger les manifestants

Photo : AFP / ANGELOS TZORTZINIS

Radio-Canada

Après la rencontre avec des représentants des manifestants, le premier ministre turc a évoqué la possibilité d'organiser à Istanbul un référendum sur l'aménagement urbain de la place Taksim, le projet qui a été à l'origine des manifestations.

« Nous pourrions soumettre cette question à un vote populaire à Istanbul [...] en démocratie, seule la volonté du peuple compte », a déclaré à Ankara le vice-premier ministre Huseyin Celik.

Par ailleurs, le numéro deux de l'AKP a demandé aux manifestants de quitter immédiatement la place Gezi.

« Ceux qui ont de mauvaises intentions ou qui veulent [nous] provoquer et rester dans le parc auront affaire à la police », a déclaré M. Celik.

Calme et controverse

La place Taksim, au coeur d'Istanbul, n'avait pas connu une matinée aussi calme depuis deux semaines, pendant que le premier ministre Recep Tayyip Erdogan et des représentants des manifestants qui bravent le pouvoir depuis 13 jours se rencontraient.

Au lendemain de sa démonstration de force, M. Erdogan a reçu une dizaine de personnes, issues d'ONG ou de la société civile, censés représenter les protestataires.

La rencontre était toutefois controversée, puisque l'un des principaux groupes, Plateforme Solidarité Taksim, n'a pas été invité à y prendre part. L'organisation Greenpeace a quant à elle reçu une invitation, mais a décidé de ne pas s'y rendre pour protester contre l'utilisation de la violence par les forces de l'ordre.

« Je n'espère rien de cette rencontre, car une fois de plus, [Recep Tayyip Erdogan] a choisi lui-même les personnes qu'il voulait rencontrer », a déploré une occupante du parc Gezi, qui a refusé de s'identifier.

« On a l'impression aujourd'hui que notre premier ministre se moque de nous », a ajouté un autre manifestant.

Pour sa part, le président turc, Abdullah Gül, a une nouvelle fois prôné le dialogue. « Si les gens ont des objections [...], entamer le dialogue avec eux, écouter ce qu'ils disent est notre devoir », a déclaré le chef de l'État.

Mais il a précisé que la violence ne sera pas tolérée. « Ceux qui recourent à la violence sont différents et nous devons les distinguer [...] Il ne faut laisser aucune chance à la violence [...] Ce ne serait pas toléré à New York. Ce ne serait pas toléré à Berlin », a-t-il dit.

Des milliers d'avocats en toge noire ont manifesté mercredi partout en Turquie pour dénoncer la brève arrestation de la veille, à Istanbul, de 73 de leurs confrères lors d'une action de soutien au mouvement de protestation.

À Ankara, près de 3000 personnes ont marché du tribunal au parc Güven, dans le centre de la capitale, aux cris de « la démocratie maintenant » et « nous voulons la justice ».

Le président du barreau d'Istanbul, Ümit Kocasakal, a appelé à « une fin immédiate des violences policières contre les avocats et le peuple ».

L'origine des manifestations à Istanbul

Des gaz lacrymogènes ont été utilisés par les forces de l'ordre, dans la nuit de mardi à mercredi, pour faire fuir les derniers manifestants récalcitrants. En matinée, des débris de barricades jonchaient encore les rues, mais des équipes de nettoyage étaient à l'oeuvre.

« Nous allons poursuivre nos actions de manière inlassable, que ce soit le jour ou la nuit, jusqu'à ce que les éléments marginaux soient chassés et que la place soit rouverte au peuple », a dit le gouverneur d'Istanbul, Huseyin Avni Mutlu.

La police est également intervenue en soirée dans la capitale, Ankara, où elle a fait usage de gaz et de canons à eau.

Gezi toujours occupé

Des centaines de manifestants campaient encore dans le parc Gezi, aux abords de la place, malgré l'appel du gouvernement à quitter les lieux.

Le mouvement de contestation, qui a pris depuis une ampleur nationale, a débuté le 31 mars, lorsque les policiers s'en sont pris à des manifestants qui protestaient contre un projet immobilier dans le parc Gezi, en vertu duquel des centaines d'arbres auraient été coupés.

La violence de l'intervention policière et la réponse du gouvernement a choqué des milliers de Turcs qui sont ensuite descendus chaque jour dans les rues de tout le pays. Ils réclament maintenant la démission du premier ministre Erdogan, qu'ils accusent de diriger un gouvernement conservateur qui tente d'islamiser le pays et de réduire la portée de la démocratie.

Des manifestants affrontent les policiers antiémeutes sur la place Taksim, à Istanbul en Turquie

Des manifestants affrontent les policiers antiémeutes sur la place Taksim, à Istanbul en Turquie

Photo : AFP / BULENT KILIC

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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